Émotions Le Forban 1

Publié le 8 août 2016 | par Georges Gaudet

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Besoin de partager


Quand le hasard sème l’amitié.

Nous l’avons rencontré lors d’une traversée en croisière sur le CTMA Vacancier l’année dernière. Il est de ces gens qu’on n’oublie pas, même quand le temps étale une première rencontre comme butin sur corde à linge. Je dirais même que le vent des Îles s’arrange pour sécher de façon permanente sur le cortex des souvenirs, une empreinte qui finira bien par être tatouée sur le cœur. Ainsi sont les gens exceptionnels. Ils sont hélas peu nombreux, mais leur amitié vaut des milliers d’autres.

Merci Alain et Édith pour ce merveilleux accueil que vous nous avez réservé une année plus tard, lors de notre retour de croisière en la belle ville de Québec. Que dire sinon que dans l’océan de l’oubli, votre accueil inattendu sur le quai et en votre demeure fut plus qu’une belle surprise. Il fut ce geste qui fait toujours croire en la beauté du monde et que parmi cette mer d’indifférence, il y a des bouées ici et là qui sont autant d’îlots de réconciliations avec la nature humaine. Dominique et moi, on vous aime.

Projet d’été    

IMG_1778LE FORBAN, ce petit voilier bien plus « maganné » qu’il n’y paraissait au départ, prend petit à petit du mieux. Après quatre roulements à billes neufs, deux jantes et deux pneus neufs sur sa remorque, il lui a fallu un support petit-moteur tout neuf, un recouvrement époxy sur le bastingage, deux bouchons autovideurs neufs, deux attaches de cadènes renforcées, une quille de chêne toute neuve et un recouvrement en deux couches de fibre de verre sur le plancher du cockpit. Reste maintenant à peindre le tout pour peu que dame nature collabore un tout petit peu et ce sera le lancement pour une nouvelle carrière sur les eaux parfois tumultueuses entourant les Îles de la Madeleine. Inutile de dire que j’ai hâte.

Un monde fou 

Coupé du monde terrestre 5 jours sur 7 et protégé de la folie humaine par une mer conciliante et belle, parée de grandes et petites vagues, de vents chantants et de brumes apaisantes, n’a rien de traumatisant et de difficile. S’il est une vérité qui nous éclate en plein visage, c’est bien que l’homme peut survivre et même bien vivre sans Hotmail, Facebook, Twitter, Pokémon et autres appareils du même genre. Utilisés avec modération peut être bénéfique, mais à voir la place que des milliers de gens accordent à leur cellulaire, leurs textos, leurs APPs en tout genre a de quoi se poser la question suivante : Sont-ils tous en train de devenir fous? – devant la beauté d’un Château Frontenac imposant dont les tours dominent le ciel, ils ne les perçoivent qu’à travers un petit écran de quelques pouces. Devant un fleuve immense, paré de mille beautés, ils ne voient qu’une parcelle de ce monde flamboyant toujours à travers leur petit écran. Devant un trafic automobile fou à lier, ils ne perçoivent ni le danger pour les autres, ni le danger pour eux, toujours à la recherche de ce Pokémon ou à l’écriture de ce texto qui pourrait bien être leur dernier message avant de partir vers un ciel incertain.

Même la mer ne protège pas de tout

Plus lentement bien sûr, mais l’illogisme de notre société finit toujours par nous rejoindre, surtout quand nous arrivons à bon port. La logique semble avoir foutu le camp. Comme le dit autrement Michel Baudry dans une chronique du journal, les pitbulls font pitié et c’est la faute des enfants, des petits chiens ou des adultes que se sont fait mordre. Richard Bain voulait tuer le plus de « séparatistes » possible, mais ce n’est pas de sa faute, il était sur les antidépresseurs… à cause des maudits séparatistes peut-être. Un de nos meilleurs défenseurs de la LNH devient une image positive auprès de toute une jeunesse de sportifs et on trouve le moyen de l’échanger pour un joueur incertain. Notre gouvernement se découvre un surplus budgétaire de 1,7 milliard de dollars et personne n’est foutu de vider les urgences et on coupe dans les chambres disponibles dans les hôpitaux. On est capable de trouver un Pokémon dans les vestiges d’un camp de concentration de l’époque de la Deuxième Guerre mondiale, mais on n’est pas foutu de détecter un débile qui veut tuer au nom de Dieu. Un individu qui se prend pour un humoriste insulte un individu dans son intégrité corporelle et ri de son handicap tout en souhaitant sa mort puis ses fidèles pleurent sur sa condamnation alors qu’ils ne savent pas distinguer entre rire d’une institution publique et rire d’une personne et surtout rire de ses faiblesses. Les « bullies » dans les cours d’école ont maintenant un maître. Pire, il accumule 5 M$ sur le dos de cette personne et il y a des illuminés qui ont le culot de lui organiser une cueillette pour payer ses avocats alors que les organismes de soins aux plus démunis peinent à ramasser quelques sous.

IMG_1866Défendre la liberté d’expression est un devoir de citoyen. Défendre la veuve et l’orphelin en est un autre et il ne faut surtout pas se servir de ces devoirs pour défendre l’indéfendable. Voilà, je l’ai dit… je l’avais sur le cœur depuis longtemps.

Vite, LE FORBAN, que je te mette à l’eau. J’ai envie de prendre l’air et laisser se gonfler ta voilure.

Georges Gaudet

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À propos de l'auteur

Georges Gaudet

Chroniqueur indépendant, conférencier sur divers sujets, rédacteur de documents corporatifs, écrivain et artiste peintre quand il me reste du temps. Il tient un blog depuis des années intitulé Des mots, des bateaux et des pinceaux.



2 Responses to Besoin de partager

  1. Georges Gaudet Georges Gaudet a dit :

    merci pour vos commentaires toujours bien appréciés.

  2. Julien Landry a dit :

    Le problème, c’est qu’il n’y en a pas assez qui comme toi, prennent le temps de se vider le coeur ! Et qui surtout s’arrête le temps de voir ce qu’ils pourraient changer autour d’eux pour améliorer le monde dans lequel nous vivons. Le virtuel a ceci d’intéressant, c’est qu’il n’a besoin que de deux pouces assez agiles pour attraper le pokémon.

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