Une entreprise gaspésienne construira le centre communautaire de Grande-Entrée

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C’est l’entreprise gaspésienne LFG Construction qui décroche le contrat de construction du nouveau centre communautaire de Grande-Entrée, aux Îles-de-la-Madeleine.

L’entreprise de Carleton-sur-Mer a proposé le prix de construction le plus bas, chiffré à près de 6 695 000 $, avant taxes. Sa soumission était inférieure d’environ 400 000 $ à celle déposée par l’entreprise madelinienne Les constructions des Îles.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine rappelle que des lois provinciales, dont la Loi sur les contrats des organismes municipaux (LCOM), balisent rigoureusement l’octroi de contrats municipaux.

Ce n’est pas possible de faire une discrimination entre deux entreprises québécoises dans un appel d’offres au-dessus de 139 000 $, donc on n’a pas le choix d’octroyer le contrant à LFG Construction qui est le plus bas soumissionnaire conforme, résume Antonin Valiquette.

Maquette du centre de Grande-EntréeLes travaux de construction devraient être finalisés à la fin de 2027. Photo : Gracieuseté de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine

Cet octroi de contrat survient alors que 28 entreprises du secteur de la construction de l’archipel ont fait parvenir, en mai, une lettre au maire des Îles-de-la-Madeleine. Elles demandent que des mécanismes soient mis en place pour favoriser les commerces locaux dans l’octroi de contrats municipaux. Une rencontre a par la suite été organisée entre les deux parties.

Le maire admet avoir eu un pincement au cœur en voyant que c’est une entreprise gaspésienne qui avait déposé l’offre de service la moins chère.

Je suis Madelinot, je reste aux Îles et je suis très sensible à l’économie locale, affirme M. Valiquette. Mais un appel d’offres, c’est justement fait pour ne pas avantager ou désavantager une entreprise, c’est le principe même d’un appel d’offres.

Le maire Antonin Valiquette à la table du conseil municipal.Le maire des Îles-de-la-Madeleine souligne que les règles provinciales en matière d’octroi de contrat à la suite d’un processus d’appel d’offres offrent peu de latitude pour favoriser des entreprises madeliniennes. Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Des changements à plus long terme espérés

La présidente de l’entreprise Les Constructions des Îles, Sarah Clark, qui agit comme porte-parole du groupe d’entreprise ayant interpellé le maire, n’est pas surprise que LFG Construction remporte le contrat de construction du centre communautaire de Grande-Entrée.

On savait d’avance que ce contrat-là, on ne l’aurait pas. C’est vraiment correct et on espère que ça va bien aller avec LFG Construction, dit-elle.

Elle espère tout de même que la sortie publique des entreprises madeliniennes va permettre de changer certaines choses à plus long terme.

Notre but était de faire jaser et éventuellement de faire changer les pratiques municipales pour les prochains contrats.

Une citation de Sarah Clark, présidente des Constructions des Îles

Le maire des Îles-de-la-Madeleine précise que des critères qualitatifs peuvent être ajoutés dans les appels d’offres pour les contrats de plus de 139 000 $, notamment en matière de développement durable. Toutefois, Antonin Valiquette doute que cet ajout soit bénéfique pour les constructeurs madelinots.

On pourrait, par exemple, favoriser les entreprises qui ont une certification en développement durable ou qui utilisent des matériaux recyclés, mais est-ce que ça favoriserait une entreprise locale des Îles par rapport à une autre du continent? Pas nécessairement, peut-être même que ça ferait le contraire, explique-t-il.

Ajout d’une clause de préférence pour les contrats de moindre valeur

Le conseil municipal a tout de même adopté mardi un nouveau projet de règlement portant sur sa gestion contractuelle. Il introduit une clause de préférence pour les contrats de gré à gré dont la valeur est inférieure à 139 000 $.

Les élus à la table du conseil de la Communauté maritime des Îles lors de la séance du 14 juillet 2026Le conseil de la Communauté maritime des Îles et celui de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine ont adopté un projet de règlement sur la gestion contractuelle. Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

 

Pour ces contrats de moindre valeur, Québec autorise que les organismes municipaux appliquent une discrimination territoriale, dans une certaine mesure.

Ce règlement va permettre de privilégier des entreprises des Îles pour les contrats de moins de 139 000 $ qui peuvent être octroyés de gré à gré [et prévoit] jusqu’à 10 % d’écart avec un autre fournisseur du continent.

Une citation de Antonin Valiquette, maire des Îles-de-la-Madeleine

Antonin Valiquette indique que l’écart préférentiel de 10 % est le maximum autorisé par Québec, ce qui correspond à une marge maximale de 13 900 $ entre deux offres de service. Le maire reconnaît que les discussions avec les entrepreneurs madelinots ont teinté le contenu du règlement.

On était prêt à adopter ce règlement en juin, mais, suivant la lettre des entrepreneurs en juin, on a décidé de reporter cette résolution-là en juillet, le temps d’avoir la rencontre avec les entrepreneurs et d’entendre ce qu’ils avaient à dire avant de prendre une décision, explique le maire. On a joué un peu avec le pourcentage, on va avec le maximum que la loi nous permet en termes d’écart admissible.

La Municipalité va continuer d’appliquer le principe de rotation parmi les fournisseurs du territoire pour l’octroi de contrats de gré à gré.

La Loi sur les contrats avec les organismes municipauxentrée en vigueur le 1er avril 2026, oblige les organismes municipaux à adopter un règlement sur la gestion contractuelle.

Le conseil municipal madelinot avait déjà adopté en septembre 2024 un règlement de ce type, mais a dû l’abroger et le remplacer pour le rendre conforme aux exigences de la LCOM.

LA UNE : Le centre communautaire de Grande-Entrée est un projet global de 8,2 millions de dollars. Photo : Firme Clermont-St-Germain.

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