Et si les citoyens pouvaient se nourrir en pêchant dans le Saint-Laurent?

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Le conseil municipal de Rimouski donne son appui au mouvement Ensemble pour un accès aux ressources marines, qui milite pour la démocratisation de la pêche nourricière.

Rimouski devient la plus grande ville du Québec à soutenir le mouvement, qui souhaite démocratiser l’accès au fleuve et à ses ressources. La Ville joint ainsi sa voix à une douzaine de municipalités de l’Est-du-Québec qui représentent 116 000 citoyennes et citoyens.

Pour nous autres, c’est immense, se réjouit le président du mouvement Ensemble pour un accès aux ressources marines, Hugo Daniel.

Un homme devant le fleuve.La pêche nourricière permettrait d’améliorer l’autonomie alimentaire. Plusieurs espèces peuvent être pêchées, par exemple l’oursin, le homard, les poissons de fond. Il est aussi possible de récolter des algues marines, explique Hugo Daniel. Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Rimouski est, selon lui, une des plus grandes villes côtières du Québec. De plus, elle abrite une importante communauté scientifique du monde marin avec l’Institut des sciences de la mer (ISMER).

Ça montre à quel point notre démarche est crédible et vaut la peine d’être entendue.

Une citation de Hugo Daniel, président, Ensemble pour un accès aux ressources marines

Municipalités qui appuient déjà la démarche

Sept-Îles, Baie-Comeau, Franquelin, Baie-Trinité, Chute-aux-Outardes, Rivière-Saint-Jean, Sainte-Flavie, Matane, Grande-Vallée, Petite-Vallée, Cloridorme, Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, Saint-Maxime-du-Mont-Louis

C’est le conseiller municipal du district du Bic, Alain Martineau, qui a présenté la résolution au conseil municipal, qui l’a entérinée à l’unanimité le 8 septembre.

On a une industrie de la pêche qui est importante, mais pour le commun des mortels, c’est important aussi de pouvoir bénéficier des richesses du fleuve et, en ce moment, ce n’est pas quelque chose qui est accessible, déplore-t-il.

Voir un homard et ne pouvoir le pêcher d’aucune façon […] autrement qu’en ayant un quota de pêche commerciale […], je trouve ça un peu scandaleux.

Une citation de Alain Martineau, conseiller municipal du district du Bic à Rimouski
Portrait d'un homme.Le conseiller municipal du district du Bic à Rimouski, Alain Martineau, a proposé au conseil municipal d’appuyer le mouvement Ensemble pour un accès aux ressources marines. Le conseil a voté à l’unanimité une motion le 8 septembre. Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

L’appui de la Ville de Rimouski à la pêche citoyenne n’est pas en opposition à la pêche commerciale, selon M. Martineau. On ne veut pas que le commun des mortels puisse pêcher 20 homards et puisse les vendre sur le bord de la rue, mentionne-t-il.

M. Martineau suggère, par exemple, que des permis soient octroyés aux citoyens qui souhaitent pratiquer une pêche nourricière dans le fleuve Saint-Laurent.

Il croit aussi qu’un bon encadrement de la pêche citoyenne pourrait enrayer les activités de braconnage, notamment le braconnage de homard, qui est en hausse depuis que l’espèce se fait plus présente sur les côtes du Saint-Laurent.

Hugo Daniel prône une approche éducative. Est-ce qu’on [considère que] la population n’est pas capable de pêcher et de faire attention à la ressource ou on lui fait confiance et on l’éduque à faire une pêche correcte? renchérit-il.

Découvrir le fleuve

La démarche d’Ensemble pour un accès aux ressources marines suscite aussi de l’intérêt chez les entreprises touristiques qui offrent des excursions guidées en mer.

Alexandre Harvey, d’Aventure pêche Rimouski, appuie le mouvement.

Un homme devant son bateau.Le propriétaire de l’entreprise Aventure pêche Rimouski, Alexandre Harvey, offre des excursions de pêche sur le Saint-Laurent. Il croit que la démarche d’Ensemble pour un accès aux ressources marines faciliterait l’organisation d’excursions en mer pour les citoyens de la région ou d’ailleurs. Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Il offre des excursions de pêche au bar rayé et à certains poissons de fond à partir du quai de Rimouski.

Toutefois, les dates pour la pêche sportive sont limitées. Notre saison a été réduite sur le poisson de fond très tôt, justement à cause des réglementations. C’est de quoi qui nous a nui quand même sur notre fin de saison, dit-il.

Hugo Daniel, Alain Martineau et Alexandre Harvey estiment que ces excursions permettent de découvrir le Saint-Laurent et sensibilisent la population à l’importance de protéger la ressource.

Rimouski interpelle les gouvernements

Le conseil municipal de Rimouski a fait parvenir sa résolution à Pêches et Océans Canada ainsi qu’aux ministères provinciaux de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et des Affaires municipales et de l’Habitation.

La Ville demande notamment à Pêches et Océans d’inclure les citoyens dans ses processus décisionnels relatifs aux pêcheries, comme le ministère le fait en Colombie-Britannique depuis les années 1960.

Questionné par Radio-Canada pour savoir s’il était prêt à ouvrir le dialogue avec les citoyens, le ministère des Pêches et des Océans a rappelé que son processus décisionnel, soit les comités consultatifs, n’est pas ouvert au grand public pour les pêches commerciales au Québec.

Le porte-parole de l’organisation a précisé que les personnes qui souhaitent exprimer leur point de vue sur une pêcherie particulière peuvent écrire au ministère ou à la ministre responsable.

Pour sa part, le conseiller du district du Bic, Alain Martineau, est ouvert à entamer le dialogue entre les citoyens et les pêcheurs commerciaux de sa municipalité.

On veut ouvrir la discussion, on ne veut rien imposer.

Une citation de Alain Martineau, conseiller municipal du district du Bic à Rimouski

Il partage aussi l’opinion d’Hugo Daniel quant au fait que Rimouski est un pôle scientifique par excellence pour étudier le développement de la pêche nourricière.

Il se permet aussi d’y aller de son grain de sel : Rimouski est l’idéal; on a les chercheurs et la ressource culinaire! conclut-il en riant.

LA UNE : Le mouvement Ensemble pour un accès aux ressources marines a reçu l’appui d’une douzaine de municipalités de l’Est-du-Québec favorables à la pêche nourricière. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

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