Une soixantaine de collisions entre des navires et des cétacés ont été recensées depuis 1992 dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins à Tadoussac (GREMM) croit que ce constat ne reflète pas la réalité.
Le président et directeur scientifique du GREMM, Robert Michaud, estime qu’une grande part des collisions maritimes ne sont pas déclarées, et ce, malgré l’obligation de le faire .
Si c’est un grand rorqual, les capitaines, les pilotes des grands navires, nous disent « des fois, on peut le sentir », mais probablement que la majorité du temps, ça passe inaperçu
, explique-t-il.

Entre autres, le groupe de recherche a constaté que 80 % des baleines noires et 50 % des rorquals communs ou rorquals à bosse connus présentaient des blessures causées par l’activité humaine.
[Ce sont] des individus qui portent des marques d’interaction avec des filets de pêche, mais aussi avec des navires. Certains ont des marques de collision, des marques d’hélice. Et ça, ça nous fait comprendre que le problème est probablement beaucoup plus important.

Réduire la vitesse des navires
Robert Michaud soutient que l’une des mesures les plus efficaces pour réduire le nombre de collisions maritimes, ainsi que leur impact sur les navires ou les cétacés, est la baisse de la vitesse des bateaux.
Les navires, quand ils réduisent leur vitesse, font également moins de bruit. Et ça, ce n’est pas négligeable
, souligne-t-il. La pollution sonore dans le Saint-Laurent interfère avec les communications des mammifères marins.
On consomme de plus en plus. Les litiges entre les Canadiens et les Américains vont faire en sorte qu’on va se tourner vers l’Europe. On va probablement importer et exporter plus de biens, donc il y aura plus de trafic
, suppose-t-il.
Il croit néanmoins qu’une cohabitation est possible, même si on augmente la circulation maritime. Il espère que de nouvelles mesures, plus strictes, mais simples
et faciles
, permettront de compenser l’impact d’une croissance du transport par bateau.
On peut même imaginer des mesures dynamiques où on fait la détection en temps réel, propose-t-il. Pour les baleines noires, ça se fait déjà. On pourrait le faire pour les rorquals bleus, qui sont également en voie de disparition.

Les populations d’espèces maritimes menacées ou à risque seraient alors géolocalisées de façon continue. Avec cette méthode, les bateaux situés à proximité seraient avisés de réduire leur vitesse.
Un été productif pour la recherche
Le président et directeur scientifique du GREMM juge que cette récente saison a été productive pour les chercheurs. Plusieurs espèces de cétacés ont été observées dans le parc marin au cours des derniers mois.
On a plusieurs collègues dans le golfe, en Gaspésie, nos collègues de Pêches et Océans [Canada], qui ont mis en place des projets importants
, ajoute-t-il

Bien que ces recherches ne soient pas sans risque, selon lui, il y a quand même une pression importante parce que […] les activités d’observation en mer sont une source importante de collisions
.
LA UNE : Depuis 1992, 61 collisions entre des bateaux et de grands mammifères marins ont été recensées dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. (Photo d’archives) Photo : Associated Press / John Calambokidis









