Voyage une

Publié le 13 mars 2017 | par Marie-Ève Bourque

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Le rêve d’Anaïs…


L’Inde. Est-ce que j’ai vraiment besoin de m’y rendre? Vais-je à nouveau subir les effets «India» dans mon corps… dès mon arrivée? Est-ce que ma fille appréciera l’Inde à la hauteur de ses rêves, principalement celui d’y voir le Taj Mahal? Est-ce que les images qu’elles se projettent  seront conformes à la réalité de cette Inde de palais de marbre blanc? Bien sûr que non… Mais la vraie question est: sommes-nous prêtes à la vivre ensemble? Oui, je le veux! ☺

Il est 20h… En route dans un taxi format boîte de conserve, à peine sorties de l’aéroport, nous apercevons des policiers sur des chameaux, une scène de film «hollywoodien». En pleine route de Delhi avec des danseurs et des décors dignes des milles et une nuit… des mendiants qui se pointent à ta vitre dès la reprise du bouchon de circulation, des enfants qui font des pirouettes de cirque pour amasser des sous entre deux voitures et des rickshaws… et des gens couchés sur les trottoirs, des gens qui pissent ou se brossent les dents sur le bord de la rue… Et l’homme à la mallette, tailleur et cravate qui passe devant ces derniers. Un mélange toujours surprenant.

Des odeurs… et des bruits qui me ramènent dans ma valise pêle-mêle de souvenirs indiens des derniers voyages commerciaux. Et Ana qui demeure ouverte et observatrice. Ana l’exploratrice…

IMG_4564Je retrouve mes quartiers… on nous accueille au Hari Piorko. J’y passerai les prochaines heures, le temps de me refaire une santé… L’Inde égale systématiquement dans ma mémoire corporelle: maladie. Elle devrait même y inclure la note suivante dans les noms propres: endroit où l’on ne peut éviter d’être malade. ☺ Mais malgré cette constance, j’y retrouve une impression d’intemporalité, de quiétude dans le désordre. Peut-être, pour vous dire vrai, que je m’y retrouve, au final.

Des agents contents de nous revoir après deux ans d’absence, des fournisseurs qui nous saluent dans la rue, un cireur de chaussures qui se souvient de mon nom. Je passe le radar des repères sécurisants pour nos estomacs troubles et des rencontres qui facilitent toute la suite du voyage. Nos amis(es) de Seattle qui, année après année, de pays en pays, nous retrouvent, cette fois-ci à la même adresse. La famille s’élargit pour Ana.

Et le GRAND RÊVE se pointe…

Il est grand, comme elle se l’était imaginé. Comme elle l’avait vu dans ses nombreux livres qu’elle feuilletait. Elle y rêvait… même aperçu dans un épisode de «Totally Spice», le genre d’animation pour fillette pas très éducative, qu’elle écouta en boucle des dizaines de fois…

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Taj Mahal. Ces deux mots, «googlés» des dizaines de fois, imprimés des dessins de sa prestance… Ce palais d’amour, construit par 20 000 ouvriers sur une période de 20 ans, est évidemment impressionnant à toucher, à observer, pour en conserver une empreinte dans nos mémoires de voyageuses… Reconnu comme étant l’une des sept merveilles du monde, j’en étais à ma deuxième visite. La première avec un amoureux, souvenir immortalisé à jamais comme un premier rendez-vous… et la deuxième, avec mon amoureuse du présent, Anaïs, en ce jour de l’amour… au palais de l’amour! 14 février 2017.

Pour le grand mariage, nous avions même joué aux princesses et nous nous étions vêtues pour la circonstance! Avouez qu’on est belles… en princesse indienne!?

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Après ce court passage en Inde du Nord… Nous volons vers l’Île au bonheur!

Nous volons vers l’île, où les joies se multiplient, telles les offrandes sur les parquets des maisons… Les lotus, la luxuriante végétation et la chaleur nous ramènent à Bali.  Légère contrainte à l’aéroport avec des bijoux indiens dans nos bagages… Petite frousse pour ma frimousse qui croyait devoir passer la nuit à l’aéroport. Déjà oublié! J’ai utilisé mes restes de «bahasa indonesia» en guise de «ne vous en faites pas, je suis une habituée».

IMG_4856Sinon, les retrouvailles avec Wayan, ami du Wayu bungalow. Sept ans plus tard, il revoit sa petite Anaïs devenue grande. Paulus, notre chauffeur et ami des huit dernières années… Des sourires qui parlent d’amitié. Des moments de bonheur autour d’un Warun balinais, petit resto modeste à un ou deux dollars l’assiette buffet… Des fournisseurs heureux de produire pour nous des pièces choisies avec soin, de la pensée positive sur tissus, à l’encens et aux mobiles de bois… dans nos deux boutiques.

Et Anaïs qui rencontre les bonheurs de Bali. Qui accepte de partir à mobylette (scooter) avec sa maman, question de gagner en liberté et de diminuer les dépenses pour ses déplacements. Par ce fait même, sentir davantage l’expérience indonésienne, tel y rencontrer des coqs traversant ces petites routes de campagne ou une cérémonie de mariage et, en quelque sorte, sans l’avoir choisi, en faire partie. Assister de façon impromptue à une danse traditionnelle et théâtrale balinaise, manger avec ses mains et s’en lécher les doigts, profiter de la piscine, car le budget ne permet que quelques jours de ce luxe de fin de parcours… Et affronter quelques jours, seule sans sa maman, sa bête noire du voyage: l’anglais. Anaïs assista Kétut et Nyoman à la librairie où elle fût contrainte de déployer ce qu’elle sait ou tenter ce qu’elle ne sait pas… voilà ce que je nommerais ici, le vrai courage!

IMG_5501Pendant que maman travaille dur, Anaïs combat sa plus grande peur avec brio! Et ces trois jours de dur labeur lui mériteront trois jours sur les plages d’Amed, petit village au nord de Bali reconnu pour la plongée… Nous nous en tiendrons au «snorkelling», où la fresque vivante de poissons me rappelle les films de ma fille et l’univers du rêve… Ça donne envie de dessiner, même si pour dire vrai, je ne suis pas trop doué. ☺

C’est beau… C’est si beau. C’est parfois juste trop beau pour même y mettre des mots…

Ici, ma fille fait ses leçons tous les jours… et travaille dur pour demeurer à jour pour son retour en classe.  Aujourd’hui, elle m’a dit: Maman, c’est le plus beau jour de ma vie. Je confirme: ah! oui! J’avoue que c’était un beau jour. Elle me répond: j’ai enfin compris les mathématiques… S’il fallait venir à Bali pour ça, le calcul final n’est pas trop onéreux et plutôt payant: confiance en soi multipliée par mille = voyage autour du monde!

Mon prochain récit: le retour…


Note : Les blogueurs sont responsables du contenu et des éléments qu’ils intègrent dans leur blogue sur ilesdelamadeleine.com.

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À propos de l'auteur

Marie-Ève Bourque

Psychosociologue de formation et femmes d'affaires depuis bientôt 10 ans dans le milieu madelinot avec ses boutiques uniques qui la font voyager, Marie-Ève Bourque partage ici avec nous ses couleurs et sa vision du monde à travers ses mots et récits vivants remplis d'humanisme.



One Response to Le rêve d’Anaïs…

  1. DeCoste a dit :

    Bravo Marie Eve, bravo Anais. Vous êtes inspirantes. Bonne continuité

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