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Publié le 1 novembre 2017 | par Webmestre

Un homard jaune, pêché dans les Côtes d’Armor

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Un pêcheur de Ploubazlanec (Côtes d’Armor) a eu la surprise de remonter dans son casier un homard … jaune.

C’est alors qu’il pêchait aux abords de l’île Saint-Rion, en baie de Saint-Brieuc à l’entrée de l’anse de Paimpol, que Yann Duchesne a découvert dans l’un de ses casiers un homard jaune, « jaune délavé » comme le précise le pêcheur.

« Je ne savais même pas que ça existait. Même des collègues beaucoup plus expérimentés que moi n’en ont jamais pris. »

« Là, je me suis dit qu’un spécimen rarissime comme celui-ci ne pouvait pas terminer dans une assiette. Cela serait ridicule » ajoute Yann Duchesne. Le pêcheur entre alors en contact avec l’aquarium de Saint-Malo à qui il vend l’animal « Je suis pêcheur professionnel donc je l’ai tout naturellement vendu » à un prix que nous ne connaîtrons pas « car c’est confidentiel ».

Un spécimen extrêmement rare
Et si Yann Duchesne et ses collègues n’ont jamais vu de homard jaune, c’est qu’un tel crustacé est encore plus rare que le homard bleu dont plusieurs spécimens ont été pêchés ces derniers mois.

Selon le Lobster Institute, de l’université du Maine, aux États-Unis, ces homards jaunes seraient extrêmement rares, 1 sur 30 millions alors que le ratio est de 1 sur 2 millions pour les bleus.

Des chiffres à prendre avec prudence, explique Yann Guillouzo, conservateur à l’aquarium de Saint-Malo : « Les chiffres donnés par le Lobster Institute portent sur le homard américain qui est une espèce différente du homard européen. Néanmoins la dernière fois que l’on a eu vent d’un homard jaune pêché, c’était il y a quelques années en Normandie ».

« Le homard jaune que je suis allé chercher à Ploubazlanec est une femelle de 500g environ qui doit être âgée de 5 ans environ » précise t-il.

La couleur, une histoire de pigment
Brun, bleu, orange ou jaune, la couleur des homards s’explique par la présence de pigments nous précise Yann Guillouzo : « La carapace des homards contient un pigment orangé, de la famille des caroténoïdes. Chez le homard, il interagit avec une protéine, la crustacyanine, de couleur bleue. De façon simplifiée, si suite à une anomalie génétique, il y a plus de crustacyanine, alors le homard est bleu vif alors que s’il n’y a un manque de crustacyanine, l’animal sera plus orangé, voire jaune, allant même jusqu’à certains spécimens albinos donc blancs, ce qui est là encore plus extraordinaire ».

Pourquoi des découvertes de homards rares plus fréquentes ?
À la question de savoir pourquoi des découvertes de homards bleus ou jaunes se sont multipliées ces derniers temps, Yann Guillouzo répond qu’Ifremer se penche sur la question. Est-ce dû au fait qu’avec les réseaux sociaux, tout ceux qui font une telle découverte le font savoir ou alors est-ce du à une multiplication de ces spécimens rares.

« Il faut savoir que ces homards bleus ou jaune ont perdu leur couleur brune qui leur sert de camouflage contre les prédateurs qui sont dans nos eaux bretonnes principalement les congres. Or, les pêcheurs se plaignent de la raréfaction des congres. Le manque de prédateurs pourrait aussi être une des raisons du fait que l’on trouve plus de homards bleus ou jaunes » confie le spécialiste.

Le homard jaune de Ploubazlanec est visible depuis jeudi le 26 octobre à l’aquarium de Saint-Malo.

 

LA UNE : Le homard jaune, extrêmement rare, pêché au large de Paimpol / © Adrien Duchesne
Source : © 2017 France Télévisions

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