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Publié le 13 avril 2019 | par Journal de Montréal

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Le Québec insulaire


Un article original de

La semaine dernière, je vous parlais de ma visite d’observation des blanchons sur une immense banquise près des Îles-de-la-Madeleine. Comment pourrais-je ne pas revenir sur ces îles magnifiques et leurs habitants ?

La plupart des Québécois ne s’imaginent pas qu’il existe géographiquement un autre Québec, ne serait-ce qu’en raison de l’absence d’arbres, de ses bras de mer sablonneux, de ses falaises comparables à celles de l’Irlande ou de l’Islande. C’est un autre Québec. À cela, rajoutons sa cuisine maritime très élaborée, faite à partir d’ingrédients locaux (contrairement à Terre-Neuve où trop souvent on utilise des fruits de mer surgelés achetés chez Costco…). Je me suis repu de soupe de poisson, de chaudrée, d’huîtres, de homard, etc.

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Les Madelinots utilisent la couleur pour combattre la grisaille de l’hiver. PHOTO COURTOISIE, GILLES PROULX

La visite est rare en hiver chez eux. Ils ne sont que 12 000. Plusieurs me reconnaissaient et venaient m’aborder très gentiment pour s’assurer que je passais un bon moment chez eux. La cordialité madelinote est proverbiale. Ce sont souvent des costauds. Que voulez-vous ? Ils ont une génétique de gaillards de la mer. À maints égards, ce sont de purs descendants de Bretons et de Normands.

À preuve, les premiers habitants à occuper ces îles vinrent de Saint-Pierre-et-Miquelon (qui appartient toujours à la France). Autre fait étonnant, quelque 750 anglophones vivent ici dans leur coin sans se mêler à leurs voisins. En 2007, un reportage de Radio-Canada révélait que l’immense majorité de ces Anglo-Madelinots ne parlaient pas français et qu’ils en étaient fiers ! On les applaudit lentement…

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Combien de navires se sont abîmés sur ces côtes avant que ce phare les en éloigne ? PHOTO COURTOISIE, GILLES PROULX

En hiver, le tourisme est rarissime et composé surtout de Japonais et d’Américains. Seuls deux hôtels étaient ouverts pour la saison froide, dont le Château Madelinot où je logeais. La mer se glace parfois près des plages moins agitées. On peut alors y marcher pour observer l’intérieur des falaises. Il ne fait pas aussi froid que ce que l’on pourrait imaginer : l’effet tempérant de l’eau. J’ai beaucoup apprécié le fait d’être l’un des rares touristes.

 

PAR GILLES PROULX

LA UNE : C’est sécuritaire de marcher sur la mer glacée lorsque son épaisseur est de trois à six pieds. / PHOTO COURTOISIE, GILLES PROULX.

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