Lentement, mais sûrement, des dunes du nord de l’Île-du-Prince-Édouard se régénèrent après Fiona

Publicité

Publicité

Articles similaires

Vers une piste de solution pour la survie des huîtres en Nouvelle-Écosse

Une entreprise cherche à tester la viabilité de l'ostréiculture...

Des légendes madeliniennes de naufrages

Depuis quelques années, aux Îles-de-la-Madeleine, septembre est souvent synonyme...

Le salaire toujours en litige à la Coop IGA L’Unité

Bien que les négociations entre les parties syndicales et...

Quatre ans après le passage de la tempête post-tropicale Fiona, des responsables de Parcs Canada constate que certaines dunes du nord de l’Île-du-Prince-Édouard montrent des signes encourageants de rétablissement.

Le 24 septembre 2022, la tempête post-tropicale Fiona a ravagé la côte est du pays, plongeant des milliers d’insulaires dans le noir, endommageant des infrastructures, causant des dommages importants aux arbres de l’île et érodant le littoral.

La dune de Brackley Beach avant et après Fiona.

Quatre ans après Fiona, jour pour jour, Parcs Canada a publié des photos sur ses réseaux sociaux montrant l’incroyable rétablissement du littoral dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard.

Les photos partagés par Parcs Canada ont été recueillies par le biais d’un projet de science citoyenne.

Depuis 2021, Parcs Canada invite les visiteurs à l’aider à suivre l’évolution des côtes à l’Île-du-Prince-Édouard comme ailleurs au Canada, notamment dans les autres provinces maritimes. Le projet « Coastie », par lequel des visiteurs partagent leurs photos du littoral, a permis à Parcs Canada d’observer la réparation naturelle des dunes au Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard.

Kate MacQuarrie est directrice des forêts, de la pêche et de la faune pour le ministère de l’Environnement de l’Île-du-Prince-Édouard. Elle constate elle aussi des signes de rétablissement encourageants.

Kate MacQuarrie devant les marches d'un édifice regarde au loin.

Ça va vraiment bien, et ç’a été fascinant de voir l’évolution de nos dunes au cours des quatre ou cinq dernières années. C’est un exemple qui montre à quel point ces écosystèmes sont résilients, affirme-t-elle.

Après Fiona, on aurait dit que les dunes avaient été coupées au couteau à 90 degrés, a-t-elle affirmé lors d’une entrevue accordée à l’émission Mainstreet de CBC.

La roquette de mer à la rescousse

La biologiste et naturaliste note également que la roquette de mer, une plante qui joue un rôle essentiel dans la formation de nouvelles dunes, était auparavant complètement absente du littoral nord de l’île. Or, l’année après le passage de Fiona, Kate MacQuarie affirme que l’on a commencé à voir cette espèce sur les plages, et ce, plus que jamais auparavant, selon ce qu’elle a pu observer au cours de ses 40 ans de carrière comme biologiste à l’Île-du-Prince-Édouard.

De la roquette de mer sur la plage.

La roquette de mer présente plusieurs mécanismes d’adaptation fascinants. Par exemple, sa gousse comporte deux compartiments et, normalement, l’un deux se détache et est emporté par la marée pour s’établir ailleurs alors que l’autre reste sur place, explique-t-elle.

Après Fiona, les deux parties de la gousse ont été emportées, faisant en sorte que deux fois plus de graines ont été redistribuées, s’émerveille la biologiste.

Kate MacQuarrie souligne que l’une de ses plus grandes préoccupations en ce qui a trait aux dunes après le passage de Fiona concerne les dommages potentiels des tempêtes hivernales. D’autant plus que la couverture de glace dans le golfe, qui agissait auparavant comme un bouclier naturel pour protéger le littoral, n’est plus ce qu’elle était.

Heureusement, souligne-t-elle, il n’y a pas eu de tempêtes majeures, ce qui a permis une fenêtre de rétablissement.

Dans certains secteurs que j’ai examinés, les dunes se sont bien rétablies et sont pratiquement redevenues comme avant. Elles ne sont pas exactement pareilles à ce qu’elles étaient, mais ce sont des écosystèmes dynamiques à la base, constate-t-elle en ajoutant que certaines plages du côté sud de l’île bénéficient de moins d’apport de sable et auront besoin de plus de temps.

À cet égard, Parcs Canada rappelle que la protection du littoral est l’affaire de tous et qu’il est important d’éviter de marcher ou de circuler sur les dunes pour permettre à celles-ci de se reconstruire.

LA UNE : Une image de la plage Brackley en 2026 fournie dans le cadre du projet Coastie de Parcs Canada. Photo : Facebook / Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard

PAR Radio-Canada avec les informations de Lucas McInnis, de CBC