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Publié le 21 novembre 2022 | par Radio-Canada

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Galle verruqueuse : les conséquences se font toujours sentir un an plus tard


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Les producteurs de pommes de terre de l’Île-du-Prince-Édouard ressentent toujours les conséquences de la suspension des exportations aux États-Unis un an plus tard.

Le gouvernement fédéral a annoncé la suspension le 21 novembre 2021 parce que la galle verruqueuse de la pomme de terre a été détectée dans deux champs de la province.

La ministre de l’Agriculture du Canada, Marie-Claude Bibeau, a expliqué à ce moment qu’il s’agissait d’une mesure de précaution parce que les États-Unis menaçaient d’interdire eux-mêmes l’importation de pommes de terre et qu’il aurait été plus difficile dans un tel cas de rétablir ce commerce.

L’exportation aux États-Unis des pommes de terre de consommation de l’Île-du-Prince-Édouard a été permise à nouveau le 1er avril dernier, mais la vente des pommes de terre de semence de la province à l’extérieur de cette dernière demeure interdite.

Les agriculteurs ont perdu des ventes de 50 millions de dollars, estime l’Office des pommes de terre de l’Île-du-Prince-Édouard. Environ 136 millions de kilogrammes de patates invendues ont été déchiquetées ou ont servi à nourrir le bétail plutôt que les humains.

La galle verruqueuse est un champignon qui défigure les pommes de terre et réduit le rendement des champs, mais elle ne menace pas la santé humaine.

Un impact dévastateur

C’était dévastateur pour nous. Nous dépendons beaucoup du marché américain. Nous faisons 25 % de nos affaires directement aux États-Unis, affirme Andrew Smith, de la ferme Smith, à Newton.

La ferme familiale n’a pu respecter son contrat conclu avec une entreprise américaine et elle a perdu ce client, explique M. Smith. Le client n’avait aucune garantie que la situation n’allait pas se reproduire et il ne pouvait pas courir ce risque.

M. Smith se désole d’avoir perdu ce client avec lequel sa ferme faisait affaire depuis 12 ans. La pilule, dit-il, est difficile à avaler quand on n’exerce aucun contrôle sur la situation.

Sa famille s’est résignée à déchiqueter plus de 2,7 millions de kilogrammes de pommes de terre invendues en raison de la suspension des exportations.

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Andrew Smith souhaite certains changements à l’Agence canadienne d’inspection des aliments en matière de lutte contre la galle verruqueuse. Il dit avoir l’impression que ses dirigeants ne comprennent pas la situation des agriculteurs.

Je crois que nous devrions vérifier comment d’autres régions du monde agissent quand elles ont ce problème, et voir si ce qui marche pour elles peut marcher ici, affirme l’agriculture.

Il espère qu’il pourra à nouveau vendre ses pommes de terre aux États-Unis un jour.

Des entrepôts sont encore pleins

Alex Docherty, de la ferme Skye View à Elmwood, affirme que ses entrepôts sont pleins de pommes de terre de semence récoltées cet automne. Il ne peut toujours pas les vendre à l’extérieur de l’Île-du-Prince-Édouard.

M. Docherty dit craindre que l’interdiction se poursuive. La situation est frustrante, souligne-t-il, parce qu’il ne sait pas que dire à ses clients à l’extérieur, notamment de l’Ontario, qui lui demandent à quel moment ils pourront faire à nouveau des commandes.

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Le plus désolant pour sa famille était le déchiquetage de pommes de terre. C’est inoubliable. J’espère que je ne reverrai jamais cela, souligne M. Docherty.

Il dit que certaines personnes devraient avoir honte d’avoir laissé cela se produire.

Un tour de montagnes russes

John Visser était président de l’Office des pommes de terre de l’Île-du-Prince-Édouard l’an dernier lorsque les autorités fédérales ont annoncé la suspension des exportations aux États-Unis.

Il compare les douze derniers mois à un tour de montagnes russes dont les conséquences se font toujours sentir.

Des générations d’agriculteurs ont travaillé fort pour approvisionner les marchés américains en pommes de terre de semence, mais ces marchés ont disparu d’un simple trait de plume, dit-il. Il faudra beaucoup de travail et de bonnes communications pour récupérer ces marchés.

Dans certains cas, selon M. Visser, ce sera impossible parce que les acheteurs ont dû conclure des ententes avec d’autres fournisseurs ou parce qu’ils craignent une nouvelle suspension à l’avenir.

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John Visser ajoute qu’il n’a pas entendu parler de fermes qui auraient fait faillite, mais il dit connaître quelques agriculteurs qui ont quitté le métier. Il croit que la galle verruqueuse était l’un des facteurs qui les ont menés à prendre cette décision.

Il craint lui aussi la possibilité de nouvelles suspensions à l’avenir. Si les gens ne communiquent pas bien et si des pressions politiques de l’extérieur sont exercées, des forces qui échappent à notre contrôle, tout est possible, dit-il.

J’espère que les gens comprendront que nous avons un bon plan et que nos pommes de terre de semence sont sécuritaires, conclut John Visser.

La UNE : Des producteurs de l’Île-du-Prince-Édouard ont détruit en février 2022 environ 136 millions de kilogrammes de pommes de terre qu’ils n’ont pu vendre, en raison de la suspension des exportations aux États-Unis. PHOTO : GRACIEUSETÉ : ALEX DOCHERTY
PAR Radio-Canada d’après un reportage de Nancy Russell, de CBC.





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