27 février 2024

Des gens et des actions à ne pas oublier (1 de 2)

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Le temps ne m’a pas permis d’aborder tous les enjeux que j’ai énumérés dans ma chronique du 21 septembre dernier.  Malgré le fait que j’en aie abordés plusieurs d’entre eux dans mes chroniques, depuis le début de la campagne déclenchée le 28 août, j’en profite aujourd’hui pour en soulever quelques-uns qui me tiennent particulièrement à cœur.  Chacun de ces enjeux aurait mérité une plus grande attention et un plus grand approfondissement.  Je souhaite que, dans ce dernier droit de la campagne électorale, les candidats aux Îles se prononcent sur ces dossiers, et que le député que la population madeleinienne choisira le 3 octobre prochain saura leur accorder une place de choix au cours de son prochain mandat.  J’aurais tant à dire sur ces dossiers aux Îles de la Madeleine et au Québec.  Je souhaite pouvoir le faire un jour prochain.

Les changements climatiques

Fiona vient de nous parler très fort.  L’ouragan Fiona a hurlé et a laissé de nombreuses cicatrices sur l’Archipel, sur l’Est du Québec, sur la Côte-Nord et sur tout l’Est du Canada, notamment.  Un sérieux avertissement vient de nous être servi.  Il risque, malheureusement, de ne pas être le dernier.

Mais pire que les dommages laissés par Fiona, nous aurons à questionner les spécialistes en la matière sur l’impact qu’a et qu’auront de tels ouragans          « sur les marées, sur la biodiversité ou sur l’érosion des côtes. » Je vous invite à prendre connaissance du papier de Henri Ouellette-Vézina tiré de La Presse du 25 septembre dernier :

https://www.lapresse.ca/actualites/2022-09-25/changements-climatiques/des-tempetes-de-plus-en-plus-intenses-en-vue.php

Les îles de la Madeleine, par leur insularité – c’est-à-dire par la particularité géographique de leur isolement – et par ce qu’elles ont vécu la fin de semaine dernière, viennent de nous illustrer la nécessaire primordialité de faire de la lutte aux changements climatiques notre cheval de bataille commun.  Nous ne sommes pas dans la fiction mais dans la réalité bien réelle.  C’est une lutte de tous les instants du « vivre ensemble. »  C’est un combat planétaire où nous sommes UNE et UN.  Et où le sort de notre collectivité passe à la fois par des chantiers titanesques à être érigés, peaufinés et livrés par nos dirigeants ainsi que par chacun de nous, par nos gestes individuels au quotidien.  Chaque petit geste compte.  Il faut que chacune et chacun de nous, nous mettions l’épaule à la roue pour en faire le combat de tous les combats.

J’en profite pour souligner la qualité des efforts déployés et des actions mises en place en matière de sécurité publique aux Îles de la Madeleine face à ce visiteur impromptu et non désiré.  L’organisation municipale, l’ensemble de tous les intervenants à tous les niveaux, le dévouement de tous les acteurs, le respect des directives par la population de chez nous, la solidarité proverbiale des Madeleiniennes et des Madelinots entre elles et entre eux ont permis d’apaiser nos inquiétudes pour relever cet immense défi.  L’affection et la compassion manifestées à notre coin de pays par l’ensemble de toutes les régions du Québec et d’ailleurs ont mis du baume dans nos cœurs.  Soyez-en remerciés.

À tous les sinistrés, je vous souhaite courage!  Je salue le gouvernement du Québec dans sa promptitude à rassurer les Madeleiniennes et les Madelinots en leur disant qu’il sera présent pour soutenir les sinistrés dans le besoin et pour soigner avec les dirigeants ainsi qu’avec les acteurs du milieu les blessures infligées à nos côtes, à nos berges, à nos plages, à nos falaises et à nos infrastructures par Fiona.

Nos candidats aux Îles et leurs formations politiques doivent s’engager sans demi-mesures dans cette lutte aux changements climatiques, avec réalisme, conviction, sincérité, clarté et détermination.  À quoi bon tous les autres projets si nous n’avons pas su protéger ce chapelet d’Îles fragiles et si belles et si apaisantes…

Ces bâtisseurs : nos aîné-es

Une sagesse populaire africaine nous enseigne qu’« un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle.»  Quelle grande vérité.

Les personnes âgées ne sont rien de moins que notre mémoire collective.  Ce sont les bâtisseurs de nos Îles et on leur doit le plus grand et le plus doux des respects.  Les tristes événements qui se sont déroulés devant nos yeux, à l’échelle du Québec, dans les différents types d’hébergement pour personnes âgées, pendant la présente pandémie nous obligent à faire la confession suivante : comme société, nous n’avons pas fait de nos personnes âgées une priorité, et ce depuis des décennies.  À ce chapitre, nous avons failli.  C’est honteux et nous devons leur demander pardon.

Aux Îles de la Madeleine, il y a encore beaucoup à faire dans notre accompagnement envers les aîné-es, mais je crois que la qualité des soins qui leur ont été et qui leur sont prodigués sont très appréciables.  Je remercie le dévoué personnel dans les différents centres d’hébergement et de soins de longue durée dans l’Archipel.  Aujourd’hui ce sont elles et eux qui ont besoin de votre douceur et de votre soutien respectueux.  Demain ce seront vous qui en aurez besoin de la part de la relève, notre jeunesse.  C’est ça vivre en société.  C’est ça se laisser guider par le bien commun.

J’estime que la majorité des personnes âgées désirent demeurer dans leurs maisons le plus longtemps possible.  C’est pourquoi il nous faut favoriser le les soins de maintien à domicile pour les personnes qui retiennent cette option.  Il nous faut aussi bonifier sans tarder le financement aux aidants naturels qui est totalement dérisoire actuellement.  Il nous faut également nourrir, entretenir et faire grandir le trait-d’union si nécessaire entre nos aîné-es et notre jeunesse.

Les soins en matière de santé

Près de la moitié du budget total du Gouvernement du Québec est consacré à la santé.  Ce ministère est un géant au pied d’argile.  Il est coûteux et ne brille pas par son efficacité ni par sa souplesse.  Les gouvernements se succèdent, et les problèmes demeurent.  Notre population est vieillissante et nous nous dirigeons à vitesse grand V vers l’inversion pyramidale des groupes d’âge où les gens âgées, retraités, seront plus nombreux que les jeunes travailleurs.  Il sera difficile d’y échapper à moins de nous parler entre les quatre yeux, à moins d’être créatifs et imaginatifs et surtout à moins de nous tourner avec rigueur mais aussi avec confiance vers l’immigration.

Beaucoup de pistes de solutions s’offrent à nous au chapitre de la santé.  J’en soulève, en point de forme, que quelques esquisses :

  • Dépolitiser l’administration de la santé;
  • Offrir une gamme de produits d’accompagnement aux personnes qui choisissent le maintien à domicile et bonifier substantiellement le soutien financier aux aidants naturels qui est totalement dérisoire actuellement;
  • Réviser l’autorité des actes médicaux par les différents acteurs de première et de deuxième ligne;
  • Rendre humaines les conditions de travail pour le personnel dans une vision globale et totalement décentralisée;
  • Mieux nous servir des CLSC pour améliorer l’efficacité des soins à domicile et pour contribuer au désengorgement de nos urgences;
  • Revoir notre accompagnement aux personnes souffrant d’handicaps importants et de maladies mentales ainsi que celui de leurs familles constituent l’un des plus grands défis auxquels nous devons nous attaquer avec promptitude et énergie comme société.

Pour les Îles, de façon plus spécifique, les déplacements des patients et de leurs accompagnateurs sur la Grande terre, la livraison des médicaments et l’hébergement des équipes volantes de spécialistes médicaux qui viennent chez nous représentent des défis importants au quotidien.  Je crois que la population a le droit de savoir, clairement, ce qu’en pensent les cinq candidats dans l’actuelle course électorale, et ce, avant le jour du scrutin.

Les services de garde

La famille est le lieu de tous les lieux.  Il est le noyau où se cimentent nos premiers rapports au monde.  Au Québec, nous avons choisi de le reconnaître en nous dotant d’une Politique familiale unique. L’un de ses volets sont les services de garde.

Toutefois, aux Îles de la Madeleine comme ailleurs au Québec, les places en garderie se font rares et constituent un enjeu fortement significatif.  Le gouvernement ne peut pas crier sur tous les toits que la famille lui est une priorité, sans s’attaquer résolument au problème que constitue cet important manque de places en garderies.  La résolution de ce dossier pourrait contribuer à résorber, en partie, la forte forte pénurie de main-d’œuvre que nous connaissons actuellement.  La création de nouvelles places en services de garde pourrait ainsi devenir un incitatif de première importance pour le retour de jeunes familles madeleiniennes chez nous et inciterait de nouvelles familles d’ailleurs à s’établir dans l’archipel.

Malgré le fait que le système de garderie au Québec soit un modèle reconnu et envié par à peu près tout le monde, je demeure ouvert à une mixité du programme qui permettrait aux parents qui n’utilisent pas ce service, peu importe le motif, de bénéficier d’un montant hebdomadaire pour chaque enfant dans cette situation.

La prochaine chronique sera publiée demain, le mardi 27 septembre 2022.  Elle aura pour titre :  Des gens et des actions à ne pas oublier.

(Deuxième de deux parties)

 

LA UNE : Crédit de la photo: Plage de La Martinique. Été 2022, Stephen Prokosh.