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Publié le 20 juillet 2018 | par Magazine les Îles

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La petite histoire de la BLUENOSE


Un article original publié dans

Par Georges Gaudet


Mise à l’eau le 26 mars 1921 à Lunenburg en Nouvelle-Écosse, elle fut dessinée par William Roué et construite par Smith et Rhuland. Son baptême traditionnel fut réalisé par Audrey-Marie Smith qui en éclatant la bouteille de champagne sur sa coque, ne se doutait point de la glorieuse carrière qu’allait mener ce superbe voilier. En ces années, une compétition féroce se tenait entre les diverses goélettes de l’Atlantique, tant sur les bancs de pêche que dans une course annuelle attirant des foules nombreuses le long de la côte Est Canadienne et Américaine. Ces défis étaient commandités par le journal Halifax Herald de l’époque dont les propriétaires voyaient là un outil de promotion extraordinaire pour leur journal.

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Véritable porte étendard maritime du Canada, la BLUENOSE aura eu son timbre poste et demeure toujours frappée sur la pièce de 10 sous du Canada. Photo : Library and Archives Canada.

La BLUENOSE a eu un adversaire féroce pendant la dizaine d’années qu’ont eu lieu ces fameuses courses suivies par des millions de spectateurs. Année après année, la GERTRUDE L THEBAUD Américaine de même que l’ELSIE se battirent beaupré à beaupré souvent jusqu’au fil d’arrivée. L’enjeu portait le nom de l’International Fishermen Trophy. Voici donc dans un ordre chronologique la prodigieuse carrière de ce voilier unique en Amérique.

Après une saison de pêche sur les Grands Bancs de Terre-Neuve sous le commandement de Angus Walters, BLUENOSE défait L’ELSIE au large de Gloucester et ramène le trophée en Nouvelle-Écosse. En 1930, au large de Gloucester, Massachusetts, elle a été vaincue 2-0 dans la première compétition de la coupe Sir Thomas Lipton international Fishing Challenge Cup par son plus célèbre adversaire, la toujours menaçante GERTRUDE L. THEBAUD. Cependant, au cours des 17 années suivantes, aucun challenger ne fut capable de la vaincre. Elle n’était pas un simple bateau de course, mais aussi et surtout un bateau de pêche qui a été mené très dur tout au long de son existence. Elle a servi à pêcher nombre d’espèces de poisson de fond et son équipage a remporté en une occasion le concours de la plus grosse prise de la saison le long des États et provinces Atlantique.

Pendant les années 30, ces superbes voiliers sont devenus obsolètes, car remplacés par des bateaux à moteur et des chalutiers. Malgré les efforts pour la garder en Nouvelle-Écosse et dirigée par le capitaine Walters, la Bluenose a été vendue comme navire-cargo dans les Antilles. Chargée de bananes, elle a frappé un récif de corail au large de l’île à Vache, Haïti le 28 janvier 1946. Naufragée au-delà de tout espoir de réparation, mais sans avoir été la cause de pertes de vies, elle fut abandonnée sur le récif.

Cette triste fin ne fut pas oubliée par les Néo-Écossais qui en firent l’emblème de leur province. D’autres versions identiques furent construites avec cependant des équipements plus modernes, souvent cachés afin de garder l’intégrité de la première grande dame des mers. Lors du centenaire de la confédération en 1967, la BLUENOSE II fut lancée en l’honneur de ce centenaire. Depuis quelques années, elle fait l’objet d’une complète reconstruction et mise à niveau afin de continuer à parcourir les ports de nombreux pays du monde en tant qu’ambassadrice du Canada à l’étranger. En dehors de ce rôle, ce superbe voilier sert de formation à de jeunes cadets ou a transporter de riches privilégiés qui veulent revivre les grands frissons de la manœuvre de la plus belle goélette au monde.

 

Source : Magazine LES ÎLES © 2015

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