Navire de relève : la CTMA interpelle les partis politiques

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À l’aube de la campagne électorale, la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) interpelle les chefs des principaux partis politiques québécois dans le dossier de l’acquisition d’un navire de relève pour sécuriser la desserte maritime des Îles-de-la-Madeleine.

La CTMA a récemment fait parvenir une lettre à Christine Fréchette, Charles Milliard, Ruba Ghazal, Paul St-Pierre Plamondon et Éric Duhaime, respectivement chef de la CAQ, du PLQ, de QS, du PQ et du PCQ.

Dans le document de quatre pages, la CTMA explique que la Société des traversiers du Québec (STQ) a refusé, en juin, sa proposition d’inclure le futur navire de relève dans le contrat de transport des marchandises entre l’archipel et Montréal.

La réponse qu’on a reçue de la STQ ne nous plaît pas et on souhaite avoir l’opinion des gens qui souhaitent être élus pour voir ce qu’ils pensent du dossier, étant donné les risques pour la desserte maritime en général, pour les gens des Îles, affirme le directeur général de la CTMA, Emmanuel Aucoin.

La CTMA souhaite que son futur bateau de relève puisse à la fois remplacer le Madeleine II pour le transport de passagers entre l’archipel et l’Île-du-Prince-Édouard, tout en se substituant au Voyageur 2 à titre de premier navire attitré à la desserte cargo entre Montréal et Cap-aux-Meules.

Un navire cargo en hiver, avec un camion qui en sort.Le Voyageur 2 est adapté au transport des marchandises seulement. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

 

Emmanuel Aucoin affirme que l’achat d’un navire de relève, sans qu’il soit lié à un financement contractuel avec Québec, serait impossible financièrement.

On ne peut pas investir 70 M$ sur un navire-relève qui va passer 9 ou 10 mois à quai par année, ce serait beaucoup trop dispendieux à supporter. Pour nous, le meilleur moyen, c’est de remplacer le Voyageur 2, qui est un bateau uniquement pour le cargo, par un navire hybride.

Une citation de Emmanuel Aucoin, directeur général de la CTMA

La CTMA estime que ce changement au contrat entraînerait des coûts additionnels d’exploitation à la STQ de moins d’un million de dollars par année, sur un financement d’environ 30 millions de dollars.

Le directeur général de la CTMA, Emmanuel Aucoin, croit que cette option est la plus raisonnable et économique, autant pour la coopérative que pour la société d’État.

M. Aucoin fait valoir que qu’un futur navire hybride sera vraisemblablement plus récent et performant que le Voyageur 2, mais aussi plus polyvalent, puisqu’il pourrait assurer la relève du F.-A.-Gauthier, entre Matane et la Côte-Nord, en plus de celle du Madeleine II et du Voyageur 2 pour l’archipel.

Emmanuel Aucoin sourit à la caméraLe directeur de la CTMA, Emmanuel Aucoin, estime que le refus de la STQ est basé sur une lecture simpliste de la situation, en plus d’être déconnectée de la réalité madelinienne. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

 

Le directeur général souligne également que deux navires étaient auparavant inclus dans le contrat avec la STQ avant la vente du Vacancier en 2023, car l’ancien navire de croisière de la CTMA transportait des marchandises.

La STQ n’a pas été en mesure de répondre aux questions soumises par Radio-Canada, mardi.

Les réactions des partis

La CTMA indique ne pas encore avoir reçu de réponse officielle des partis à qui elle a fait parvenir la lettre.

Radio-Canada a aussi contacté les cinq principales formations politiques québécoises et, le cas échéant, leur candidat dans la circonscription des Îles-de-la-Madeleine en vue des prochaines élections.

La candidat libéral des Îles-de-la-Madeleine, Gil Thériault, affirme être surpris du refus de la STQ dans le dossier. Il déclare qu’un gouvernement libéral mandaterait la société d’État afin de poursuivre les discussions avec la CTMA.

Je pense que la base de ce projet-là est très, très solide, estime M. Thériault.

Gil Thériaul regarde directement vers la caméraGil Thériault sougline que le PLQ souhaite améliorer la flotte de navires de relève du Québec. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

 

De son côté, le candidat péquiste et actuel député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, indique par courriel que le chef du Parti québécois est très conscient des spécificités de l’archipel et sensible aux enjeux liés à l’insularité.

Il est clair qu’un éventuel gouvernement du Parti québécois étudiera avec rigueur et sérieux tout projet susceptible d’améliorer ou de consolider la desserte maritime des Îles-de-la-Madeleine, écrit M. Arseneau.

Ce dernier souligne toutefois que la proposition soumise à la STQ par la CTMA n’a jamais été portée à son attention et qu’il en ignore le contenu. Il invite d’ailleurs la coopérative madelinienne à lui présenter le détail de son projet au lendemain de l’élection.

Joël Arseneau à l'Assemblée nationaleLe candidat péquiste et actuel député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, dit être « on ne peut plus conscient du caractère essentiel et crucial de la desserte maritime des Îles-de-la-Madeleine ». (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Un navire loué pour la cale sèche de janvier

Par ailleurs, faute d’avoir pu acquérir un navire de relève, la CTMA négocie la location d’un bateau pour assurer le maintien du lien maritime entre l’Île-du-Prince-Édouard et Cap-aux-Meules, durant l’arrêt technique du Madeleine II prévu pour le début 2027.

Le traversier entrera en cale sèche au chantier naval des Méchins en janvier.

L’option de louer un bateau à court terme est donc celle qui est priorisée par la coopérative, à moins de cinq mois de l’arrêt technique.

À court terme, on est en bonne voie de trouver une alternative temporaire pour le mois de janvier.

Une citation de Emmanuel Aucoin, directeur général de la CTMA

M. Aucoin affirme que des discussions sérieuses sont en cours pour conclure un contrat de location, sans toutefois révéler le bateau ciblé.

On a des ententes de principe, mais les négociations se poursuivent, affirme-t-il.