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Publié le 30 août 2019 | par Radio-Canada

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Les diverses vocations de l’île d’Anticosti à travers le temps


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L’histoire de l’île d’Anticosti n’est pas un long fleuve tranquille. L’île a connu différents propriétaires et tout autant de vocations.

À l’époque de ce documentaire intitulé Nous irons dans l’île, Anticosti appartient à la firme forestière Consolidated Paper. Tourné en 1956, le film présente l’histoire de l’île, en commençant par ses caractéristiques maritimes et ses ressources naturelles. Dans une narration bucolique, Gaétan Barrette décrit les magnifiques paysages de l’île, ses rives, ses forêts.

«Le repeuplement et les méthodes de conservation du gibier et du poisson mis en vigueur par les Menier ont fait de l’île d’Anticosti le paradis de chasse et de pêche d’aujourd’hui.» –  Le narrateur Gaétan Barrette

Nous irons dans l’île, 1956

Avant son acquisition par la Consolidated en 1926, l’île appartient à la succession de la famille Menier. En 1895, Henri Menier, riche chocolatier français, l’avait acheté à la province de Québec pour 125 000 $. Les chevreuils, si caractéristiques de l’île, sont d’ailleurs l’héritage de son initiative de peuplement animal.

Le 60, 29 octobre 1974

En 1974, le gouvernement du Québec rachète l’île d’Anticosti pour 23 millions de dollars. Au magazine Le 60 du 29 octobre 1974, on dresse un portrait de la situation.

L’économie de l’île est alors presque exclusivement basée sur l’exploitation forestière et la population ne dépasse pas 300 âmes. Au cours des dernières années, la pêche au saumon et la chasse au chevreuil sont néanmoins devenues des attractions de plus en plus importantes.

«De juin à novembre, au temps des belles saisons, 1600 chasseurs et pêcheurs, dont plus de la moitié sont des Américains, s’amènent sur l’île pour une des expéditions sportives les plus faciles au monde.» –  Le journaliste Guy Lamarche

De ce lieu peuplé de cerfs, le gouvernement québécois voit une bonne occasion pour transformer Anticosti en réserve faunique. Le journaliste Guy Lamarche perçoit cependant que l’avenir de l’île pourrait prendre plusieurs directions.

«Bien sûr, l’île sera ouverte au public, mais les règlements devront être sévères. On parle d’expéditions, de camping, d’escalade et même d’archéologie. La coupe du bois permettra d’ouvrir le reste de l’île, car le tiers est encore inaccessible. Et déjà, on a commencé à chercher le pétrole et les gisements miniers…» – Le journaliste Guy Lamarche

Ces dernières années, c’est effectivement le potentiel d’exploitation pétrolière d’Anticosti qui a été sur toutes les lèvres. Les scénarios envisagés sous le gouvernement Marois ont toutefois été définitivement rejetés en 2017, sous celui de Philippe Couillard.

L’heure est plutôt à la candidature de L’Île-d’Anticosti au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui a reçu l’appui du gouvernement du Québec.


L’histoire de l’île d’Anticosti

  • L’île d’Anticosti est une propriété privée depuis la fin du 17siècle, où des entrepreneurs tentent de la coloniser. Découverte par Jacques Cartier en 1534, elle est reconnue pour la dangerosité de ses côtes.
  • Le personnage le plus marquant de l’histoire d’Anticosti est sans nul doute le chocolatier français Henri Menier, qui achète l’île en décembre 1895 pour la somme de 125 000 $ afin d’en faire son domaine de chasse privé.
  • Grand amateur de chasse, Menier tente d’introduire une vingtaine d’espèces animales, dont le cerf de Virginie, le wapiti et le bison. Seul le cerf de Virginie prospère.
  • Menier et surtout son fondé de pouvoir Georges-Martin Zédé développent la coupe de bois, l’agriculture, la pêche et la mise en boîte du homard.
  • Henri Menier meurt en 1913 et son frère prend la relève, mais en investissant moins que son prédécesseur.
  • En 1926, l’île d’Anticosti est vendue à une firme forestière pour la somme de 6,5 millions de dollars.
  • La somptueuse villa construite par Henri Menier au coût de 130 000 $ à Port-Menier sera incendiée par les responsables de la Consolidated Bathurst en 1954.
  • Le 2 décembre 1937, un article du quotidien anglophone The Montreal Gazette sème l’émoi au Québec et dans le reste du Canada. Le journaliste William Glyn y affirme que des Allemands sont en train de négocier l’achat de l’île d’Anticosti afin d’y ouvrir une usine de sulfates.
  • La transaction ne se réalise pas, mais il demeure cependant vrai qu’un consortium de Hollandais et d’Allemands s’est intéressé à l’achat de l’île.
  • De 1974 à 1983, la gestion de l’île d’Anticosti relève du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche.
  • En 1982, l’État québécois cède les installations résidentielles et commerciales aux habitants de l’île. Le premier conseil municipal est assermenté le 31 janvier 1984.

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