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Publié le 25 janvier 2016 | par Georges Gaudet

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Je ne sais quoi en penser


La chaîne de montage

Est-ce bien ainsi, je n’en sais franchement rien. J’imagine ne pas être le seul à avoir eu ce sentiment étrange d’être passé par une chaîne de montage automobile hautement informatisée et puis une fois bien ciré et rassuré, être poussé sur le stationnement aux portes de la sortie d’usine.

Mail interieur

Chronologie d’une inspection mécanique

Il est 7 h 15. J’entre sur un immense stationnement de voitures. Gardez le ticket avec vous afin de payer à l’intérieur. C’était écrit sur le bout de papier craché par la machine. J’entre donc dans ce qui semble un grand centre d’achat avec des ailes construites en étoile. Il y a un tableau respectable au centre qui indique des chiffres. Numéro 142. Je comprends que je dois prendre un numéro, mais où? Je demande poliment à la dame derrière un guichet aux vitres blindées où il faut aller pour se procurer un numéro. Là bas, juste en arrière qu’elle répond avec un air de « comment ça, vous ne savez pas ni où ni comment vous procurer un numéro? » Un gros bouton rouge est à plat sur une table et sans autres indications, j’appuie dessus. Ah, je suis le numéro 166, voilà qui est rassurant. Devant moi, un autre grand écran indique des numéros. Il affiche 153-3. Comme il y a 5 guichets vitrés juste en dessous du numéro affiché, j’en déduis qu’on sert la clientèle sous le troisième guichet. Alors, j’attends et en profite pour sortir un petit roman afin de tuer le temps. Il s’agit de Les grandes marées de Jacques Poulin. Comme j’arrive juste à la phrase « le paradis sur terre ne dure jamais longtemps, le 166-3 scintille sur l’écran. Je sors mon meilleur sourire pour la dame derrière la verrière tout en lui disant que je ne connais pas très bien le centre d’achats en question.Elle me rend un sourire et me demande si j’ai la carte de l’établissement. Non, je ne l’ai pas.- Bin monsieur, il vous faut LA CARTE, sinon pas de service ici. Alors, je vais vous en faire une. OK d’abord!

 Une fois la précieuse carte en main et « la soleil » bien imprimée sur une grande feuille en au moins 5 copies carbone, je reçois les indications suivantes : Prenez l’aile ici à votre droite, puis présentez ce formulaire à la dame devant la porte C. Alors, je me rends dans l’aile indiquée et je présente le formulaire à la dame devant la porte C. Elle me remercie, fait un demi-tour et dépose le formulaire dans la boîte jaune collée sur la porte. Elle se retourne vers moi, me sourit et m’invite à m’asseoir en attente. Une demie heure plus tard, j’entends mon nom crié dans un micro quelque part. Je me présente donc à la porte C et comme par magie elle s’ouvre. On me déshabille, me branche de partout et me retourne dans une autre salle d’attente. Une quinzaine de minutes plus tard, une personne m’interpelle. J’entre dans une salle ou je suis accueilli par un spécialiste asiatique, sans doute compétent, mais qui me parle comme un commandant militaire. Pour peu, je me serais cru en Corée du Nord. Les questions d’usage fusent comme des boulets de canon et devant une hésitation, j’ai presque droit à une réprimande. Heureusement, l’assistante qui m’avait précédemment branché de partout gardait un sourire rassurant. C’est d’ailleurs elle qui a tout fait le travail technique. Boutons ici, pitons là, graphique marquant bien les données, vitesse du tapis roulant, pente ascendante puis ralenti une minute avant l’arrêt complet. Je me sentais comme une Honda en inspection avant sa sortie d’usine. Pendant ce temps-là, le spécialiste entretenait une conversation qui semblait bien rigolote avec une personne à l’autre bout du fil téléphonique. Enfin, l’assistante dépose le graphique sur son bureau. Il le lit à voix haute devant moi et en même temps devant une machine enregistreuse. Tout est négatif monsieur. Bonne journée. Ce fut presque sotie côté jardin, tant j’ai dû ramasser mon linge en vitesse, car une autre voiture, pardon, une autre personne attendait derrière la porte.

 Payer pour sortir

panneau-parking   

Il est maintenant 9 h 45. Une fois dans le grand hall d’entrée, je repère la grosse machine avaleuse de tickets de stationnements. Ne sachant pas comment elle fonctionne (et je ne suis pas le seul), car la file en attente en témoigne, je glisse finalement le papier dans la fente avaleuse et l’écran me demande si je souhaite payer par carte de crédit, débit ou comptant. Ce sera 10. $ et on me demande si je souhaite avoir un reçu. Bon, mon unique 20. $ avalé et un 10. $ retourné en cinq pièces de monnaie de 2.$, l’écran m’avertit que j’ai 15 minutes pour déguerpir, sinon, le compteur va recommencer à compter les minutes.

 Réflexions sur la route de retour

Certains me diront que je suis chanceux. Au moins, j’ai pu subir un examen. C’est vrai, mais il faut aussi souligner qu’il s’était ajouté un mois auparavant une attente de 45 minutes, les pieds gelés dans la « slutch » devant une clinique privée sans rendez-vous et deux visites à un CLSC pour prises de sang annulées, car sans raison extraordinaire, pas d’électricité lors de ces deux journées-là. Une troisième visite fut alors établie en plus d’un questionnaire de 4 pages dans le but de trouver un médecin de famille, chose impossible qui me fut dite par la préposée ayant reçu, sans le lire, mon questionnaire dûment complété.

 Questions  

Q : Si mon chien avait besoin de suivi cardiaque, aurais-je dû réaliser un tel parcours afin d’obtenir les services d’un vétérinaire?

R : Non.

Q : Quand je vais chez Walmart, Super C, IGA ou tout autre magasin ou centre d’achats, est-ce que je paie pour le stationnement?

R : Non.

Q : Alors, pourquoi je paie quand je dois me rendre à l’hôpital ou à un CLSC… mais assez paradoxalement pas à une clinique privée?

Voici une réponse personnelle. Parce que les citoyens sont des victimes potentielles de chantage. Certains voudront peut-être amener l’argument que j’achète quand je vais dans un centre d’achat et que les proprios me font payer le stationnement par le biais de ce qu’ils me vendent… et ils auraient raison. Cependant, il ne faudrait pas oublier que quand je vais dans un centre d’achat, c’est sur une base libre et volontaire, alors que la visite en centre hospitalier, ce n’est jamais le cas. Et surtout, ne me dites pas que je ne paie pas pour les services médicaux. L’argument ne tient pas. Collectivement, il semblerait que nous avons payé jusque 400 M.$ de trop aux médecins spécialistes pour les services qui nous sont vendus. Nous aurions, selon les dernières nouvelles, permis à ces gens au savoir acquis à même un gros pourcentage de nos taxes et impôts, un équilibre salarial avec les autres provinces, même si ici, dans nos établissements d’enseignement, les frais de scolarité sont moindres qu’ailleurs et les coûts immobiliers tout aussi inférieurs que dans le reste de ce pays. Alors, ne me dites pas que les soins reçus par qui que ce soit en cette province sont « gratos », loin de là. Alors, pourquoi payer pour un stationnement si ce n’est que la clientèle n’a pas le choix, contrairement à tous les stationnements des Walmarts et IGA de ce monde? Dans mon livre à moi, cela s’appelle du chantage économique ou de la mauvaise gestion, mais là je m’arrête, car la prochaine fois, les résultats ne seront pas nécessairement négatifs sur le tapis roulant… et je devrai me payer de nombreux stationnements pour me faire soigner.

 Bonne semaine à toutes et à tous.

 GG

 

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À propos de l'auteur

Georges Gaudet

Chroniqueur indépendant, conférencier sur divers sujets, rédacteur de documents corporatifs, écrivain et artiste peintre quand il me reste du temps. Il tient un blog depuis des années intitulé Des mots, des bateaux et des pinceaux.



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