Actualité Capture d’écran, le 2023-05-18 à 12.43.24

Publié le 18 mai 2023 | par Radio-Canada

0

Et si la morue revenait dans le golfe?


Pour en savoir plus

Une des plus importantes cohortes de morue des 30 dernières années est née en 2018 dans les eaux du nord du golfe. Ces morues qui ont maintenant quatre ans redonnent de l’espoir aux chercheurs sur le rétablissement de la population.

En février dernier, les scientifiques de Pêches et Océans Canada ont procédé à l’évaluation des stocks de la morue du nord du golfe.

La population est toujours considérée comme étant dans la zone critique, soit une population affaiblie qui peine à se régénérer. Le stock est à 60 % du point de référence entre cette zone dite critique et la zone dite de prudence par Pêches et Océans Canada.

Il y a toutefois du progrès. Présentement, on a de belles perspectives, rapporte Hugues Benoît, chercheur scientifique à l’institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans Canada.

Capture d’écran, le 2023-05-18 à 12.43.37

Ces nouvelles perspectives prennent la forme d’une cohorte, née en 2018, qui est maintenant âgée de quatre ans. Cette cohorte, qu’on observe depuis plusieurs années, semble être la plus grosse depuis le début des années 1990, souligne le biologiste de Pêches et Océans Canada.

Ces jeunes morues commencent à entrer maintenant dans la biomasse reproductrice, ce qui est aussi un autre bon signe pour le rétablissement de la morue.

Les biologistes observent que le stock a tendance à avoir un meilleur recrutement dans des cycles d’environ huit à dix ans. Cette année-là, on s’est retrouvé dans un pic de recrutement. Pourquoi c’était particulièrement bon? On n’a pas encore étudié les raisons, commente M. Benoît.

Le recrutement de 2019 et 2020 a été plutôt dans la moyenne observée depuis les années 1990.

Seule ombre au tableau : le taux de mortalité des morues adultes demeure très élevé, ce qui demeure un frein à la croissance de la population.

Mortalité des morues adultes

Le scientifique Hugues Benoît note que la pêche commerciale déclarée reste réduite. L’an dernier, la pêche dirigée a été complètement fermée et seules 1000 tonnes ont été consenties à la pêche commerciale dans le nord du golfe en 2021-2022.

La fermeture de la pêche pourra aider la population à se reconstituer, selon le chercheur. S’il n’y avait pas eu de pêche depuis les années 1990, il y a plusieurs années où le stock aurait pu croître, la tendance aurait été au rétablissement.

Les chercheurs se sont donc penchés sur la mortalité naturelle qui englobe entre autres les maladies, la prédation, mais aussi la pêche. Une partie de la pêche, explique M. Benoît, n’est pas calculée.

C’est le cas de la pêche récréative ou des pêches accidentelles réalisées par d’autres flottilles commerciales, notamment celle du flétan de l’Atlantique.

Capture d’écran, le 2023-05-18 à 12.43.54

Hugues Benoît explique que les poissons vont se prendre dans des engins fixes comme la palangre sans être nécessairement remontés à la surface. Parfois ces poissons tombent des filets, qui mouillent pendant plusieurs heures voire plusieurs jours ou sont emportés par des prédateurs. C’est un prélèvement dû à la pêche, mais qui n’est pas calculé, relève le biologiste.

Ce dernier avance qu’il pourrait y avoir aussi une partie de pêche non déclarée par les pêcheurs commerciaux.

Et la prédation?

La revue de l’information disponible sur la prédation par les phoques ne démontre pas une incidence importante dans le nord du golfe comme c’est le cas, par exemple, dans le sud du golfe. Au sud, la prédation du phoque gris a été identifiée comme étant la cause directe du déclin de la morue et d’autres populations de poissons de fond.

Au nord, le phoque gris est beaucoup moins présent. On a, commente Hugues Benoît, encore besoin d’améliorer nos connaissances sur les causes de la mortalité adulte élevée qu’on observe présentement et qui semble freiner le rétablissement, mais ça ne semble pas être un problème de prédation par les phoques.

Capture d’écran, le 2023-05-18 à 12.44.05

De plus, les conditions de glace dans le golfe, ces dernières années, n’ont pas favorisé la présence du phoque du Groenland au nord du golfe. Et ce n’est peut-être pas non plus un prédateur si important de la morue de par son choix de régime alimentaire.

Avec la nouvelle Loi sur les pêches, la population de morue fait partie des stocks qui devront faire l’objet d’un plan de rétablissement par le ministère des Pêches et des Océans. Ce plan est en cours d’élaboration et devra être adopté d’ici avril 2024.

LA UNE : La morue de l’Atlantique, aussi appelée morue franche ou morue commune. PHOTO : AP / ROBERT F. BUKATY
PAR Joane Bérubé





Les commentaires sont fermées.

Retour vers le haut ↑

X