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Publié le 20 janvier 2023 | par Radio-Canada

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Le niveau de littératie s’améliore en Gaspésie et aux Îles


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Une nouvelle étude de la Fondation pour l’alphabétisation conclut que le niveau de littératie des Gaspésiens âgés entre 16 et 65 ans s’est amélioré de 1,1 % entre 2016 et 2021 tandis que celui des Madelinots a progressé de 0,8 %.

La région de la Gaspésie–les-Îles-de-la-Madeleine se classe ainsi parmi les pires de la province en littératie devant la Côte-Nord, qui la talonne de près, et le Nord-du-Québec, la seule région où plus de 60 % de la population n’atteint pas le niveau 3 du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA).

En Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, 58,3 % de la population a des difficultés à comprendre des textes plus longs et denses, puis à en interpréter correctement le sens, ou encore à effectuer des liens adéquats entre les différentes idées qu’il contient.

Parmi les MRC du territoire, c’est celle de la Haute-Gaspésie qui progresse le plus en littératie avec une hausse de 2 % de son indice. La MRC de la Côte-de-Gaspé devient celle avec le meilleur bilan en littératie de la région avec une progression de 1,5 % de son indice, avec un taux de 55,9 % de la population qui n’atteint pas les seuils nécessaires.

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Cette étude réalisée par la Fondation pour l’alphabétisation évalue le niveau de littératie en prenant comme mesure de comparaison une échelle de cinq niveaux. Le cinquième représente la compétence la plus élevée et implique la capacité de comprendre des textes scientifiques. Le premier niveau est le moins élevé.

Selon le PEICA, avoir un niveau 3 en littératie permet aux citoyens d’avoir la capacité de comprendre, d’évaluer, d’utiliser et d’analyser des textes écrits pour participer à la société, atteindre leurs objectifs, perfectionner leurs connaissances et développer leur potentiel.

L’alphabétisation, plus difficile en région

André Huberdeau, le président de la Fondation pour l’alphabétisation, explique ces pourcentages dans la région par la population vieillissanteLes personnes âgées de 65 ans et plus n’ont peut-être pas toutes eu les mêmes accès aux niveaux d’éducation très élevés disponibles aujourd’hui, affirme-t-il.

Le président de la Fondation pour l’alphabétisation souligne également que les régions présentent généralement de moins bons résultats que les grands centres urbains en raison, par exemple, du type d’emploi disponible en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

Une région où il y a beaucoup de mines, de pêche et de tourisme, n’a pas nécessairement besoin d’une main-d’œuvre avec de grandes compétences en littératie, précise-t-il.

En effet, l’étude constate que la cadence de rattrapage de plusieurs régions est moins rapide que prévu et est nettement insuffisante pour suivre le rythme de la progression montréalaise et de ses périphéries.

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Sinon, Maude Dufresne, la directrice du centre d’alphabétisation le Pouvoir des mots, à Gaspé, explique ce bilan sur la péninsule et l’archipel madelinot par la pénurie de main-d’œuvre qui limite la croissance du profil scolaire de plusieurs MRC puisqu’elle entraîne une entrée précoce des habitants sur le marché du travail.

Pour pallier la pénurie de main-d’œuvre, les employeurs offrent des conditions de travail et des salaires alléchants pour les jeunes, surtout pour ceux qui ont peut-être un peu plus de difficultés à l’école, illustre-t-elle.

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Plusieurs pistes d’actions sont sur la table pour hausser les taux de littératie en région, comme miser davantage sur la formation continue en milieu de travail.

Richard Duguay, conseiller en formation continue au centre de services scolaire René-Lévesque, constate toutefois que les demandes de formation en numérique demeurent les plus présentes plutôt que celles en français. Les entreprises s’informatisent de plus en plus et nécessitent donc un personnel qualifié pour manipuler de nombreux nouveaux logiciels, observe-t-il.

D’autant plus qu’il remarque que parfois les entreprises manquent de volonté pour offrir des formations à leurs employés en raison de la pénurie de main-d’œuvre, c’est-à-dire par crainte de perdre en efficacité si les employés suivent des formations. Ce n’est pas une question de budget puisque les cours que nous offrons sont largement remboursés par des subventions , fait valoir Richard Duguay.

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Une étude comparative entre l’Ontario et le Québec au niveau des compétences en littératie, réalisée il y a quelques années par la Fondation pour l’alphabétisation, révèle que le Québec pourrait tirer 4,9 milliards de dollars par année sur son PIB grâce à une meilleure performance de la population au niveau des emplois, du revenu et de l’implication sociale si le Québec atteignait les chiffres de l’Ontario.

LA UNE : Selon André Huberdeau, président de la Fondation pour l’alphabétisation responsable de l’étude, l’alphabétisation est un problème peu reconnu. (Photo d’archives). PHOTO : ISTOCK
PAR Guillaume Whalen





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