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Publié le 10 octobre 2017 | par Radio-Canada

Hémodialyse : les Îles en attente d’une réponse


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Le Centre intégré de santé et de services sociaux des Îles-de-la-Madeleine a déposé une demande pour offrir le service d’hémodialyse dans l’archipel.

Le dossier est présentement en analyse au ministère de la Santé et des Services sociaux confirme le député Germain Chevarie. Une réponse est attendue dans les prochains mois.

Présentement, les Madelinots qui doivent avoir recours aux services d’hémodialyse doivent quitter l’archipel et déménager à Québec, en Gaspésie ou à Rimouski.

Thomas Langford doit suivre des traitements d'hémodialyse plusieurs fois par semaine ce qu'il l'empêche de retourner chez lui.

Thomas Langford doit suivre des traitements d’hémodialyse plusieurs fois par semaine ce qu’il l’empêche de retourner chez lui. Photo : Radio-Canada

Thomas Langford, 72 ans, fait partie de ces Madelinots qui ont dû s’exiler pour obtenir leur traitement d’hémodialyse. Il vit à Rimouski depuis trois mois, dans une résidence pour personnes âgées. Auparavant, il a aussi été soigné trois mois à Québec.

Récemment, il a écrit une lettre d’opinion dans le journal Le Radar pour décrire sa situation d’exilé médical. M. Langford qui doit recevoir plusieurs traitements par semaine ne peut plus retourner chez lui.

«J’en suis à un point où je réfléchis à mon avenir, décider de mettre fin à mes jours parce que sans dialyse il ne me reste que quatre à cinq jours à vivre.» – Extrait de la lettre ouverte de Thomas Langford

Il s’inquiète aussi pour son frère, resté aux Îles, atteint de la même maladie que lui et qui vient d’être hospitalisé. Il s’ennuie aussi de toute sa parenté de Grande-Entrée. « Je ne pensais jamais quitter les Îles dans ma vieillesse », lance M. Langford qui passera le temps des fêtes loin des siens.

En attente d’une réponse

Le député libéral des Îles-de-la-Madeleine à l’Assemblée nationale, Germain Chevarie se fait rassurant. Le dossier chemine, dit-il. Il indique que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en a d’ailleurs discuté avec la direction du CISSS lors de sa venue aux Îles en 2015. Le ministre a alors invité le CISSS à vérifier si les patients étaient assez nombreux pour offrir le service.

Tel est effectivement le cas et la demande officielle a été déposée il y a quelques mois.

Le député rappelle toutefois qu’une telle demande avait été déposée, acceptée et financée en 2012. « Avec le docteur Bolduc, on avait obtenu un budget de plus de 1 million de dollars et ce que j’en ai compris, le budget avait été affecté à d’autres priorités », commente M. Chevarie qui promet cette fois d’être vigilant et d’assurer le suivi du dossier.

Le député estime qu’il est raisonnable de penser que le service pourrait être disponible pour les Madelinots en 2018.

Des soins qui ont déjà été offerts

Hôpital des Îles

Hôpital des Îles   Photo : Jean-François Deschênes

Ancien directeur de l’hôpital des Îles, Germain Chevarie confirme d’ailleurs que le service d’hémodialyse était disponible aux Îles avant 2008.

« Ce n’était pas dans le cadre d’un service officiel, mais on avait une entente de partenariat sur le plan du service à domicile. Il y a eu également des expériences d’hémodialyse à domicile avec des ententes avec l’Hôtel-Dieu », indique M. Chevarie.

Au Cabinet du ministre de la Santé, la porte-parole du ministre, Julie White refuse de s’avancer sur la demande déposée par le CISSS des Îles.

«Nous travaillons afin d’améliorer la couverture en hémodialyse à travers la province, nous comprenons les difficultés vécues par les gens qui doivent suivre ce genre de traitement. Comme dans toutes les régions, il doit y avoir une analyse complète des besoins avant d’autoriser des projets.» – Julie White, directrice de Cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette

Thomas Langford se fait ironique quant aux décisions du ministre « ça va être des élections bientôt, en 2018 », mais il ne peut s’empêcher de rêver qu’il retournera bientôt chez lui. « Si ce n’est pas de l’espoir, tu es fini, dit-il, si tu te décourages, tu es fait. »

 

Un texte de Joane Bérubé avec la collaboration de Michel-Félix Tremblay

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