Les 175 membres du Syndicat des employé-es de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine ont entamé un débrayage de deux jours lundi matin. Cette grève génère de nombreuses modifications aux services municipaux.
Les syndiqués, qui se sont récemment dotés d’un mandat de grève de cinq jours, sont sur la ligne de piquetage. Les négociations pour le renouvellement de leur convention collective piétinent.
Après 25 séances de négociations, le syndicat qui regroupe les cols blancs, les cols bleus et les professionnels, n’est pas parvenu à conclure une entente avec la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine.
Les dernières propositions de l’employeur sont des montants très ridicules
, lance le président du Syndicat des employé-es de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Gilles Turbide.
Les syndiqués réclament actuellement une hausse salariale de 22 % sur 5 ans, en plus d’une prime d’éloignement d’environ 2 dollars de l’heure.
On est dans un milieu isolé, ça coûte toujours plus cher, le panier d’épicerie, les matériaux de construction
, fait valoir M. Turbide. Le ministère des Transports et d’autres ont une prime d’éloignement. On veut être compétitif pour le recrutement aussi.

La partie syndicale fait valoir que la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine a dégagé des surplus de 5,8 millions de dollars lors de l’exercice financier 2024 et affirme que la Municipalité fait des économies sur le salaire de celles et ceux qui sont au service de la population
.
Le syndicat soutient également que les cadres accaparent plus de la moitié de la masse salariale de 15 millions de dollars alors qu’ils représentent 20 % du personnel. La différence de salaire est élevée entre les syndiqués et les cadres
, affirme le président du syndicat.

L’octroi de certains contrats en sous-traitance est également l’un des points de discorde entre les parties. Le syndicat s’oppose à ce que certaines tâches, dont le déneigement de stationnements et de certaines rues municipales, soient déléguées à des entreprises privées.
On a les équipements et le personnel pour le faire et ça coûte plus cher aux contribuables. On perd notre expertise sur le terrain en plus et le privé peut monter les prix ensuite
, déplore M. Turbide. Si l’on donne moins de contrats au privé, ça peut coûter moins cher.
Deux autres journées de négociations sont prévues les 3 et 9 juillet. Si aucune entente n’est conclue, trois autres journées de grève sont prévues les 14, 15 et 16 juillet.
La Municipalité avare de commentaires
De son côté, la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine refuse de commenter les négociations en cours sur la place publique.
Il y a une bonne partie qui a été réglée, excepté la partie monétaire
, a tout de même précisé le directeur général, Jean Hubert. On croyait bien pouvoir convenir d’une entente avant le 1er juillet.

M. Hubert indique qu’il a bon espoir que les deux journées de négociations à venir permettent d’avancer rondement
dans les discussions.
On est toujours à la table de négociations pour convenir d’une entente avec la partie syndicale dans un cadre financier qui est responsable et raisonnable
, dit-il. On a toujours espoir de signer une convention collective, l’objectif c’est d’arriver à un terrain d’entente.
Modification des services municipaux
La grève des syndiqués de lundi et mardi, suivie de la journée fériée de mercredi, fait en sorte que de nombreux services ne seront pas offerts durant trois jours. On ajuste les services municipaux en conséquence
, indique le directeur général de la Municipalité.
L’hôtel de ville et les points de services municipaux seront fermés jusqu’à mercredi inclusivement, de même que la bibliothèque Jean-Lapierre, le Centre multisport Desjardins, le Centre de gestion des matières résiduelles et l’écocentre.

L’horaire de la collecte des matières résiduelles est aussi modifié et aucune collecte des matières compostables n’aura lieu cette semaine.

Les activités municipales prévues sur le Site historique de La Grave sont aussi annulées les 29 et 30 juin.
Toutefois, une entente a été conclue avec le syndicat en cas d’intervention d’urgence, comme un bris d’aqueduc ou d’égout, afin de maintenir les services essentiels.
LA UNE : Les employés manifestent le long de la route 199, non loin de l’hôtel de ville à Cap-aux-Meules. Photo : Gracieuseté de la CSN









