- Corneille invité au podcast Au-Delà Du Visible
- Il raconte sa solitude et culpabilité
- Une mission pour lui
- Une autre façon de voir les choses
Corneille était récemment de passage au podcast Au-Delà Du Visible, qui permet à différentes personnalités de parler de spiritualité, de leurs expériences personnelles et de leur perception de ce qui les dépasse. Au cours de cette rencontre, le chanteur s’est livré avec beaucoup de sincérité sur une épreuve qui a profondément marqué son existence.
Alors qu’il était encore très jeune, Corneille a perdu les membres de sa famille lors du génocide des Tutsi au Rwanda. Une tragédie qui a bouleversé sa vie et avec laquelle il a dû apprendre à vivre au fil des années.
Le chanteur a notamment expliqué avoir longtemps ressenti les deux facettes du «complexe du survivant»: la culpabilité d’avoir été épargné, mais également la douleur immense de se retrouver seul après avoir perdu les siens.
«J’ai perdu toute ma famille durant le génocide des Tutsi au Rwanda. C’est assez étrange, parce qu’on parle toujours du fameux complexe du survivant et la culpabilité du survivant. Moi, j’ai toujours vécu les deux facettes, parce que oui, il y a la culpabilité d’être le seul qui reste dans une famille de six, mais aussi la grande douleur d’être le seul qui reste dans une famille de six. On a survécu, mais on est seul», souligne-t-il.
Malgré cette immense perte, Corneille raconte avoir vécu une sensation étonnante dans les semaines et les mois qui ont suivi la tragédie. Alors qu’il aurait pu se sentir complètement abandonné, il dit plutôt avoir ressenti une forme de présence et de protection, comme si les membres de sa famille continuaient de l’accompagner durant cette période particulièrement difficile.
«Pourtant, toutes les semaines et les mois qui ont suivi cette grande tragédie, qui, sur papier, m’avait tout pris, étaient étrangement accompagnés d’une protection ou d’un sentiment d’être protégé», explique Corneille.
Avec le recul, le chanteur estime même que cette impression de ne pas être seul l’a accompagné pendant le moment où il en avait le plus besoin. C’est plusieurs années plus tard, alors que sa vie avait repris un cours plus normal, qu’il aurait finalement ressenti davantage cette solitude.
Cette épreuve a également profondément influencé sa vision de la vie et le chemin qu’il souhaitait emprunter. Corneille a expliqué que cette tragédie l’avait éventuellement amené à réfléchir à une mission plus grande pour son avenir.
Une confidence profondément personnelle qui permet de comprendre autrement le parcours du chanteur et la façon dont son histoire a façonné l’homme qu’il est devenu. Poursuivez votre lecture pour découvrir ce que Corneille considère aujourd’hui comme la mission qui a émergé de cette épreuve.

Une mission
Pendant longtemps, Corneille a été convaincu que sa survie avait nécessairement un sens et qu’il devait en faire quelque chose de plus grand. Après avoir traversé une épreuve aussi bouleversante, il lui était difficile d’imaginer qu’il était simplement destiné à mener une existence ordinaire.
«J’étais convaincu du fait que j’avais cette mission, justement à porter: je ne peux pas avoir survécu à tout ça, juste pour avoir une existence ordinaire, on va dire», explique-t-il.
Pour lui, cette conviction est devenue une véritable force au fil des années. La scène et la musique ont notamment occupé une place importante dans sa reconstruction, lui permettant d’avancer et de donner un sens à ce qu’il avait vécu.
«Plus le temps avançait, plus je me disais: il m’a fallu cette béquille pour survivre. Je suis arrivé à un moment donné où je me suis rendu compte que cette mission, qui pour moi passait par le fait d’être sur scène (…) Je pense que j’avais besoin de ça pour survivre. (…) Si ce n’était pas arrivé, je n’aurais pas fait de musique.», souligne Corneille.
Avec le recul, Corneille réalise donc que la musique n’était peut-être pas la finalité qu’il imaginait au départ, mais plutôt un moyen qui lui a permis de traverser certaines étapes de sa vie. La scène aurait ainsi constitué une sorte de soutien essentiel dans son cheminement, avant qu’il comprenne ce qu’il considérait réellement comme sa mission.
Et cette prise de conscience l’a amené vers une conclusion particulièrement touchante.
«Ma mission c’est de dire: tu peux vivre des choses qui tendent à te faire haïr le monde, et l’aimer encore plus.»
Contrairement à ce qu’il a longtemps cru, Corneille ne considère finalement pas que la musique soit sa mission première dans la vie, mais plutôt le partage de l’amour autour de lui.

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