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Publié le 8 août 2022 | par Radio-Canada

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Aide aux pêcheurs pélagiques : une rencontre avec Diane Lebouthillier sans aucune garantie


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Le Regroupement des pêcheurs pélagiques professionnels du sud de la Gaspésie a finalement rencontré la députée fédérale de Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine, sans toutefois obtenir de garantie quant à l’octroi d’une aide financière. Le représentant des pêcheurs pélagiques s’inquiète de la « détresse psychologique » vécue par certains d’entre eux.

Le président du Regroupement, Ghislain Collin, estime que la rencontre qui s’est déroulée le 27 juillet à Sainte-Anne-des-Monts a permis de sensibiliser la députée et ministre fédérale Diane Lebouthillier à la réalité des pêcheurs pélagiques.

Selon M. Collin, au moins cinq pêcheurs de son regroupement n’ont actuellement aucun revenu à la suite de la suspension de la pêche au hareng de printemps et de maquereau annoncé le 30 mars par Pêches et Océans Canada.

On a pu s’asseoir avec la ministre Lebouthillier, on a eu une belle conversation constructive, on s’est bien entendus. Il y aura peut-être des développements futurs, mais comme c’est là, il n’y a encore rien de concret sur la table, déplore M. Collin.

Depuis mars, les pêcheurs ont maintes fois lancé des appels à l’aide au gouvernement fédéral pour obtenir un soutien financier.

« Mme Lebouthillier nous a dit qu’elle allait avoir des rencontres au mois d’août et qu’elle allait nous inviter à la table. Il y a eu au moins l’ouverture d’un dialogue, mais on n’a aucune confirmation d’aide. » — Une citation de  Ghislain Collin, président du Regroupement des pêcheurs pélagiques professionnels du sud de la Gaspésie

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M. Collin affirme tout de même qu’il a pu profiter de la rencontre pour expliquer à la députée fédérale que les rachats de certains permis de pêche au homard visant à rationaliser l’effort de pêche ont créé, dans les dernières décennies, une catégorie de pêcheurs orphelins dont les revenus reposent essentiellement sur le maquereau et le hareng.

Je lui ai expliqué pourquoi ces pêcheurs-là sont en difficulté et pourquoi le gouvernement fédéral devrait aider ces pêcheurs-là et les prendre en considération, affirme Ghislain Collin.

Détresse psychologique

M. Collin est grandement préoccupé par l’état psychologique de certains pêcheurs qu’il représente.

C’est sûr que j’ai des pêcheurs en détresse psychologique, ils sont au bout du rouleau, explique le représentant des pêcheurs pélagiques, la voix cassée par l’émotion. Ils ne voient pas d’avenir, ils sont sur le respirateur, ils sont fatigués de se battre.

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Ils perdent leur entreprise, ils perdent leur vie, ces gars-là, poursuit M. Collin. Ils n’ont plus d’argent pour payer leur bateau, ils ont perdu leur équipage, c’est une détresse maximale. Ces gars-là ont travaillé dans la pêche et n’ont rien fait d’autre. La pêche, c’est toute leur vie.

Le président du Regroupement affirme qu’une quinzaine de pêcheurs qu’il représente font face à de sérieuses difficultés, bien que les plus jeunes aient pu être embauchés par d’autres équipages.

Ils ont quand même des entreprises qu’ils sont en train de perdre et ils doivent faire des paiements, explique M. Collin. Quant aux pêcheurs plus âgés, ils n’ont plus aucun revenu. Quand t’as 65 ans, ce n’est pas évident de te faire embaucher pour la pêche au crabe.

Soutien de Québec : silence radio

Par ailleurs, Ghislain Collin affirme que Québec, à l’instar d’Ottawa, n’a pas encore mis en place des mesures concrètes pour aider les membres de son regroupement.

Le 20 juin, le ministre des Pêcheries, André Lamontagne, s’était rendu à Paspébiac pour rencontrer les pêcheurs pélagiques. Il s’était alors engagé à les épauler, bien qu’il considérait qu’il était de la responsabilité d’Ottawa d’offrir des compensations.

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Présentement, c’est silence radio, je les laisse travailler, mais j’ai hâte qu’ils reviennent avec quelque chose. Mais là, les élections s’en viennent et tout semble sur pause, mentionne M. Collin.

Radio-Canada était en attente d’une réponse de Pêches et Océans Canada et du ministère québécois de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Pêcheries au moment de publier ce texte.

LA UNE : Une quinzaine de pêcheurs gaspésiens tiraient la majorité de leurs revenus de la pêche au maquereau et au hareng de printemps avant la suspension de ces pêcheries au printemps (archives). PHOTO : OFFERT PAR : FISHERMEN HELPING KIDS WITH CANCER

PAR Isabelle Larose





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