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Publié le 14 novembre 2020 | par Journal de Montréal

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Un visionnaire à l’assaut des huîtres


Un article original de

Il y a maintenant une décennie, Christian Vigneau, un pêcheur des îles de la Madeleine, est devenu le premier cultivateur d’huîtres au Québec. Depuis, il en produit des centaines de tonnes par année et il a sans contredit taillé sa place dans l’industrie.

«Ça a été une très bonne décision de notre part, car aujourd’hui, l’huître, c’est plus de 90% de notre revenu principal», lance M. Vigneau.

Lors de la fondation de l’entreprise en 2007, La Moule du large était spécialisée dans la cultivation [sic] des moules, vous l’aurez deviné. Propriétaires d’un site de 183 hectares aux îles de la Madeleine, M. Vigneau et sa partenaire d’affaires, la biologiste Denyse Hébert, ont réalisé qu’ils avaient tout ce qu’ils leur fallaient pour cultiver un autre type de mollusque: l’huître.

«C’était pour diversifier notre source de revenus, explique le pêcheur. On était seulement dans l’élevage des moules et c’était assez compliqué de faire de l’argent, c’était plus ou moins rentable. L’huître était une très belle avenue parce qu’on avait les infrastructures et il y avait un bel engouement pour ce produit.»

LONG PROCESSUS
En 2010, ils ont donc cultivé leurs premières huîtres. Or, la cultivation [sic] des huîtres est un très long processus qui peut prendre jusqu’à cinq ans dans certains cas. L’huître est peut-être plus payante que les moules, mais le travail est nettement plus long.

«À partir du point zéro jusqu’à la consommation, ça prend de trois à cinq années, selon la grosseur, et chaque huître est visitée trois fois par année pour les classer selon leur taille et pour les nettoyer, explique M. Vigneau. Quand on regarde ça, le produit n’est pas cher pour tout le travail qui est fait.»

Ce n’est donc que trois ans plus tard, en 2013, que La Moule du large a pu rendre ses huîtres disponibles au grand public. Élevée en eau profonde et froide, l’huître se démarque alors en ne devenant pas laiteuse et en étant de consistance égale à l’année. Le défi était alors de trouver des tablettes où étaler ces huîtres québécoises.

«C’est certain qu’il n’y avait pas de tablettes qui m’attendaient dans les supermarchés et c’était la même chose en restauration, raconte M. Vigneau. On a réussi à se faire une place d’année en année et on a fini par prendre notre part de marché.»

EN PLEINE CROISSANCE
Et l’engouement n’a pas ralenti du tout depuis, au contraire. En 2014, l’entreprise produisait plus de 150 tonnes d’huîtres, mais aujourd’hui, le pêcheur préfère ne pas divulguer ses chiffres.

«On est rendus avec un bon volume… on ne dira pas le nombre exact, mais disons qu’on a augmenté à chaque année et on a encore des plans de croissances.»

Aujourd’hui, La Moule du large exporte ses huîtres partout au Québec, autant dans les restaurants, les épiceries, que les poissonneries. Puis à en croire M. Vigneau, la progression n’est pas terminée.

«Il y a encore une grosse partie de la population qui a peur de consommer des huîtres, mais après y avoir goûté la première fois, on peut devenir dépendant», conclut-il.

PAR NICOLAS A. MARTINEAU
LA UNE : Christian Vigneau, un pêcheur des Îles de la Madeleine, est devenu le premier cultivateur d’huîtres au Québec





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