Voyage 1

Publié le 20 février 2015 | par Marie-Ève Bourque

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Changement de cap… le voyage


 

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Bangkok, la trépidante

Partir des îles l’hiver c’est aussi prendre le risque de voir ses vols retardés en présence de tempête… Accepter l’irréversible, les contraintes de lieu, les changements de vols et même de direction. Se faire offrir deux repas dans l’avion et avoir une rangée de quatre bancs chacun pour se reposer, en altitude, de ces quelques 1 0251.14 kms à parcourir en plus d’un tour d’horloge, qui s’allonge dans l’infini bruit des turbines. Accepter le changement comme des opportunités de vivre la nouveauté, celle que nous n’avons pas anticipée. Voir nos noms sur des affiches, mélangées à la calligraphie chinoise,  à la sortie de ce vol infini « Vancouver – Hong Kong » pour nous indiquer où aller, car l’embarquement du prochain vol est en cours. Faire des kilomètres de marche rapide afin de ne pas le rater, ouf ! puis c’est le repos avant l’arrivée à notre destination finale, Bangkok la trépidante.

Retrouvailles avec les Toyota Corolla couleur rose « Anaïs », avec la communication par signe ou l’anglais de maternelle, avec la chaleur de plus de 30 degrés sous le smog légendaire de la mégapole. Retrouvailles avec mes habitudes des neuf dernières années : le voyage commercial.

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Repas à la noix de coco

Partir de chez soi pour travailler, peut-être êtes-vous de ceux qui le vivent? Qui sortez de votre routine de travail pour des congrès, des formations, des achats à l’extérieur de votre milieu, votre région ou votre pays? Appelez cela du travail, oui, certes. Mais n’y trouvez-vous pas, comme moi, une grande sensation de liberté reliée à votre soudaine individualité, méconnue dans un monde d’opposés? Parfois ces opposés sont mineurs. De Montréal aux Îles-de-la-Madeleine, par exemple, il y a de nombreuses différences ou plutôt plusieurs contrastes de culture. Ici, l’omniprésence de ces contrastes plane sur ces paradoxes qui, en trame de fond, donnent l’aspect d’un film d’action en continu. Contrastes de température, d’habitudes de vie, de bassin de population, de moyens de transport, d’abondance de magasins, de bruits qui sifflent comme des acouphènes dans nos oreilles, d’odeurs qui fatiguent nos estomacs et nous rappellent à quel point je suis gourmande. Manger est sans gêne mon activité préférée ici. J’assume de vous partager mes excès, mais aussi mes ambitions de découverte. D’ailleurs, mon travail est basé impérativement sur cette prémisse : découvrir. Et redécouvrir la soupe Tom Yum aux cocos, le  « manguo sticky rice » (ce dessert typique thaïlandais, du français « riz gluant avec lait de coco », hum !!!), ces frappés au coconut, la crème glacée dans la noix de coco ou encore une eau de coco fraiche! Vive les coconuts! Note à moi-même de faire des remerciements à Dieu pour cette création divine! Et enfin, il y a dans ces excès de découverte, l’envie de relever des défis gastronomiques, comme ingurgiter des insectes séchés puis aromatisés de sauce soya ou des chips à saveur d’algue, de crevette, de sushi ou de cochon. Il y a de tout, pour tous les excentriques de ce monde (l’auteure de ces lignes incluse).

Découvrir et trouver la chose qui marque, le modèle qui plonge mes clients(es) des îles ou d’ailleurs dans ce sentiment de particularité, de singularité. C’est un travail de recherche dans un temps restreint, car ce voyage commercial comporte quatre destinations. Ici en Thaïlande, cela se résume à visiter une centaine de fournisseurs dans des lieux différents en une dizaine de jours, avec un décalage horaire de 12h, passant du marché extérieur au soleil ardant à celui qui propose la climatisation en tout temps.

Travailler, voyager et bien sûr, manger !!!

Travailler du soir au matin mérite qu’on donne de l’attention à nos jambes endolories par les va-et-vient et à notre esprit envahi par l’adaptation culturelle. Se faire masser, là où nous avons empreintes de confort et satisfaction, devient alors une habitude, notre paye. Saluer les gens de l’agence de cargo le matin en débutant notre journée et balayer tout le monde du regard en guise de reconnaissance. Et c’est reparti pour notre mission d’achats. Monter des escaliers, en redescendre, observer, toucher, quantifier, analyser et acheter encore des frappés au coconut ou au fruit exotique qu’on ne peut nommer, mais qui nous fait saliver. Prendre des décisions, suivre un horaire et l’oublier parce qu’au fond, on se retrouve dans le désordre (un peu de TDAH, bien contrôlé J). Prendre des décisions, voilà le plus grand des maux de tête que mon travail me fait vivre.

J’aime et parfois, je déteste. Des contraintes d’argent, de quantité ou encore tout simplement d’assumer ses choix. Aurai-je suffisant de ce produit? Ou de celui-là? Et au final, assumer de prendre des risques; deuxième règle d’or de ce travail d’importatrice, de propriétaire de boutique. C’est la beauté de ce métier, mais encore faut-il être fait pour cela. Et vous, êtes-vous fait pour votre métier? Je crois que chaque chose à une durée, mais mérite qu’on la savoure lorsque le fil de la bobine déroule…

L’avantage de cette destination pour effectuer des affaires, c’est sans contredit ses plages couleur carte postale. Cette année, j’ai choisi l’ile de Phuket qui est aussi une province de la Thaïlande. Cette ile arbore 50 kms de bout en bout et environ 20 kms de large, dans des routes sinueuses et montagneuses… pour une superficie totale de 536 km2 contre 205 km2 pour les Iles-de-la-Madeleine, à titre de comparable.

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Île de Phuket

Phuket a vécu beaucoup de transformations depuis le tsunami de 2004. Une quantité phénoménale de complexes immobiliers a vu le jour. La richesse et les luxueuses villas italiennes du quartier Laguna partagent le décor des abris de fortune des agriculteurs et des éleveurs de bœuf et décapent nos esprits justiciers. C’est un fait, tout comme l’abondance des sacs de plastique offerts à toutes sauces, occasions, achats ou même pour un rien, pouvant vous donner envie de lancer une campagne nationale contre les « plastic bag » J. Je ne m’y ferai jamais… Mon seul pouvoir : les refuser!

Qui dit exotisme, dit petite bibitte. Je terminerai avec la tuerie de deux d’entre elles, venu me chatouiller l’épaule, piétinant ma belle blouse nacrée miroitante et les couleurs de ma peau rosée au soleil tropical. De cette petite matinée, à peine réveillée, prête à retourner dans le bruit de la capitale, il est 3h du matin. En procédant à l’assassinat de ces deux cafards, j’ai non seulement réveillé toutes les personnes éprises d’un sommeil léthargique des quatorze chambres de ce petit hôtel coquet… mais fait craindre le pire à mon compagnon de route, lui aussi à peine réveillé. L’image de mon visage, se transformant dans le miroir lorsque m’apparut la vision de ces petites bêtes, vous aurait sans doute donné le cafard vous aussi!!!

Me voilà de retour en ville, dans le tourbillon des derniers achats pour la zone 1 du voyage annuel. Nous nous dirigeons vers les montagnes, quelques degrés en moins, troquons les « gougounes » pour les bottillons, la mini-jupe pour le pantalon,  le thaï curry et le coconut pour le pain naan, les lentilles (dhals) et le poulet… celui choisi soi-même dans la basse cour, tout comme nous choisissons, chez nous, notre homard dans le vivier!

 


Note : Les blogueurs sont responsables du contenu et des éléments qu’ils intègrent dans leur blogue sur ilesdelamadeleine.com.

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À propos de l'auteur

Marie-Ève Bourque

Psychosociologue de formation et femmes d'affaires depuis bientôt 10 ans dans le milieu madelinot avec ses boutiques uniques qui la font voyager, Marie-Ève Bourque partage ici avec nous ses couleurs et sa vision du monde à travers ses mots et récits vivants remplis d'humanisme.



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