Vivre sa transsexualité en région

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Plusieurs croient qu’il est plus difficile de vivre sa différence en région plutôt qu’en ville. Aux yeux d’Élise Cornellier Bernier, copropriétaire de la microbrasserie À l’abri de la Tempête, aux Îles-de-la-Madeleine, c’est un préjugé. Il y a un an, elle s’appelait Jean-Sébastien.

 Voir le reportage de Michel-Félix Tremblay

À ses yeux, sa nouvelle réalité est la même à l’Étang-du-Nord qu’au coin des rues Ontario et Panet à Montréal.

«Quand je vais en ville, tout le monde me dit « Ah mon Dieu! Ça doit être difficile! » Les gens ont ce préjugé-là envers les régions. Honnêtement, on est en 2016 et ça paraît. Les Madelinots n’échappent pas à ça… et ça se passe super bien.» – Élise Cornellier Bernier

« J’ai été dans mon corps d’homme trop longtemps », dit-elle. Elle se rappelle avoir ressenti beaucoup de crainte au moment d’annoncer la nouvelle à son entourage.

« On pense que les gens vont réagir plus fortement que nous. Mais finalement, c’est le contraire. Je leur ai dit : « Je suis ça et j’ai le goût d’être heureuse. » À partir de ce moment, tout le monde a dit : « Bienvenue Élise! » »

«Les plus gros murs, c’est nous qui les avons.» – Élise Cornellier Bernier

Elise-Cornellier-Bernier est copropriétaire de la microbrasserie À l'abri de la Tempête, aux Îles-de-la-Madeleine
Elise-Cornellier-Bernier est copropriétaire de la microbrasserie À l’abri de la Tempête, aux Îles-de-la-Madeleine   PHOTO : ICI RADIO-CANADA/WILLIAM BASTILLE DENIS

Quand Élise a commencé à prendre des hormones et des bloqueurs de testostérone, elle dit avoir ressenti une grande paix. « Tout a changé, mentionne-t-elle. La pression, l’agressivité en moi est tombée. »

Élise vit son début de quarantaine comme jamais elle ne l’avait imaginé.

«Je n’ai pas fait de tentatives de suicide et tant mieux! Je vis les plus beaux moments de ma vie maintenant. J’en profite et je trouve ça génial!» – Élise Cornellier Bernier

« Je pensais, quand j’étais petite, que je pouvais rentrer chez le médecin, aller dans une machine et ressortir en fille, raconte-elle. J’y croyais à cette machine-là, mais j’ai jamais osé le crier assez fort. »