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Publié le 19 novembre 2019 | par Le Soleil

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Service maritime des Îles-de-la-Madeleine: le ministère des Transports muet sur sa stratégie


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Le ministère des Transports du Québec garde le mystère entier sur la façon dont il déploiera dans l’avenir sa part du service maritime entre les Îles-de-la-Madeleine et le continent, un silence que déplore le député de l’archipel à l’Assemblée nationale, Joël Arseneau.

M. Arseneau se dit très inquiet du retard qu’accuse Transports Québec dans l’annonce sur la vision du gouvernement quant à l’avenir des services maritimes présentement assumés par le CTMA Vacancier et le Clipper Ranger, ce dernier remplaçant le CTMA Voyageur depuis juillet.

Le député Arseneau demande au ministre des Transports, François Bonnardel, d’honorer le plus vite possible l’engagement pris le 17 janvier dans l’archipel madelinot. Le ministre avait alors annulé des décrets adoptés par le gouvernement précédent, mais il s’était engagé à déposer son plan de lien maritime le 12 juin, il y a un peu plus de cinq mois.

«Après cinq mois de retard, le ministre Bonnardel a une responsabilité, de faire le tour de la question pour que les Madelinots soient consultés et informés, de prendre une décision, de s’assurer que le processus doit se faire dans la transparence. Ça inclut la durée du processus», affirme Joël Arseneau.

Appui financier

Transports Québec appuie financièrement la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) dans l’exploitation des navires CTMA Vacancier et Clipper Ranger. Le CTMA Vacancier assure du printemps à l’automne inclusivement un lien de ravitaillement de l’archipel à partir de Montréal. Ce lien inclut un service de croisières pendant l’été.

Le Clipper Ranger relie généralement Matane à l’archipel, essentiellement pour les marchandises. D’autre part, le gouvernement fédéral subventionne le service interprovincial du traversier Madeleine entre l’Île-du-Prince-Édouard et Cap-aux-Meules. L’hiver, le CTMA Vacancier prend le relais du Madeleine parce qu’il est meilleur dans les glaces.

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait adopté en mai et août 2018 des décrets devant alors régler la part québécoise des liens maritimes entre le continent et les Îles. Un contrat de gré à gré de 20 ans, renouvelable pour une période égale, devait alors lier l’État québécois et la CTMA.

Ce gouvernement devait aussi participer financièrement à l’exploitation de ces services. Le contrat devait mener au remplacement du CTMA Vacancier, un navire vieux de 46 ans, en vertu d’un appel d’offres international assorti d’une clause de contenu québécois s’élevant à 30 %. Un nouveau navire coûtera entre 200 et 300 millions $.

Le silence du ministre Bonnardel depuis le 12 juin laisse place à de nombreuses rumeurs, note le député Arseneau.

Incertitude

«C’est comme si l’incertitude laissait ouvertes toutes les portes, toutes les spéculations […] Parle-t-on toujours d’un navire neuf pour remplacer le CTMA Vacancier, en fin de vie utile? Achètera-t-on un navire usagé? Y aura-t-il encore un service complémentaire de croisières et de ravitaillement à partir de Montréal […]? Le gouvernement a-t-il entrepris d’autres études? Fait-il d’autres calculs? Vérifie-t-il le potentiel d’un appel d’intérêts ou d’un appel d’offres? La CTMA est-elle toujours considérée pour les liens maritimes? Les gens peuvent comprendre même si c’est compliqué mais il faut leur expliquer», tranche le député du Parti québécois.

Lors de sa visite aux Îles-de-la-Madeleine en janvier, le ministre Bonnardel avait justifié une nouvelle analyse par le fait que «la valeur de l’entente de 40 ans avait une portée de 1 à 1,4 milliard $», une somme trop floue «pour une saine gestion des finances publiques ».

En 2018, Transports Québec a versé 13 millions $ pour l’exploitation des CTMA Vacancier et CTMA Voyageur. Cette exploitation a rapporté 17 millions $ en revenus autonomes à la CTMA, pour un budget total de 30 millions $ liés à ces services.

Le contrat liant l’État à la CTMA pour les dessertes québécoises sera échu le 31 mars 2020. La CTMA emploie 500 personnes.

«Nous sommes en novembre. CTMA prend des réservations pour les croisières de l’été prochain sans savoir si l’entente sera reconduite. Le gouvernement remet-il en question les croisières? Si c’est le cas, il devra présenter des arguments extrêmement solides. Est-il conscient du partenariat hybride alliant croisières et ravitaillement, qui crée du développement économique et de la richesse aux Îles?» demande Joël Arseneau.

La porte-parole du ministre Bonnardel, Florence Plourde, précise que «le dossier est toujours à l’étude, qu’un comité ministériel [y] travaille toujours, que des éléments sont toujours en analyse […] On va prendre le temps nécessaire. Ça suit son cours et on va communiquer les résultats dans les plus brefs délais». Elle ne peut toutefois donner d’échéancier.

Par GILLES GAGNÉ / Le Soleil
LA UNE : Le député des Îles-de-la-Madeleine Joël Arseneau se dit très inquiet du retard qu’accuse Transports Québec dans son annonce sur l’avenir des services maritimes.

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