Le chanteur Pierre Robichaud qui souffre de fibrose pulmonaire et d’un cancer ne pourra pas subir de greffe de poumon en raison de son état de santé qui s’est détérioré récemment. Le membre fondateur du groupe 1755 qui fait preuve de résilience rappelle l’importance du don d’organes.
Le chanteur a appris à la mi-mai que la tache cancéreuse qui était jusqu’alors contenue dans son poumon gauche s’est répandue dans les ganglions médiastinaux, ce qui ne lui permet pas de subir la greffe; une chirurgie lourde jugée trop dangereuse pour sa condition. Ces ganglions se trouvent entre les deux poumons.
«Ils ne peuvent pas prendre le risque de m’opérer. Quand ils font la greffe de poumon, ça met ton système immunitaire à zéro. Donc, je n’aurais rien pour combattre le cancer. Ça voudrait dire que le cancer pourrait prendre le dessus et que je pourrais mourir dans trois ou quatre mois.»
Son état s’étant dégradé, Pierre Robichaud était en attente d’une greffe depuis plusieurs mois. En plus d’être atteint de fibrose pulmonaire, les médecins ont découvert l’automne dernier une petite tache cancéreuse dans son poumon gauche. L’espoir étant de déloger la tache avec le poumon lorsque viendrait le temps de la greffe. Le 13 mars dernier, il a été enfin appelé pour recevoir sa greffe. Il s’est rendu à l’hôpital pour passer les examens pré-greffe dans le but de recevoir ses nouveaux poumons. Vers 11h le soir, une infirmière est entrée dans sa chambre pour lui annoncer que la greffe ne pourrait pas se faire parce que les poumons du donneur étaient infectés. L’attente d’un donneur a donc recommencé pour le chanteur acadien qui a un type de sang très rare, diminuant ainsi ses chances de trouver un donneur compatible.
«Mais ça a pris trop de temps avant d’avoir un donneur et le cancer s’est répandu», a confié le chanteur en entrevue depuis Montréal.
L’artiste réitère l’importance de donner son consentement pour le don d’organes.
«Il faudrait que le monde soit au courant que si tu es pour mourir et que tu as encore des organes qui peuvent être donnés, bien oui, de grâce, donnez-les parce que vous pouvez sauver plusieurs vies. Aux provinces maritimes, les organes vont soit à Toronto ou à Montréal. Il n’y a pas de transplantation qui se fait à Moncton et à Halifax, mais ils peuvent garder les organes en vie longtemps assez pour les transporter ici [Montréal] et les donner.»
Pierre Robichaud se prépare à reprendre la route vers Richibucto d’ici quelques jours. À son retour, il a un rendez-vous de prévu avec son pneumologue à Moncton et possiblement un oncologue pour voir s’il y a des traitements possibles afin de ralentir la progression du cancer.
«Officiellement, le cancer, ils ne peuvent pas me faire de chimio, ni de radio, parce que ça va empirer ma fibrose.»
Il confie que sa santé se détériore tranquillement. Pendant l’hiver, il a commencé à ressentir de plus en plus de fatigue, à s’essouffler plus rapidement, ayant moins d’énergie. Il ne sait pas combien de temps il lui reste à vivre, mais il espère au moins deux ans.
«Deux ans, je pense, je vais commencer à être chanceux. Puis si je tape trois ans, je vais être pas mal magané.»
Même s’il ne peut plus chanter sur une scène, il continue à gratter sa guitare et à chanter pour lui-même, ce qui l’aide à garder le moral, comme quoi la musique n’est jamais très loin pour celui qui a fait chanter des générations d’Acadiens.
Pierre Robichaud tient à remercier tous ceux qui ont contribué à sa campagne de sociofinancement qui lui a permis d’amasser un peu plus de 30 000 $. Cet argent l’a aidé à demeurer à Montréal et lui a permis de vivre pendant tous ces mois. Comme artiste, il a très peu de revenus de pension.
«C’est minime en pension, même pas assez pour payer mon loyer. Les gens ont été très généreux pour moi. Et j’apprécie énormément. S’il y en a d’autres qui veulent continuer à me donner, ça ne va pas être de trop. Je ne connais pas beaucoup de monde qui peut vivre sur 30 000 $ par année. Les artistes, si on ne joue pas, on ne gagne pas d’argent. Avec 1755, on faisait des bons cachets l’été, c’était assez d’argent pour vivre jusqu’à Noël, puis après ça on n’en avait pu.»
Il ajoute que tout l’amour qu’il reçoit de l’Acadie lui donne de la force pour traverser ces moments difficiles.
PAR Sylvie Mousseau









