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Publié le 17 avril 2017 | par Georges Gaudet

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Pâques, une fête religieuse quand même.


Pâques, l’espoir face à la désolation

OLYMPUS DIGITAL CAMERAJe ne suis pas ce qu’on peut appeler « un bon chrétien », même que selon les cannons de l’Église catholique, je serais probablement qualifié de délinquant, sinon pire. Je suis loin d’aller à la messe tous les dimanches, je suis divorcé et le genre de confession que je respecte le plus tient en un dialogue personnel avec celui que j’appelle Dieu. Et puis quand j’en suis gêné, je dialogue alors avec celui que j’appelle mon chum… Jésus. Pourtant, cela ne m’a pas empêché d’assister volontairement à la messe de Pâques hier. J’avais besoin de faire une pause, de réfléchir et comme toujours, poser des questions. Je n’y peux rien, c’est ma nature et puis tant pis si Dieu n’aime pas ça. Il n’a qu’à s’en prendre à lui-même, c’est lui qui m’a créé m’a-t-on enseigné.

C’est que des fois, je me demande s’il dort au gaz, ce Dieu. Autant je tiens à le remercier de vivre dans un lieu terrestre bien acceptable malgré les tordus qui nous gouvernent, autant je me demande pourquoi tant de gens souffrent, apparemment sans raison valable, sinon qu’ils sont nés au mauvais moment, à la mauvaise place. On dit que le grand Jacques Brel répondait à ceux qui lui demandaient comment il allait, la réponse suivante : « Bah! J’ai mal aux autres! » Au cours de la semaine, je suis vraiment tombé par hasard sur une vidéo d’une véritable exécution humaine en plein territoire de guerre. J’ai déjà vu la mort de près et j’ai vu mourir. Dans les deux cas, malgré la tristesse ou la peur, j’ai éprouvé une certaine paix intérieure difficile à expliquer. Mais là, devant mon écran, ce fut tout à fait le contraire. On dit que le mal existe et je le crois, mais comme je suis plutôt visuel qu’auditif, là je l’ai vraiment vu de mes yeux et oui, le mal existe vraiment. J’ai vraiment eu « mal aux autres. » Voilà ce qui m’a amené à l’église hier matin plutôt que la répétition annuelle de la messe de Pâques. Le monde dans lequel nous vivons est bien beau sous certains angles. La nature, les couleurs, la vie qui l’anime, ces animaux, ces forêts, ces mers, ces cieux ensoleillés ou grandioses de nuages, ces montagnes majestueuses, enfin, tous ces tableaux sont d’une beauté forçant l’admiration, la méditation, la contemplation. Toutefois, personne ne peut nier que pour que cette vie existe, il y a la mort. Cette mort qu’on dit que Jésus a vaincue. Le gros poisson mange le petit, la vache mange l’herbe, les insectes se nourrissent des forêts et se mangent entre eux, le lion bouffe la gazelle et ainsi de suite. L’homme, quant à lui, a développé les systèmes les plus sophistiqués et efficaces pour détruire ses semblables, tant par les instruments de torture et de destruction qu’il a créés, que par la justification de quelconques croyances qui proclament la mort comme solution à tout ce qui ne lui ressemble pas dans sa culture ou ses croyances. Il se croit maître de l’univers, alors qu’à 12,000 pieds (3650m) d’altitude, il est déjà en milieu si hostile que sans une réserve d’oxygène à sa portée, il meurt en moins de deux minutes. Dans les faits, il vit sous une couche si mince de vie que par comparaison, la fourmi vivant sous une planche pourrie doit voir son univers à elle bien plus vaste que celui de l’homme. En somme, l’homme n’est rien malgré toute sa prétention. Et si c’était justement cela que Jésus est venu nous dire. « Vous n’êtes rien ici-bas, mais suivez mes conseils, la vraie vie qui commence ici, elle peut se continuer ailleurs. Mais pour cela, il faut croire en la pérennité de mon message : “Aimez-vous les uns les autres”… ce qui selon ma compréhension revient à dire, cessez donc de vous entretuer.

 Une église en difficultés 

Cette Église universelle que j’ai aimée, qui m’a aussi fait souffrir, je la vois se désintégrer avec tristesse. Quand on remet en question quelque chose, il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de tout remettre en question, mais non de tout détruire avant de l’avoir analysé. Malheureusement, deux courants diamétralement opposés semblent se dessiner au sein de la chrétienté actuelle et j’ai peur que cette chrétienté soit reléguée au rang d’une multitude de croyances ou de non-croyances, chapeautées par la toute-puissance d’une religion préconisant la mort de tout ce qui ne lui ressemble pas. D’ailleurs, l’Église chrétienne n’a-t-elle pas fait la même chose par le passé, il y a plus de 6 siècles de cela? Et elle en paye le prix encore aujourd’hui.

J’aime le Pape François et j’aime son approche. On dit qu’il est en grave danger. On dit qu’il serait la cible par excellence de Daesh, que le gouvernement des USA s’en laverait les mains parce qu’il est en porte-à-faux avec le nouveau président de ce pays. On dit que son discours sur la redistribution des richesses, sur l’écologie, sur les voleurs de Wall Street, sur la position des femmes dans l’Église, sur la vente d’armes, sur le célibat des prêtres, sur les homosexuels, sur les assassinats de milliers de gens, particulièrement des civils et des enfants dans les pays en guerre, en indisposerait plus d’un au sein même du Vatican. On dit qu’on craint même pour sa vie à l’intérieur des murs de Rome. On dit même qu’une rumeur circule à l’effet qu’en Argentine, il serait le père d’un enfant… et puis après? Comme le diraient d’autres; “So what?” Un peu d’humanité dans ce cercle d’hommes en soutanes serait comme une fraîcheur entrant par les fenêtres un jour de printemps il me semble.

Ce matin, devant les portes de l’église, je me suis arrêté. Je me suis demandé si j’avais le droit d’y entrer, surtout avec tous ces interdits qui existent encore au sein de cette institution. Et puis je me suis dit que Jésus acceptait tout le monde et que dans la culture de son époque, il est même allé jusqu’à défendre une femme qu’on voulait lapider. Essayez ça encore aujourd’hui en Iran, au Yémen, en Irak ou en Arabie Saoudite et vous m’en direz des nouvelles, si toutefois vous vivez assez longtemps pour en parler. Aussi, je suis allé communier, n’en déplaise à certaines âmes au jugement sévère et vous savez pourquoi? Parce que Jésus, je ne crois pas qu’il soit venu pour les ventres pleins, mais pour ceux et celles qui ont faim. Et au plus profond de ma croyance, je crois bien que c’est aussi ce que le Pape François pense, même s’il est entouré de trop de gens qui ont plus à cœur leur statut de dignitaires de l’Église que le sort de l’humanité. J‘espère seulement que lui au moins, on ne le crucifiera pas!

Voilà! C’est mon cadeau de Pâques à tous mes amis sur mon blogue et sur FB. Certains ne seront pas contents, mais que voulez-vous, on ne peut contenter tout le monde. Joyeuses Pâques à tous, tout au long de l’année quand même. Que l’espérance soit le moteur de votre pensée au sein d’une humanité qui cherche encore son véritable chemin.

À la prochaine chronique.

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À propos de l'auteur

Georges Gaudet

Chroniqueur indépendant, conférencier sur divers sujets, rédacteur de documents corporatifs, écrivain et artiste peintre quand il me reste du temps. Il tient un blog depuis des années intitulé Des mots, des bateaux et des pinceaux.



5 Responses to Pâques, une fête religieuse quand même.

  1. Gemma a dit :

    La vérité comme la liberté, c’est ta conscience. Écoute la et assume la.
    J’ai lu votre message et il me comble, qu’il y ait encore des gens de bon sens.
    , sur cette terre qu’on est en train de détruire, au nom de la volonté d’un dieu.
    Cette fois ci pas le notre mais un autre.
    Oui François est un espoir en danger, espérons qu’il aura plus de chance que Jean Paul 1
    Au plaisir de vous lire encore.
    Gemma H.

  2. anne Gagnon Gagnon Boivin a dit :

    J’ai lu et relu votre message, je l’ai partagé pour que plusieurs personnes puissent le lire et y réfléchir comme moi. Merci tellement monsieur Gaudet.

  3. Julien Landry a dit :

    Une fois que l’on a enlevé le vêtement des préjugés, la nudité devant laquelle on se retrouve est en soi le plus véridique des jugements que l’on puisse imaginer. Et puis, Georges, je peux te rassurer, on est plein de monde sur la galère du questionnement. Une belle réflexion.

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