Le nouvel équipement de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML) évite d’altérer les fonds marins et l’habitat du homard.
Au moment de la rencontrer au quai de Rivière-au-Renard, à Gaspé, l’équipe scientifique de l’Institut Maurice-Lamontagne avait complété la moitié de sa mission de 17 jours. Ce périple mènera l’équipage de Carleton-sur-mer jusqu’à Matane pour évaluer la biomasse, pas seulement où il y a des zones de pêches commerciales.
On ne couvre pas les zones en fonction de l’intensité de la pêche commerciale, indique le biologiste de l’Institut Maurice-Lamontagne, Daniel Monroe. On couvre systématiquement le territoire. On est aussi intéressés par les zones plus productives que moins productives parce qu’on veut avoir un portrait global de la Gaspésie.

Ce nouveau chalut, appelé traîneau, était à l’essai depuis 2024 et a été conçu spécifiquement pour les fonds marins gaspésiens. À partir de 2,5 nœuds, la traction est telle que le chalut se soulève du fond. Donc au moment où on le pose, il a le poids minimal
, ajoute le biologiste.
C’est la première fois qu’une mission complète va évaluer les captures à l’aide de ce nouvel équipement.

Même si l’équipe du LEIM cherche à utiliser ce chalut sur des fonds de sable ou de gravier, le fond marin gaspésien ne pardonne pas. Ainsi, le nouvel équipement devait être assez résistant pour ne pas se briser sur un récif.
On sait que les pêcheurs de la Gaspésie ont fait des efforts importants, ces dernières années, pour essayer d’éliminer les engins de pêche qui brisaient les fonds. Il fallait donc quelque chose qui glisse sur le fond et qui ne s’enfonce pas.

Un outil qui rallie les pêcheurs
Le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, qui représente la majorité des homardiers de la région, a justement participé aux essais en mer en 2024. L’objectif était de valider l’efficacité du nouvel équipement qui soulevait des craintes chez des pêcheurs de la région.
Nous, on avait même envoyé un drone indépendant, un drone sous-marin, pour voir si ça laissait des traces sur le fond et on n’en voyait pas.

Jean Côté explique que l’ancien chalut du MPO pouvait ramasser sur son passage toutes sortes de choses, comme des roches. Or, le nouvel équipement ne ramène sur le pont que l’essentiel : des homards de toutes les tailles.

Le Regroupement mène ses propres relevés scientifiques avec des cages mises à l’eau à l’automne. Les résultats sont par la suite fournis à l’IML.
Les deux techniques d’échantillonnage se complètent parce qu’on n’aura pas les mêmes résultats, on n’aura pas les mêmes types de homard. Donc, l’idée, c’est de se compléter et d’avoir un meilleur portrait global. On est très contents parce qu’on se plaignait depuis plusieurs années qu’on n’avait pas d’échantillonnage fait par Pêches et Océans
, ajoute le directeur scientifique.
L’équipe responsable d’évaluer la santé des stocks de homard à l’Institut Maurice-Lamontagne va compiler ses données au printemps. Un nouveau relevé scientifique devrait être disponible en 2028.
LA UNE : Le nouveau chalut de l’Institut Maurice-Lamontagne permet de capturer une plus grande quantité de homard que les relevés scientifiques faits avec des casiers. Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat









