Le milieu s’organise pour une meilleure gestion des requins du Saint-Laurent

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Avec les requins qui gagnent en visibilité dans les eaux du Saint-Laurent, le musée scientifique Exploramer et l’organisme Merinov s’unissent pour mettre en place une cellule d’intervention sur ces grands poissons.

Bien que le projet soit embryonnaire, l’idée est de mettre en place un réseau régional pour assurer une gestion efficace et concrète, quant à la présence des requins dans le Saint-Laurent.

C’est l’intérêt croissant du public pour cette espèce, mais aussi l’incident de morsure d’un plongeur survenu à Percé en septembre, qui a remis ce projet sur la table.

Cette cellule d’intervention aurait plusieurs facettes, soit l’éducation et la sensibilisation, l’encadrement dans la pêche commerciale, la recherche scientifique ainsi que l’adaptation du secteur touristique. Et Exploramer et Merinov auront chacun leur rôle à jouer dans ce projet.

Destination requins

En tant que musée, Exploramer se chargera du volet éducation et sensibilisation du projet, mais aussi de la transition vers cette réalité auprès du milieu touristique de la Gaspésie.

Jusqu’à maintenant, on a géré le risque, on répond aux questions de quoi faire ou ne pas faire s’il y a un requin. Là, plutôt que d’avoir une réaction sur les craintes des visiteurs, on présente le requin comme un produit d’appel, explique la directrice générale du musée, Sandra Gauthier.

Sandra Gauthier.Sandra Gauthier est directrice générale d’Exploramer, où un pavillon sur les requins du Saint-Laurent est par ailleurs en construction. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Plus largement, l’idée est de positionner la Gaspésie comme une région amie des requins, au même titre que des pays du sud, de la Polynésie française ou encore des pays scandinaves, selon Sandra Gauthier.

Comme ailleurs dans le monde [le requin] peut être un produit extrêmement lucratif, avec de grandes retombées touristiques, soutient-elle.

C’est ce qu’on veut transmettre à l’industrie touristique afin qu’on se positionne positivement sur le dossier du requin et qu’on présente le Saint-Laurent comme un sanctuaire pour les requins nordiques.

Une citation de Sandra Gauthier, directrice générale d’Exploramer

Soutien pour les pêcheurs

L’organisme à but non lucratif Merinov se chargera du volet d’accompagnement auprès des pêcheurs.

Pour la chercheuse industrielle et responsable du centre d’expertise en environnement chez Merinov, Stéphanie-Carole Pieddesaux, il est d’abord primordial de reconnaître que plusieurs requins se trouvent sur la liste d’espèces en péril.

L'école des pêches et de l'aquaculture de Grande-Rivière.Merinov est un centre de recherche appliquée, de développement et d’innovation dans les secteurs des pêches, de l’aquaculture, de la transformation des produits marins et des bioressources aquatiques. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Ainsi, il faut adapter les comportements humains, en l’occurrence des pêcheurs, pour mieux vivre avec leur présence, de plus en plus visible, selon elle.

On se rend compte qu’il y a beaucoup de données inexistantes ou perdues et qui pourraient être corrigées et améliorées, ou peut-être même bonifiées en étant plus près des pêcheurs qui rencontrent ces espèces-là, explique la chercheuse.

L’idée pour Merinov, c’est vraiment d’accompagner les pêcheurs à acquérir de la connaissance.

Une citation de Stéphanie-Carole Pieddesaux, chercheuse industrielle et responsable du centre d’expertise en environnement chez Merinov

Quelques mesures qui pourraient être destinées aux pêcheurs, selon Stéphanie-Carole Pieddesaux :

  • Une collecte de données anonyme auprès des équipages pour documenter les prises accidentelles;

  • La mise en place d’un accompagnement direct ou d’une ligne téléphonique d’assistance pour guider les pêcheurs dans le désempêtrement de requins dans leurs engins de pêche;

  • Une formation pour des techniques de manipulation sécuritaire afin d’éviter les blessures aux pêcheurs face à des poissons imposants et dentés, tout en maximisant les chances de survie de l’animal lors de sa remise à l’eau;

  • La récupération des carcasses de requins à bord de bateau de pêche pour fins d’analyses scientifiques.

Un requin maraîche nage.Le Saint-Laurent compte onze espèces de requins, dont le grand requin blanc, mais aussi le requin maraîche (sur la photo). (Photo d’archives) Photo : Mélanie Huet-Fournier

Finances et échéancier

Des démarches de financement ont été faites auprès de Québec et d’Ottawa, tout comme auprès de la table des préfets de la Gaspésie ainsi que du secteur privé.

Une réponse positive se fait toujours attendre, mais Sandra Gauthier dit avoir confiance que le financement débloque, notamment avec la demande accrue d’information en lien avec les requins, relate-t-elle, mais aussi en raison de l’incident survenu à Percé dernièrement.

La mise en place progressive d’actions concrètes est en cours. L’objectif est de rendre la cellule pleinement opérationnelle d’ici deux à trois ans.

LA UNE : Davantage de requins blancs migrent des eaux américaines vers le golfe du Saint-Laurent, notamment puisqu’ils sont attirés par l’abondance de phoques gris. (Photo d’archives) Photo : Gracieuseté de Xavier Bordeleau/MPO-Sciences

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