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Publié le 27 juin 2020 | par Radio-Canada

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Prendre la difficile route des vacances des îles de la Madeleine


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Les Madelinots semblent divisés au sujet de l’ouverture des Îles aux vacanciers.

La saison touristique est officiellement commencée aux îles de la Madeleine avec l’arrivée du premier traversier amenant des touristes dans l’archipel vendredi soir. Les véhicules récréatifs se sont succédé sur le quai de Cap-aux-Meules sous le regard attentif de quelques dizaines de curieux venus assister à l’accostage.

On vient les accueillir, dit Jean-Charles Therriault. On est content qu’ils viennent. Je pense que pour les îles, c’est une bonne chose, surtout pour l’économie. Il ne faut pas rester assis sur la chaise berçante sur le perron à attendre que ça passe, explique-t-il.

Mais d’autres, comme François Leblanc, sont plus inquiets. Je ne suis pas contre le tourisme du tout, mais d’après moi, on pourrait avoir des surprises s’il y en a trop. Il peut y en avoir un peu, mais pas comme on a déjà vu, précise-t-il.

L’an passé, près de 70 000 personnes ont visité les îles de la Madeleine. Cette année, dans le contexte de la COVID-19, la santé publique a limité ce nombre à la moitié.

Un trajet exténuant

Les visiteurs n’ont pas la route facile et les premiers arrivés se rendent compte qu’il faut être déterminés pour embarquer sur le traversier qui assure la liaison entre Souris, à l’Île-du-Prince-Édouard, et Cap-aux-Meules, dans l’archipel québécois.

Les gouvernements du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard n’autorisent toujours pas les voyageurs québécois à faire escale dans leurs provinces.

Le trajet doit bien souvent se faire de nuit, explique une touriste de la région de Québec. On est parti à 23 h de Québec, c’est épuisant. Conduire aussi longtemps, ça n’a aucun sens. C’est bien plus dangereux que n’importe quelle autre chose, conclut-elle, visiblement exténuée à sa sortie du bateau.

Et puis il faut planifier le passage aux points de contrôle entre les provinces, raconte un père de famille de Val-David, dans les Laurentides. On est passé à 4 h du matin au Nouveau-Brunswick. Puis, à l’Île-du-Prince-Édouard, on est arrivé à 10 h et tout a bien été, on s’attendait à pire, lance-t-il, en affichant un sourire de soulagement.

Le maire veut se mettre dans la peau des touristes

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, dénonce pour sa part le manque de souplesse des gouvernements du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard.

On a vu des files d’attente à des postes de contrôle comme celles qu’on voit aux douanes américaines, […] là, on contrôle à outrance, dénonce-t-il.

Il a donc décidé de se mettre dans la peau d’un touriste et dimanche, il fera lui-même le trajet. Je pense qu’il n’y a pas de meilleur moyen que d’y aller pour bien comprendre les défis et les difficultés, voir comment ça se passe aux postes de contrôle, comment ça se passe la nuit sur la route, explique-t-il.

Certains nous rapportent que ça va bien, mais d’autres nous racontent des histoires rocambolesques d’agents de contrôle qui frisent l’absurde dans leurs exigences, alors je veux le voir moi-même et par la suite, je serai en mesure d’en parler en connaissance de cause, ajoute-t-il.

Ouvrir ou ne pas ouvrir?

Les touristes entrent donc au compte-goutte et ils se font rares dans les commerces.

Sur le site historique de la Grave à Havre-Aubert, certains propriétaires de boutiques ont décidé de ne pas ouvrir leurs portes cette année. D’autres attendent de voir comment va évoluer la situation avant de prendre une décision. Et ceux qui tendent la main aux touristes doivent faire des compromis.

Le Café de la Grave par exemple, qui a pignon sur rue depuis 40 ans aux îles de la Madeleine, a réduit ses heures d’ouverture. On est ouvert moins pour le reste de juin et même en juillet on ne va pas ouvrir tous les soirs, explique la propriétaire Marie-Claude Vigneault

L’été sera bien différent dans ce café généralement bondé qui a l’habitude de vibrer au rythme des musiciens qui se relaient pour animer l’endroit. Quand on a su qu’on pourrait avoir un musicien ça nous a fait un baume sur le cœur […], mais je pense qu’on va avoir 20 % de notre clientèle, alors qu’en plein été ici, on a l’habitude d’avoir des files dehors du matin au soir, dit Mme Vigneault.

Elle assure toutefois que les touristes qui franchiront la porte du café seront particulièrement bien accueillis cet été. Avec la situation de la route et du bateau, on sait que ça va en freiner, alors on sait que ceux qui vont venir, ils vont vraiment vouloir être là, il faudra en prendre soin, indique-t-elle.

LA UNE : L’an passé, près de 70 000 personnes ont visité les îles de la Madeleine. Cette année, dans le contexte de la COVID-19, la santé publique a limité ce nombre à la moitié. PHOTO : RADIO-CANADA / ISABELLE LAROSE





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