La réduction de services de Desjardins à Grande-Entrée fait réagir

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La fin prochaine des services au comptoir de la succursale de Desjardins à Grande-Entrée, aux îles de la Madeleine, soulève des inquiétudes chez les commerçants et les aînés.

La semaine dernière, la Caisse des Ramées a annoncé qu’elle mettrait fin en début d’automne à ses services caissiers à Grande-Entrée et à Cap-aux-Meules, laissant uniquement les guichets sur place.

Si les utilisateurs de Cap-aux-Meules peuvent se rabattre sur le point de services de L’Étang-du-Nord, situé à moins de 4 kilomètres, ceux de Grande-Entrée devront parcourir près de 50 kilomètres pour atteindre le point de services de Desjardins le plus proche, soit celui de Havre-aux-Maisons.

Le président du Club des 50 ans et plus de Grande-Entrée, Bernard Richard, indique que plusieurs personnes âgées sont préoccupées par cette décision.

Un portrait de Bernard Richard.

Le président du Club des 50 ans et plus de Grande-Entrée, Bernard Richard, s’inquiète des impacts de la décision de Desjardins sur les personnes âgées. PHOTO : GRACIEUSETÉ DE BERNARD RICHARD

Les personnes âgées quand on change leurs habitudes de vie, ça les stresse.

Une citation de Bernard Richard, président du Club des 50 ans et plus de Grande-Entrée

Pour les personnes âgées de 85 ans et plus, ça va être très difficile de s’adapter au système électronique et d’aller au guichet automatique, croit-il. Ces personnes-là m’ont interpellé pour savoir ce qui allait leur arriver.

La réduction de services annoncée par Desjardins soulève aussi les enjeux de dévitalisation du secteur de Grande-Entrée, qui a perdu de nombreux services au cours des dernières années.

On se sent un peu perdu, admet M. Richard. Est-ce qu’on s’en vient comme l’île d’Entrée? C’est quoi la prochaine chose qu’on va perdre.

Craintes chez les commerçants

De son côté, la propriétaire de l’épicerie L’Essentiel de Grande-Entrée se dit aussi inquiète de la fin de service au comptoir.

La façade de l'épicerie de Grande-Entrée

La propriétaire de l’épicerie L’Essentiel de Grande-Entrée redoute la fin des services caissiers. PHOTO : GRACIEUSETÉ D’IDA DÉRASPE

Ida Déraspe mentionne que l’ouverture du comptoir, qui avait été réduite dans les derniers mois à un seul après-midi par semaine, était déjà insuffisante pour son commerce.

Chaque jeudi, je vais faire mon change, mais des fois j’en manque un ou deux jours avant et j’essaie de m’organiser avec des amis ou d’autres organismes, explique Mme Déraspe. Une fois par semaine, je trouvais déjà que ce n’était pas assez surtout dans le temps de la pêche et du tourisme.

Honnêtement, ça me fait peur. S’il faut faire 50 kilomètres pour aller faire du change ou faire nos dépôts, ça commence à être loin un peu.

Une citation de Ida Déraspe, propriétaire de l’épicerie de Grande-Entrée

Ida Déraspe indique que la Caisse des Ramées l’a contactée personnellement pour l’informer qu’elle travaillait à trouver des solutions pour continuer d’assurer un service aux entreprises, mais l’épicière doute de l’efficacité de ces mesures.

Si c’était une décision révocable, ça serait le meilleur des mondes, croit-elle.

Le directeur général de l’Auberge La Salicorne de Grande-Entrée demande minimalement la continuité des services de base aux entreprises.

Robert St-Onge, devant un bâtiment de La Pointe de Grande-Entrée.

Le directeur de l’Auberge La Salicorne, Robert St-Onge, invite Desjardins à rester près de ses membres. (Photo d’archives) PHOTO : RADIO-CANADA / ISABELLE LAROSE

Il va falloir voir avec Desjardins pour qu’il assure les services de base, avoir du change et faire les dépôts d’une manière ou d’une autre, indique M. St-Onge. Ça, c’est la base.

Lui-même résident de Grande-Entrée, Robert St-Onge estime que Desjardins se doit de se réinventer pour demeurer proche de ses utilisateurs pour demeurer pertinente auprès des membres, à l’ère où toutes les banques offrent des services en ligne.

Comment pourrait-on réinventer ça?, questionne-t-il. Il y a 180 entreprises dans le secteur est des Îles, comment pourrait-on leur donner des services? Avant de penser déplacer tous ces gens-là au centre des Îles, est-ce qu’un conseiller ne peut pas venir dans une seule voiture? Il faut peut-être penser la chose à l’inverse.

Radio-Canada a tenté d’obtenir des réactions de la part d’élus des municipalités de Grosse-Île et des Îles-de-la-Madeleine, mais personne n’était disponible pour commenter le dossier.

 

LA UNE : À partir de l’automne, Desjardins n’offrira plus de services en personne, au comptoir, à son point de services de Grande-Entrée, situé dans le Capitole de l’Est. (Photo d’archives) PHOTO : RADIO-CANADA / ISABELLE LAROSE

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