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Publié le 30 mars 2016 | par Radio-Canada

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Aéroport des Îles-de-la-Madeleine : « les conditions peuvent changer en cinq minutes »


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Jacques Delaney est probablement le pilote qui connaît le mieux l’aéroport des Îles-de-la-Madeleine. Il cumule plus de 4 000 atterissages et décollages. Pendant des années, le pilote a assuré la liaison entre Havre-aux-Maisons et l’Île-d’Entrée, la seule île qui n’est pas reliée au reste de l’archipel. 

« En quelques minutes seulement, la visibilité passe de plusieurs milles à presque rien. » – Jacques Delaney, pilote, Îles-de-la-Madeleine

L’écrasement de mardi, qui a fait sept victimes, est survenu à moins d’un kilomètre de la résidence de Jacques Delaney. Le pilote s’est dit extrêmement peiné par cet accident. Par contre, il refuse de spéculer sur les causes de l’écrasement, et ce, même si les conditions météo étaient exécrables, selon le maire Jonathan Lapierre.

« Il n’y a jamais un seul facteur, il y a la météo, les problèmes mécaniques, l’expérience du pilote, il ne faut jamais spéculer », affirme Jacques Delaney.

Le plafond était trop bas pour les avions de Pascan

Le transporteur Pascan a décidé vers 9h15, mardi, d’annuler son vol entre Bonaventure et les Îles-de-la-Madeleine pour des raisons de sécurité. Le plafond se situait à 200pieds, ce qui est en deça du seuil réglementaire selon le vice-président Finances du transporteur aérien, Yani Gagnon.

« On avait des vents forts et un cocktail météo, donc c’était impossible pour nous de se déplacer. » – Yani Gagnon, vp Finances, Pascan

Un appareil de Pascan Aviation

Un appareil de Pascan Aviation (archives)

Un appareil de Pascan a cependant quitté Havre-aux-Maisons tôt mardi matin, avant que les vols soient annulés. Michel Turcotte qui est pilote pour Pascan affirme que les vents soufflaient à environ 80 km/h.

« Avec le vent très fort, la pluie et les nuages bas, ce n’était vraiment bas des belles conditions », explique-t-il.

Le pilote, seul maître à bord

Normalement, de jour, des informateurs de vols sont présents dans la tour de l’aéroport des Îles-de-la-Madeleine. Ils informent les pilotes sur les conditions météo, mais la décision de se poser ou non appartient toujours au pilote. Le pilote est le seul à juger s’il peut ou non se poser, rappelle Jacques Delaney.

Écrasement d'avion aux Îles-de-la-Madeleine

Écrasement d’avion aux Îles-de-la-Madeleine   PHOTO : COURTOISIE

« Si tu fais une approche aux instruments, tu descends au minimum et si au minimum tu ne vois pas la piste, tu remontes et tu vas te poser ailleurs ».

Le pilote d’expérience rappelle que le plan de vol comporte toujours un aéroport de dégagement, par exemple Charlottetown ou Moncton, dans le cas d’un vol vers les Îles-de-la-Madeleine

Le pilote d’expérience rappelle que l’aéroport des Îles est entouré d’eau. On la retrouve à quelques mètres presque partout autour de la piste. Le brouillard peut apparaître très rapidement, sans que personne ne puisse le prévoir.

Un texte de Michel-Félix Tremblay
LA UNE : Sept personnes, dont le chroniqueur et ex-politicien Jean Lapierre, sont mortes dans cet accident survenu en fin de matinée, mardi aux Îles-de-la-Madeleine.    PHOTO : GRACIEUSETÉ DIANE HÉBERT

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