Un repêchage et des joueurs autonomes pour répondre à des besoins

Le CH a finalement repêché au premier tour. Et pour une deuxième année consécutive, il s’est même avancé de quelques rangs pour sa première sélection.

Il s’agissait d’une mini-surprise considérant qu’il y a une semaine à peine, on ne lui donnait pas plus de 20% de probabilités de se prononcer vendredi soir…

Gleb Pugachyov était sur le radar de quelques analystes des espoirs, dont Simon « Snake » Boisvert, au rang où allait parler le Tricolore.

Ne l’ayant pas mentionné la semaine dernière, parmi mes cibles potentielles, je croyais que cet attaquant de puissance au style très « pro » avait peu de chances d’être encore disponible pour le Tricolore. Bobrov et Lapointe aussi, manifestement, et ils se sont avancés de deux rangs pour ne pas le manquer!

Donc, un autre joueur de la filière russe, un troisième en trois ans tôt au repêchage pour la Flanelle. Mais il s’agit cette fois d’un ailier d’un tout autre type, ro-bus-te, sans flafla, excellent défensivement, meurtrier en échec avant. Un choix qui porte la signature de Lapointe ET Bobrov qui l’ont aimé dès la première fois qu’ils l’ont vu étamper des gars dans la bande, présence après présence. Leur amour inconditionnel pour ce joueur transcendait littéralement lors de leur point de presse d’après repêchage.

Ils ne seront apparemment pas les seuls.

On ajoute donc à la banque d’espoir un gros ailier de 6’3, déjà plus de 200 lbs, qui possède le patin (vraiment excellent), la charpente et le QI hockey pour jouer dans la LNH plus tôt que tard.

Une sélection sûre et très avisée pour le CH.

Pugachyov n’a assurément pas les mains d’Artemi Panarin, mais son sens du jeu, de type nord-sud, est avantageusement comparable à celui de Vasily Podkolozin, (10e au total, 2019) qui s’est éventuellement trouvé une chaise vers la mi-vingtaine dans le milieu d’alignement à Edmonton.

Voilà donc un type qui risque d’être TRÈS utile en séries d’ici quelques années, mais qui pourrait aussi conserver une excellente valeur sur le marché considérant son profil généralement recherché à travers la LNH. Somme toute, Pugachyov répond à un besoin organisationnel, lui qui se veut l’attaquant costaud le plus talentueux sélectionné par le CH depuis Slafkovsky en 2022.

Une espèce de version améliorée de Josh Anderson, en gaucher, que l’on pourrait voir à Montréal, peut-être dès le printemps 2027, si on lit entre les lignes du point de presse de Bobrov et Lapointe…

Les autres…

J’ai bien aimé ce que j’ai pu voir de Tim Runtso, défenseur droitier repêché au 57e rang. On peut comprendre pourquoi le CH s’est avancé de quelques rangs pour s’assurer ses services. Assez mobile pour un grand et costaud gaillard. Un jeu somme toute assez simple, mais efficace avec la rondelle. On lui reconnait même et un certain talent, comme on peut la voir à la pointe en avantage numérique. Il ne joue vraiment pas pour une grande équipe à Victoria, lui qui semble être une pièce très importante là-bas.

Avec du travail et de la discipline pour continuer sa progression, on ne déteste pas ses chances d’atteindre un jour la LNH sur une troisième paire. Mais n’oublions pas qu’il était à sa 2e année d’admissibilité et qu’il aura déjà 19 ans la semaine prochaine…

Du son côté, Cooper Cleaves (3e ronde, 93e), en était à sa troisième année d’admissibilité, lui! Pas un lâcheux! Voilà donc un autre défenseur droitier dans la banque. Déjà invité au Camp de développement du CH l’an dernier, Bobrov et Lapointe aiment son gabarit et sa progression et savent à quoi s’attendre avec lui. Il devra toutefois supplanter des Owen Protz de ce monde pour avoir une mini-chance de voir un match ou deux dans la LNH…

Le défenseur gaucher Brayden Klimpke (4e ronde, 117e), patine très bien, joue la tête haute et semble avoir une bonne vision du jeu. Lui non plus, il ne s’alignait pas pour une formation de pointe à Saskatoon. On parle toutefois d’un joueur plutôt frêle qui devra se démarquer encore davantage offensivement sans mal paraître défensivement s’il veut avoir une chance d’atteindre la LNH. Pour l’instant, on peut l’imaginer connaître un certain succès dans la LAH.

On verra ce que l’avenir réserve aux autres sélections du CH, les Trottier, Royston, Daigneault et Deakos, mais personne ne va retenir son souffle ici…

Pour les intéressés, notez qu’on devrait voir tout ce beau monde plus tard cette semaine à Brossard…

Mais bon, puisqu’on ne se reparlera pas avant samedi prochain, jasons maintenant des joueurs autonomes!

Montréal, une destination de choix pour les joueurs autonomes (du moins, ceux qui restent!)

C’est bien beau les échanges et le repêchage, mais il est de plus en plus clair depuis les propos tenus par Jeff Gorton lors du bilan de fin de saison que le Tricolore courtisera assez agressivement des joueurs autonomes cette année, une première depuis l’arrivée des « nouveaux gestionnaires » en 2021-2022.

Pour la première fois depuis des lunes, Montréal pourrait donc être un acteur de premier plan le premier juillet.

Ça fait presque bizarre à écrire!

Bien sûr, ce qu’il reste de la cuvée 2026 en laissera plusieurs sur leur appétit. Mais voici une courte liste personnelle de candidats que je trouverais digne d’intérêt pour votre Flanelle bien aimée, qui pourrait être fort tentée de combler des petits besoins ponctuels et précis.

Le CH est rendu là.

1. Claude Giroux
À 38 ans, on pourrait presque dire que Giroux viendrait boucler la boucle avec le Canadien, lui qui aurait dû être le premier choix de l’équipe en 2006 n’eût été d’une bulle au cerveau de Bob Gainey qui voulait le défenseur droitier David Fisher…

À son âge, il est un peu le Sidney Crosby des pauvres : leader, talentueux, bon sur 200 pieds et au cercle des mise au jeu. On notera son différentiel de +20 l’an dernier, de loin le meilleur chez les attaquants des Sens

Mon offre : 1 an x 6 M$

Dans son cas, il est sage d’y aller une année à la fois. L’auteur de 1165 points en 1345 parties de saison régulière (86 points en 105 matchs de séries), n’est plus le dynamo offensif de ses grandes années, mais bien entouré comme il pourrait l’être à Montréal, Giroux serait encore une amélioration substantielle au centre d’un deuxième trio (du moins, pour prendre des mises en jeu), même s’il a peu joué à cette position lors de son séjour à Ottawa.

2. Vladimir Tarasenko
23 buts pour Tarasenko au Minnesota l’hiver dernier. Pas mal. Le vétéran de 34 ans, bâti comme un tank (6’1, 219 lbs), vainqueur de la Coupe Stanley en 2019, se voudrait un sacré bon mentor pour ses compatriotes Demidov, Zharovsky et (peut-être) Pugachyov. Peu blessé lors des trois dernières campagnes, il pourrait encore produire sur un deuxième trio, mais devenir une belle option de profondeur sur un troisième trio productif offensivement n’est pas un scénario à écarter.

Mon offre : 2 ans x 5 M$

Historiquement un bon joueur de séries (78 points, dont 51 buts en 132 matchs), le Russe est rendu à un point de sa carrière où pourchasser une autre Coupe Stanley dans un marché comme Montréal avec quelques jeunes Russes à côtoyer pourrait être un défi plutôt attirant. Ses derniers contrats ont tous été raisonnables, pourquoi pas un autre?

3. Mason Marchment
Absolument rien d’original ici, mais l’ailier gauche Marchment coche effectivement pas mal toutes les cases pour le CH. Gros monsieur de 6’5, 212 lbs, bon marqueur, expérimenté mais pas trop vieux à 31 ans, sort d’une belle saison de 45 points en 68 matchs et il peut jouer sur n’importe quel trio, préférablement le deuxième.

Un genre de Josh Anderson, un peu moins méchant, un peu moins rapide, mais avec plus de finition et de QI hockey. Il est un peu le Alex Tuch des pauvres du marché de 2026. Tout de même une belle moyenne de 46 points par année depuis la saison 2021-2022. Seul problème – et il est de taille – monsieur Marchment, un Ontarien, ne voudrait pas jouer au Canada, pourtant « le plus meilleur pays du monde » selon son compatriote Jean Chrétien.

Mon offre : 4 ans x 6 M$

Un certain risque, étant donné son âge et des petits bobos ici et là lors des dernières saisons, mais je ne pense pas que le CH ait une chance de l’obtenir pour beaucoup moins que ça, surtout pas au Canada. Ne misez donc pas trop sur lui…

4. Anders Lee
Oui, il a 35 ans, mais Lee, 6’3, 234 lbs, capitaine des Islanders depuis longtemps, n’a manqué qu’un seul match lors quatre dernières saisons, tout en maintenant une moyenne annuelle de 46 points. À son âge, s’il veut évoluer pour une bonne équipe, il devra cependant se résigner à besogner plus souvent qu’autrement sur le bottom-six et se contenter de quelques miettes sur une deuxième unité du jeu de puissance. Il ne faut pas prévoir une moyenne annuelle supérieure à 35 points lors des prochaines saisons, mais les intangibles sont là dans son cas…

Mon offre : 2 ans x 5,5 M$

Je ne suis pas sûr que cet Américain de 35 ans voudra venir jouer au Canada, mais Montréal est loin d’être la pire destination pour un gars du Minnesota qui a passé sa carrière à New York. Surtout que le CH n’aura pas un mauvais club…

5. A.J. Greer
La métropole est sans doute une destination très tentante pour ce gaillard de 6’3, 209 lbs, natif de Joliette. À 29 ans, il serait une prise tout à fait appropriée pour le Canadien qui cherche à ajouter un peu de muscle et de truculence à sa formation.

Il ne faut cependant pas trop se fier à ses statistiques gonflées de la saison dernière en raison des nombreuses blessures qui ont plombé les Panthères. Avant ses 17 buts et 32 points l’hiver dernier, les plus haut totaux de Greer en carrière étaient de 6 buts et 17 points, la saison précédente. Une dizaine de buts par année, serait une cible beaucoup plus réaliste. Greer n’a été promu à temps plein dans la LNH qu’en 22-23 et ne compte que deux saisons de 78 matchs et plus en carrière, ses deux dernières à 28 et 29 ans…

Mon offre : 5 ans x 2.5 M$

Possiblement le dernier gros contrat de sa carrière, Greer empocherait donc 12,5 M$ lors des 5 prochaines années tout en évoluant près des siens dans un marché qui serait sujet à tirer le meilleur de ce joueur hargneux et compétitif. À ce prix-là, il ne représenterait pas un gros risque pour HuGo. 2.5 M$ is the new 1.5 M$

6. Boone Jenner : Parlant de risque, voici un joueur de centre gaucher de 33 ans, 6’2, 204 lbs, au carnet de santé passablement lourd… Jenner n’a pas atteint la marque des 70 matchs depuis la saison écourtée par la COVID en 2020. On note, entre autres, des problèmes de dos passablement récurrents, en plus d’une opération à l’épaule qui lui a fait manquer 56 parties en 24-25… Mais, bizarrement, en fait de moyenne de point par match et de production offensive, les cinq dernières saisons ont été ses meilleures en carrière, mis à part sa campagne de 30 buts et 49 points en 2015-2016.

En relative santé (avec un peu de duct tape et de la broche), Jenner demeure un excellent atout de milieu d’alignement, dédié, fringant, robuste, doté d’un certain flair offensif. Ce n’est pas un joueur « fini », mais c’est un genre d’athlète dont on aurait intérêt à doser les efforts et le temps de glace en saison afin de l’avoir frais et dispo pour les séries…

Mon offre : 2 ans x 5,5 M$

C’est un salaire qui le placerait à égalité avec les 5,5 M$ versés à Philip Danault et Josh Anderson qui en sont à leur dernière année de contrat. Ça se voudrait aussi une légère diminution par rapport à ce qu’empochait Gallagher… Étant donné le nombre de bobos et de fractures subies en carrière, je n’oserai pas m’aventurer au-delà de deux ans.

Alors voilà, peut-être que Hughes devra offrir une saison et quelques dollars supplémentaires ici et là pour s’assurer des services de ce genre d’individus, mais ça pourrait ressembler à ça.

Des questions?