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Publié le 7 août 2020 | par Magazine les Îles

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Un paradis de sable et de dunes


Un article original publié dans

L’origine des Îles-de-la-Madeleine fait l’objet de discussions depuis la nuit des temps. Nous n’en connaissons que l’histoire moderne, celle qui a pris naissance avec Le Grand Dérangement de 1755. Mais comment aurait pu se former ce magnifique archipel qui continue de défier le temps et qui conserve, malgré les épreuves, un attrait indéfectible?

Certains spécialistes pensent qu’il pourrait s’agir des restes d’une ancienne chaîne volcanique. Une autre théorie avance que l’archipel serait la lointaine extrémité des Appalaches. Finalement, d’autres présument que ce sont des fragments de l’épicentre où aurait frappé une énorme météorite, dont le rebord méridional aurait été délimité par le détroit de Northumberland.

Lorsqu’on y regarde de plus près, toutefois, toutes les explications sont plausibles. Il y a les fameuses falaises formées de grès rouge et les roches lignées qui portent à croire que le territoire aurait été, au temps des dinosaures, soumis à de très fortes chaleurs.

Un phénomène alimente toutefois le mythe entourant les Îles, c’est la provenance des 300 km de plages de sable fin qui ceinturent l’archipel et qui font le délice des touristes, comme des insulaires. Le sable serait formé par l’érosion de ses falaises. Le grès ainsi détaché de la falaise serait lavé de son oxyde de fer par l’eau du golfe, ce qui lui confère ce blanc superbe.

D’ailleurs, c’est la présence de toutes ces dunes et de toutes ces plages qui a inspiré Jacques Cartier lorsqu’il a baptisé l’archipel Les Araynes, un mot dérivé du latin arena (sable). Si ce n’était de toutes ces plages, l’archipel serait composé d’une douzaine d’îles isolées et perdrait une partie de son attrait.

Un attrait pour les touristes

Les dunes et les plages des Îles de la Madeleine font désormais partie des endroits qui attirent plus particulièrement les touristes. Qui dit plages dit soleil, chaleur et eau cristalline. Les plages des Îles répondent à ces trois critères. Et, contrairement aux plages du continent, celles des Îles sont bercées par un climat extrêmement hospitalier.

Le climat est plus que propice à la baignade puisqu’il est considéré comme le plus tempéré du Québec. En été, la température de l’eau qui entoure l’archipel atteint facilement les 20 degrés. Les touristes qui ont déjà eu la chance de tâter l’eau de la Baie de Plaisance en savent quelque chose. Le temps est chaud, mais pas trop humide. Et on peut toujours trouver un endroit à l’abri du vent.

Il existe une plage ou une dune pour tous les goûts : des plages avec du sable à l’infini, ou encore un extraordinaire mélange de sable blanc et de falaises rouges jumelées au bleu de la mer. Les amateurs de marche peuvent arpenter le bord de la mer sur des dizaines de kilomètres, comme sur l’île de Grande-Entrée ou celle de Havre-Aubert. Une des randonnées donne au touriste l’impression de se retrouver au bout du monde!

Plus au nord, les amateurs de sports nautiques en ont pour leurs émotions. Considérant que les Îles-de-la-Madeleine sont connues pour être balayées par de fortes rafales de vent tout au long de l’année, pas surprenant de constater que les amateurs de kitesurf, de kayak de mer ou de planche à voile se retrouvent en grand nombre. La tribu des Micmacs, un peuple de pêcheurs, venait régulièrement pêcher ou chasser le phoque sur les Îles et cela, bien avant l’arrivée des premiers explorateurs français. Ils les avaient baptisées « Îles balayées par la vague ».

Une visibilité planétaire

Les plages des Îles de la Madeleine figurent régulièrement dans les palmarès des plus belles plages au Québec et même à l’extérieur de nos frontières. Les guides touristiques les plus prestigieux, les magazines les plus lus et les médias les plus consultés ont tous, à une époque ou une autre, fait l’éloge des plages de l’archipel. Le National Geographic a classé la Grande Échouerie parmi les plus belles plages au monde.

Ces étendues de sable à perte de vue fouettent l’imaginaire. Chacune d’elles est unique et dessine, à sa façon, une parcelle des Îles. La Grande Échouerie qui s’étend à perte de vue, la Dune du Sud qui donne accès à 22 km de sable fin, de grottes et de falaises de grès rouge, Sandy Hook, la Dune du Nord, la plage du Corfu, la plage de la Martinique, autant de noms pittoresques qui laissent présager aux touristes un séjour inoubliable.

Avec 300 kilomètres de plages, il va sans dire que le touriste pourra soit camper, soit louer un chalet ou une chambre avec vue, ou donnant directement sur l’une d’entre elles. Le dépaysement est total. Rien que le fait de quitter le continent pour séjourner sur l’archipel constitue une expérience en soi. Vivre en bordure d’une de ces plages accentue encore davantage l’impression d’être ailleurs qu’au Québec.

Un trésor menacé

Mais ce trésor est mis à mal par le climat particulier qui prévaut dans le golfe du Saint-Laurent. Les changements climatiques font en sorte que les tempêtes sont de plus en plus dévastatrices. À chaque événement, les forts vents génèrent des vagues immenses qui viennent gruger un peu de sable à chacun de leurs passages. Et ce n’est pas le seul phénomène inquiétant. Dans les années à venir, les Îles pourraient perdre en moyenne jusqu’à 60 cm de berges par année en raison de l’absence de la couverture de glaces

Les autorités se préparent à réaliser d’importantes opérations de recharge de plages. Le premier site visé se situe à Pointe-aux-Loups. Pour mener à bien cet ambitieux projet, il faudra prélever du sable dans le chenal de Grande-Entrée afin de reconstruire la plage. Il va sans dire que ces opérations de dragage et de reconstruction de plages se feront sous la surveillance assidue des autorités gouvernementales qui vont les soumettre à des analyses environnementales.

La fondation de l’archipel est solide, bien ancrée dans le roc. Ses dunes et ses plages sont soumis aux mouvements des vagues et du vent qui en changent la physionomie. L’activité humaine va avoir un impact sur la survie des dunes et des plages au cours des prochains siècles. Il est de plus en plus important, voire primordial, que les insulaires, d’abord, et les touristes ensuite soient bien informés et sensibilisés sur les impacts d’une surutilisation de la ressource.

Les Européens de passage disent que les Îles-de-la-Madeleine ont un petit air d’Islande, la chaleur de l’Irlande et une atmosphère qui rappelle un peu la Bretagne. Ils sont également d’avis qu’elles sont une destination inclassable. Parions que c’est principalement en raison du sable. Peu de destinations touristiques peuvent se vanter d’avoir une si forte concentration de plages dans une si petite superficie. Et, pour les touristes de passage, il est possible d’avoir toute une plage pour eux seuls. Peu d’endroits sur la planète peuvent avoir cette prétention.

PAR ROBERT SAVARD
Source : Magazine LES ÎLES





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