Sports Victime d’une chute grave en septembre dernier, Hugo Barrette a depuis retrouvé sa forme des grands jours au vélodrome de Milton en prévision de la Coupe du monde, en fin de semaine, et des championnats mondiaux à Berlin, à la fin de février.
Photo Alain Bergeron

Publié le 26 janvier 2020 | par Journal de Québec

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Hugo Barrette : Quand l’excitation surpasse le risque

Victime d’une chute grave en septembre dernier, Hugo Barrette a depuis retrouvé sa forme des grands jours au vélodrome de Milton en prévision de la Coupe du monde, en fin de semaine, et des championnats mondiaux à Berlin, à la fin de février.

Des chutes spectaculaires auraient pu le faire abandonner depuis longtemps, mais Hugo Barrette trouve encore son bonheur dans les vélodromes et les vitesses folles à 80 km/h.

Trois accidents survenus durant la dernière année ont toutefois amené le cycliste originaire des Îles-de-la-Madeleine à réfléchir sur le bien-fondé de continuer à défier le diable dans ce sport à haut risque.

Son questionnement avait débuté après une glissade sans conséquence à un entraînement à Trinidad-et-Tobago, durant l’été, mais il s’est activé avec une chute plus grave subie en demi-finale de l’épreuve du keirin aux championnats panaméricains en Bolivie, le 6 septembre, et qui l’a laissé avec une fracture de l’omoplate gauche.

« Prêt à prendre le risque »

« Ça m’a vraiment “accoté” l’été dernier », explique l’athlète de 28 ans pour illustrer jusqu’où ces événements l’ont poussé à réfléchir.

« C’était la première fois qu’il m’a fallu prendre un pas de recul et ça m’a dit que, oui, je veux encore continuer. Je suis encore prêt à prendre le risque. Mais quand tu n’es plus prêt à prendre le risque, surtout au keirin, arrête ! » nous a partagé le Madelinot, la semaine dernière, lorsqu’on l’a rencontré durant une rare journée de repos au centre national d’entraînement à Milton, à l’ouest de Toronto.

Des exemples

On a en mémoire l’accident terrifiant qu’avait vécu Barrette en octobre 2015 à Cali, en Colombie. Soumis à l’effet de la vitesse, il avait été éjecté de la piste, survolé une balustrade et atterri inconscient dans les gradins.

Deux vertèbres et le nez fracturés, parmi les diagnostics, avaient ralenti sa sélection olympique, mais il s’était miraculeusement remis pour participer aux Jeux de Rio l’année suivante.

Une collision bête, la veille des championnats mondiaux d’il y a un an en Pologne, lui a rappelé les dangers qui guettent les pistards. Le Québécois évoque lui-même l’exemple de l’ex-championne mondiale et olympique, l’Allemande Kristina Vogel, devenue paraplégique après un accident au vélodrome de Cottbus en juin 2018.

« Ça remet tout en perspective. C’est pour ça qu’il faut que tu sois sûr à 100 %. Et moi, je n’y vais jamais à moitié. Sinon, je ne le ferais plus. Le jour où je ne serai plus confortable avec ce risque-là, je vais arrêter. La vie est belle et il y a autre chose à faire », dit-il.

Une bonne période

En vertu de son deuxième rang au classement final au keirin de la Coupe du monde et son titre de champion panaméricain dans cette épreuve, l’an dernier, Barrette a pratiquement assuré sa qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo. Les beaux moments de sa carrière compensent encore ses aléas.

« Mes performances sont encore bonnes, mais si elles étaient médiocres, c’est sûr que ce sujet serait devenu un enjeu dans ma vie… »


PEUT-ÊTRE UNE DERNIÈRE
Malgré les malchances qui ont éprouvé son corps, la réserve d’adrénaline n’a jamais été affectée chez Hugo Barrette. La dernière Coupe du monde de la saison, en fin de semaine à Milton, ravive son agitation de se produire à « la maison ».

Seule attraction dans la banlieue éloignée de Toronto, le vélodrome construit pour les Jeux panaméricains de 2015 a vu le natif des Îles-de-la-Madeleine y réussir de grands coups d’éclat.

Justement lors de ces « Panam », Barrette y avait remporté deux médailles d’or au sprint individuel et au sprint par équipe, et celle de bronze au keirin. Il avait également pris le deuxième rang du keirin lors d’une autre Coupe du monde, en octobre 2018.

« Les sensations d’une course, ça m’allume toujours et encore plus quand l’enjeu est élevé. Courir à la maison, devant tout le monde que j’aime, est un feeling super agréable dans une carrière », témoigne l’athlète de 28 ans.

Nouveau format

Cet événement des prochains jours s’avère le dernier de la Coupe du monde dans sa forme actuelle.

À compter de 2021, le nombre d’épreuves passera de six à trois et se déroulera d’avril à septembre plutôt que d’octobre à janvier, comme c’était le cas depuis plusieurs années. La dispersion à travers le monde et le trop grand nombre de ces compétitions ont amené l’Union cycliste internationale à adopter cette réforme.

Raison de plus pour Hugo Barrette d’y mettre toute la gomme.

« Je ne sais même pas si ça va revenir à Milton, alors je le prends comme si ce sera la dernière fois. »

LA UNE : PHOTO ALAIN BERGERON





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