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Publié le 23 février 2021 | par Radio-Canada

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Des mesures de navigation plus sévères réclamées pour protéger les baleines noires


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Oceana Canada, un groupe environnemental voué à la protection des océans, estime que le ministère des Transports aurait dû resserrer les règles de navigation pour diminuer les risques de collisions avec les baleines.

C’est le cas entre autres dans le détroit de Cabot, à l’entrée du golfe. Oceana Canada demande à Transports Canada de rendre obligatoire une limitation de vitesse pour toute la saison.

Si le corridor entre la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve constitue la porte d’entrée des navires vers le Saint-Laurent, les baleines de l’Atlantique Nord qui remontent la côte américaine pour se diriger vers le golfe empruntent le même parcours.

L’an dernier, Transports Canada a mis en place dans le détroit une zone d’essai de réduction volontaire de vitesse.

Durant deux périodes de sept semaines au printemps et à l’été, il a été demandé aux bateaux de plus de 13 mètres de naviguer à une vitesse maximale de 10 nœuds.

En 2021, la mesure demeurera volontaire, selon le plan de protection de la baleine noire déposé la semaine dernière par Transports Canada et le ministère des Pêches et des Océans.

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Le triangle gris délimite la zone du détroit de Cabot soumise à la réduction volontaire de vitesse. PHOTO : GOUVERNEMENT DU CANADA

La responsable de campagne à Océana Canada, Sayara Thurston, estime que c’est insuffisant. Le gouvernement, dit-elle, se croise les doigts en espérant que les mêmes mesures qui ont marché l’année dernière vont marcher cette année, mais on ne sait vraiment pas si c’est le cas surtout que l’année dernière il y a eu beaucoup moins de trafic à cause de la COVID et de la réduction du nombre de navires qui passaient dans les eaux canadiennes. 

Une mesure peu respectée

Sayara Thurston fait valoir les résultats d’une étude réalisée par son groupe, selon laquelle les deux tiers des navires qui ont franchi le détroit de Cabot au printemps et à l’automne durant les périodes ciblées par Transports Canada, n’ont pas respecté la consigne volontaire.

Selon les données rapportées par l’ONG (Organisation non gouvernementale), 42 % des navires ont dépassé la vitesse de 12  nœuds. Ça augmente beaucoup le risque d’une collision qui soit fatale pour l’animal , explique la porte-parole.

Mme Thurston convient que les conditions de navigation dans le secteur peuvent s’avérer difficiles, notamment à l’automne.

Toutefois, ajoute-t-elle, l’exception devrait être la vitesse supérieure et non l’inverse. Le gouvernement, dit-elle, devrait mettre en place des mesures permanentes et faire des exceptions pour la sécurité plutôt que de faire quelque chose de volontaire qui ne marche pas. 

Selon Oceana, en 2020, les conditions de navigation auraient forcé le ministère à lever les restrictions durant 40 des 95 jours de la période de ralentissement.

Mieux connaître la baleine

Cette donnée correspond aux observations de Transports Canada. Le ministère estime qu’une réduction de vitesse obligatoire aurait soulevé des enjeux de sécurité durant 45 % des deux périodes où les mesures volontaires étaient en application.

Le ministère indique qu’il souhaite poursuivre sa réflexion sur la sécurité de la navigation avant d’ajouter d’autres mesures. De plus, selon le ministère, de meilleures connaissances sur le trajet des baleines et le moment de leur passage dans le détroit de Cabot pourraient aussi aider à mieux cibler les actions de protection.

Une situation urgente

Oceana souligne que le ralentissement volontaire a tout même eu des effets positifs.

En 2020, 33 % des navires qui ont transité par le détroit de Cabot durant les périodes ciblées ont circulé à des vitesses inférieures à 10 nœuds. En comparaison, en dehors des moments visés par la restriction volontaire de vitesse, seulement 13 % des bateaux au printemps et 8 % à l’automne naviguaient à moins de 10 nœuds dans le secteur.

Mais chaque mort est une mort de trop, commente Mme Thurston.

Elle souligne que les décès ont dépassé les naissances au cours des quatre dernières années. L’espèce est en crise et pourrait disparaître d’ici 20 ans, affirme-t-elle. La mesure de limitation de vitesse obligatoire a fait ses preuves ailleurs dans le golfe, dit-elle. On sait que ça marche. Il faut tout faire pour les protéger avec ce qu’on sait actuellement.

Oceana recommande aussi à Transports Canada d’imposer les limitations de vitesse dans l’ensemble du golfe à tous les navires y compris ceux de 13 mètres et moins.

Plus d’une trentaine de baleines noires sont mortes depuis 2017, dont 21 en eaux canadiennes. Huit de ces décès ont été directement associés aux collisions avec les navires.

Les observateurs évaluent qu’il ne resterait que 366 baleines noires dans l’ensemble de l’Atlantique.

LA UNE : Transports Canada a expérimenté, en 2020, le ralentissement volontaire dans le détroit de Cabot pour protéger les baleines noires de l’Atlantique Nord (archives). PHOTO : MINISTÈRE DES PÊCHES ET DES OCÉANS





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