Quand les plantes envahissantes menacent les Îles-de-la-Madeleine : une mobilisation régionale pour protéger la biodiversité

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Une espèce exotique envahissante floristique est une plante introduite, intentionnellement ou accidentellement, à l’extérieur de son aire de répartition naturelle, généralement en raison des activités humaines. Naturellement dotée d’une très grande capacité d’adaptation, une fois établie, elle se propage rapidement, déséquilibre les écosystèmes locaux et entre en compétition avec les espèces indigènes, souvent au détriment de la biodiversité.

Ces plantes peuvent également entraîner des répercussions économiques importantes, en nuisant aux secteurs agricole, forestier, touristique et immobilier, en plus de poser des enjeux sociaux, notamment en affectant la santé humaine ou en endommageant certaines infrastructures.

Déjà en 2003, les EEE représentaient la deuxième cause mondiale de perte de biodiversité, après la destruction des habitats naturels. Aujourd’hui, 55 espèces exotiques envahissantes floristiques, considérées comme nuisibles, sont établies au Québec. L’augmentation des températures, des précipitations et l’allongement des périodes sans gel prolongent la saison de croissance des végétaux, ce qui favorise leur prolifération.

Renouées asiatiques

Le territoire madelinot abrite un écosystème riche et unique au Québec. Cependant, la présence d’espèces, telles que la Renouée du Japon, la Renouée de Sakhaline, la Renouée de Bohème, le Roseau commun, la Salicaire commune, l’Alpiste roseau, le Gaillet mollugine, le Lupin polyphylle ou l’Impatiente glanduleuse menace directement la biodiversité de la flore et de la faune indigènes.

Face à ces enjeux, et dans la continuité du Plan nature 2030, le gouvernement du Québec s’est engagé à « prévenir l’introduction, associée à l’activité humaine, de nouvelles EEE et de nouveaux pathogènes sur le territoire québécois, freiner la propagation de celles déjà présentes et limiter les impacts par des actions de contrôle sur des sites prioritaires ».

Malgré ces efforts, la lutte contre les EEE floristiques demeurait peu structurée dans certaines régions, et n’était pas toujours perçue comme une priorité.
C’est dans ce contexte que le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ) s’est vu octroyer une subvention maximale de 9 750 000 $ par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) pour la mise en œuvre du projet « Soutien aux régions dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes (EEE) floristiques 2025-2028 » dans le cadre du Plan nature 2030.

Ce projet vise à soutenir la concertation régionale et l’élaboration de stratégies régionales de lutte contre les EEE floristiques, en collaboration avec les conseils régionaux de l’environnement (CRE) à travers le Québec. Dans le cadre de cette entente, le RNCREQ octroie à Attention FragÎles, le CRE des Îles-de-la-Madeleine, un montant de 448 685 $ sur trois ans (du 21 mars 2025 au 31 mars 2028) pour la réalisation du projet sur le territoire madelinot. Il s’agit d’un projet structurant pour le Québec qui s’articule autour de quatre des cinq principaux volets en ce qui concerne les Îles-de-la-Madeleine.

Renouées asiatiques

Ce projet vise à mobiliser les acteurs régionaux autour de stratégies partagées de prévention, de détection et de contrôle, en s’appuyant sur la collaboration et l’expertise des 17 CRE du Québec.

Chaque CRE, en collaboration avec le RNCREQ, s’engage à « offrir un cadre propice à l’élaboration de stratégies régionales et de plans d’action ; animer des tables de concertation régionale ; organiser des forums régionaux et interrégionaux pour veiller au transfert de connaissances ; présenter une plateforme d’information publique pour un accès simplifié aux outils et à la connaissance ; établir un calendrier d’actions de prévention et de détection selon les priorités identifiées dans chacune des régions ».

Sur le territoire, nous avons la chance de collaborer avec des représentants d’organisations partenaires telles que de la Communauté maritime et de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine, du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), de la société de Conservation des Îles-de-la-Madeliene (SCÎM), du Comité ZIP des Îles,  de la Table de concertation régionale des Îles-de-la-Madeleine sur l’eau, du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), du Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes (CERMIM), de Hydro-Québec et des entrepreneurs qui font partie de la Table de concertation sur les EEE floristiques des Îles-de-la-Madeleine mise en place à l’automne 2025. Cette table est évolutive, si le sujet vous interpelle comme organisation ou partie prenante des enjeux EEE floristiques ou des solutions pouvant être mise en place, n’hésitez pas à nous contacter. Le portrait du territoire est en cours et la prochaine étape est de bien identifier les enjeux afin de proposer un plan d’action (la stratégie) pour le territoire dont le livrable est attendu en 2027.

 

LA UNE : Gaillet mollugine

 

 

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