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Publié le 22 février 2017 | par Radio-Canada

Niveau des océans : l’Est du Québec parmi les régions les plus touchées dans le monde


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Conséquence des changements climatiques, le niveau des océans continuera de grimper au cours des prochaines décennies. Toutefois, l’eau montera davantage dans certaines régions du monde, et l’Est du Québec devrait connaître l’une des plus fortes hausses de la planète.

C’est le constat que dresse Ursule Boyer-Villemaire, chercheuse indépendante en environnement et changements climatiques, à partir de données publiées en janvier 2017 par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l’agence américaine qui étudie le climat et les océans.

Les scientifiques prévoient que le niveau des eaux dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent devrait monter d’au moins 50 centimètres, et possiblement jusqu’à 3 mètres, d’ici 2100. C’est davantage que la hausse moyenne appréhendée sur l’ensemble de la planète, qui devrait se situer entre 30 centimètres et 2,5 mètres.

«On est dans un foyer mondial anticipé de rehaussement du niveau marin.» – Ursule Boyer-Villemaire, consultante et chercheuse indépendante en environnement et changements climatiques

Deux phénomènes simultanés expliquent pourquoi l’Est du Québec fera partie des régions du monde qui seront le plus touchées par la hausse du niveau des océans.

« D’un côté, on est particulièrement affectés par la hausse de l’épaisseur d’eau, parce qu’on est près des courants comme le Gulf Stream, qui est appelé à changer sa trajectoire. En plus de ce changement dans l’épaisseur d’eau, notre continent s’enfonce, en raison de l’ajustement isostatique, qui est une conséquence de la déglaciation », explique Mme Boyer-Villemaire.

L'érosion des berges du secteur Clarke, à Sept-Îles, à la suite de la tempête du 30 décembre 2016

L’érosion des berges du secteur Clarke, à Sept-Îles, à la suite de la tempête du 30 décembre 2016 Photo : Radio-Canada/Marika Wheeler

Chiffrer les impacts de l’érosion des berges

Citant une étude réalisée en 2015 par Ouranos et l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), Mme Boyer-Villemaire explique que l’érosion des berges va entraîner des pertes de 1,5 milliard de dollars d’ici 2065.


Pertes liées à l’érosion côtière

  • Terrains perdus : 15,5 millions $
  • Bâtiments touchés : 732 millions $
  • Infrastructures de transport touchées : 776 millions $
  • Total : 1,5 milliard $ (dollars de 2012)

Source : UQAR et Ouranos


 

Des experts de la Chaire de recherche en géoscience côtière de l’UQAR ont calculé le déplacement moyen de la ligne de côte. Ces données indiquent que la Côte-Nord perd, en moyenne, 63 centimètres de terrain chaque année le long de la côte. Cette perte moyenne annuelle est de 30 centimètres en Gaspésie, 73 centimètres aux Îles-de-la-Madeleine, et 39 centimètres au Bas-Saint-Laurent.

Des experts de la Chaire de recherche en géoscience côtière de l’UQAR ont calculé le déplacement moyen de la ligne de côte. Ces données indiquent que la Côte-Nord perd, en moyenne, 63 centimètres de terrain chaque année le long de la côte. Cette perte moyenne annuelle est de 30 centimètres en Gaspésie, 73 centimètres aux Îles-de-la-Madeleine, et 39 centimètres au Bas-Saint-Laurent. Photo : Radio-Canada

400 000 personnes touchées dans l’Est du Québec

Mme Boyer-Villemaire rappelle que quelque 400 000 personnes vivent à moins de cinq kilomètres de la côte dans l’Est du Québec. Selon elle, ces citoyens seront touchés directement ou indirectement par l’érosion des berges au cours des 50 prochaines années.

« Il y en a une partie qui habite tout près de la côte. Les autres vont être touchés indirectement, parce qu’ils empruntent le réseau de transport pour aller travailler [ou] parce que leur activité économique dépend de l’état de la côte », souligne-t-elle.

La chercheuse a tenu ces propos dans le cadre d’une conférence à Ottawa, à l’invitation du Plan d’action Saint-Laurent, une initiative conjointe des gouvernements provincial et fédéral.

Un texte d’Ariane Perron-Langlois
LA UNE : Marée haute lors des tempêtes de janvier dans le bas du fleuve Photo : Radio-Canada/Simon Turcotte

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