Navire de relève : front commun madelinot contre la STQ

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Quatre organisations madeliniennes s’allient pour dénoncer l’« indifférence » et la « désinvolture » de la Société des traversiers du Québec (STQ) dans le dossier du navire de relève.

Réunis à Cap-aux-Meules devant la presse mercredi avant-midi, les porte-parole de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine, de la CTMA, de Tourisme Îles de la Madeleine et de la Chambre de commerce des Îles ont réitéré l’importance de doter rapidement l’archipel madelinot d’un navire de relève pour sécuriser la desserte maritime des passagers et des marchandises.

L’heure est sérieuse, et il faut qu’on agisse avant qu’elle devienne grave, a lancé d’entrée de jeu le maire des Îles-de-la-Madeleine, Antonin Valiquette.

L’importance d’un bateau de relève pour assurer la fiabilité et la sécurité des liens de transport, c’est l’affaire de tout le monde aux Îles-de-la-Madeleine.

Une citation de Antonin Valiquette, maire des Îles-de-la-Madeleine

En juin, la STQ a refusé la proposition de la CTMA de modifier les termes du contrat de transport de marchandises entre Montréal et l’archipel, dans le but d’acquérir un nouveau navire.

La proposition de la CTMA

La CTMA souhaite acquérir un bateau de relève hybride (capacité cargo et passager) et le substituer à l’actuel navire-cargo Voyageur 2, moyennant une hausse maximale du financement annuel d’un million de dollars de la part de la STQ. Ce navire pourrait également effectuer la liaison fédérale destinée aux passagers, entre l’Île-du-Prince-Édouard et les Îles-de-la-Madeleine, lorsque le Madeleine II est hors service.

Le refus témoigne de l’insensibilité [de la STQ] à l’isolement de la communauté, face à une rupture de l’un ou l’autre des services essentiels, soutient le directeur général de la CTMA, Emmanuel Aucoin. On a besoin d’un plan de contingence solide à long terme, qui est adapté à notre réalité insulaire.

Nous ne pouvons pas revenir 20 ans en arrière, à une époque où les Îles pouvaient se retrouver sans traversier durant plusieurs mois. Pour notre population, nos entreprises et notre industrie touristique, la continuité maritime est essentielle.

Une citation de Michel Bonato, directeur de Tourisme Îles de la Madeleine

Michel Bonato a aussi indiqué que l’acquisition d’un navire de relève hybride pourrait permettre de développer une nouvelle expérience touristique, en partance de Montréal. Les passagers pourraient ainsi être transportés vers l’archipel, tout en vivant la réalité d’une desserte cargo de l’intérieur.

Michel Bonato, un homme caucasien de la cinquantaine, porte des lunettes, devant un bureau d'information touristique.Le directeur général de Tourisme Îles de la Madeleine, Michel Bonato, a souligné le potentiel touristique d’un navire de relève hybride. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Les intervenants ont également fait valoir que la contribution demandée à la STQ pour exploiter un nouveau navire était modeste par rapport à la somme d’environ 60 millions de dollars que la CTMA est prête à investir, avec l’aide du gouvernement fédéral, pour acquérir un bateau.

Quand une coopérative profondément ancrée dans son milieu arrive avec du financement, une solution et une volonté d’investir autant d’argent, le rôle de l’état devrait être de faciliter cette solution, et non pas de lui mettre des bâtons dans les roues, a lancé le directeur de la Chambre de commerce des Îles, Martin Paquette.

Un renouvellement de contrat par appel d’offres?

Par ailleurs, le maire des Îles-de-la-Madeleine, Antonin Valiquette, a aussi profité du point de presse pour dévoiler de nouvelles informations dans le dossier.

Il affirme que la présidente-directrice générale de la STQ, Greta Bédard, a laissé entendre, dans une discussion récente, que le contrat pour la desserte cargo des Îles, qui viendra à échéance en 2028, pourrait être renouvelé par appel d’offres. La CTMA affirme qu’elle a toujours signé des contrats de gré à gré avec le gouvernement provincial depuis 1954.

Le maire Antonin Valiquette à la table du conseil municipal.« Ça n’a pas d’allure de penser que ça peut être un opérateur différent qui assume le transport des passagers et du cargo, ne serait-ce qu’en termes de logistique des effectifs », soutient Antonin Valiquette. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La mâchoire m’est tombée, a lancé M. Valiquette

J’espère que l’ensemble des partis qui aspirent être au gouvernement vont reconnaître que ça n’a pas de maudit bon sens de dire d’aller en appel d’offres dans un contrat comme celui-là.

Une citation de Antonin Valiquette, maire des Îles-de-la-Madeleine

Les intervenants madelinots ont souligné l’importance de la gouvernance locale de la CTMA depuis 80 ans et sa connaissance pointue de la réalité madelinienne, autant pour le transport de marchandises que de passagers.

Avec les années, la CTMA a su exploiter en complémentarité les deux services essentiels, tant fédéral que provincial, a fait valoir le directeur général de la CTMA, Emmanuel Aucoin.

Menacer une organisation qui est un exemple de leadership et d’engagement, c’est un drôle de message aux entreprises qui veulent investir dans les régions du Québec.

Une citation de Martin Paquette, directeur de la Chambre de commerce des Îles

En marge du point de presse, le candidat libéral Gil Thériaut a plaidé, par voie de communiqué, pour que la desserte cargo soit gérée pour et par les Madelinots. Selon lui, la tutelle d’une entreprise de l’extérieur des Îles aurait plusieurs impacts négatifs sur l’archipel.

Radio-Canada était en attente d’une réponse de la STQ au moment de publier ces lignes.

Volte-face de la CAQ

Durant le point de presse, la CTMA et la Communauté maritime des Îles ont aussi dévoilé avoir eu des communications mardi soir avec le cabinet de la première ministre sortante, Christine Fréchette.

Dans une lettre, le cabinet de la première ministre sortante, Mme  Fréchette, appuie non seulement l’acquisition d’un navire pour la desserte, mais il s’engage aussi, dans un futur mandat, renouveler le contrat de gré à gré.

Une citation de Emmanuel Aucoin, directeur général de la CTMA

Ces engagements de la Coalition avenir Québec détonnent grandement avec les propos tenus le 20 août par le ministre caquiste Bernard Drainville. Ce dernier rejetait la responsabilité du dossier sur le gouvernement fédéral.

Radio-Canada a demandé à la formation caquiste de clarifier sa position dans le dossier, mais est toujours en attente d’une réponse.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Antonin Valiquette, a lancé un message aux futurs élus provinciaux, peu importe leur formation politique.

Au lendemain de la campagne, vous aurez de nos nouvelles très rapidement dans ce dossier-là qui demande une résolution positive, dit-il. C’est d’une importance cruciale, point barre.

LA UNE : Les représentants de la CTMA, de Tourisme Îles de la Madeleine, de la Chambre de commerce des Îles et de la Communauté maritime des Îles estiment que le refus de la STQ traduit une mauvaise compréhension de la réalité madelinienne. Photo : Gracieuseté de Claudia Delaney

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