Le RPPCI déménage son écloserie de homard

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Une nouvelle alliance voit le jour entre le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles (RPPCI) et la Coopérative des pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine. En plus d’avoir permis le déménagement de l’écloserie, cette collaboration pourrait mener à la création d’un centre technologique consacré au homard.

Le RPPCI, la plus importante association de pêcheurs de homard de l’archipel, a démarré son projet d’écloserie de homard en 2023 dans les locaux de Merinov, à Havre-aux-Maisons. En 2025, un centre d’interprétation y avait même été aménagé pour permettre des visites du public.

L’association a toutefois décidé de plier bagage et de déménager ses équipements dans le bâtiment de la Coopérative des pêcheurs des Îles, situé non loin de celui de Merinov.

dsc05751À la fin 2024, la Coopérative des pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine a acquis l’ancien bâtiment qui accueillait les équipements de Total Océan sur la pointe de Havre-aux-Maisons. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

 

Selon le RPPCI, le bâtiment de la coopérative permet un approvisionnement simplifié en eau de meilleure qualité, en plus d’offrir de meilleures possibilités de développement. On est en mode industriel ici, résume le coordonnateur des projets scientifiques du RPPCI, Jean-François Laplante.

Les plafonds ont, au minimum, deux étages de haut, donc on pourrait construire un deuxième plancher, augmenter la surface de production et travailler en gravité et avoir moins besoin de pompe. Il y a du potentiel dans l’espace disponible, ajoute-t-il.

Des viviers de homard industriels avec une passerelle au-dessus.La présence de viviers et le système d’approvisionnement en eau de mer déjà en place à la Coopérative de pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine facilitent les activités de l’écloserie du RPPCI. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

 

La Coopérative des pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine, qui détient un permis d’acquéreur de homard depuis 2024, se réjouit également de ce partenariat officialisé par un bail de deux ans. L’aménagement de l’écloserie permet de donner vie à des locaux jusqu’ici vacants et de diversifier les revenus de la coopérative.

On a trouvé un beau modèle d’affaire, souligne le directeur général de la coopérative, Francis Simard. On voulait que le projet d’écloserie puisse continuer. C’est une question de développement. On fait ça pour l’ensemble des 325 pêcheurs, pas juste nos pêcheurs à nous.

Une année de rodage, sans aide financière

Pour cette première année de rodage dans les nouveaux locaux, environ 10 000 larves de homard seront élevées en bassin avant d’être ensemencées en mer. À terme, la capacité de l’écloserie pourrait facilement atteindre 50 000 larves annuellement dans les nouvelles installations.

Des investissements d’environ 100 000 $ puisés à même le budget du RPPCI ont été nécessaires pour déménager l’écloserie et acquérir des nouveaux équipements.

Des larves de homard vues de près.Les larves de homard qui prennent vie en écloserie sont ensuite ensemencées sur les fonds de pêche, pour assurer la pérennité des stocks. (Photo d’archives) Photo : Hélène Laurendeau

 

En raison de l’échéance de la première mouture du Fonds des pêches en mars, l’association de pêcheurs n’a pas reçu de financement gouvernemental en 2026 pour exploiter son écloserie, comparativement aux années précédentes.

Une plateforme technologique consacrée au homard

La collaboration entre le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles et la Coopérative des pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine pourrait aller au-delà du projet d’écloserie.

Les deux organismes envisagent déjà la création d’une plateforme technologique consacrée au homard, dans les locaux de la coopérative, d’ici 2029.

Le projet pourrait permettre la réouverture d’un centre d’interprétation qui combinerait la découverte des larves de l’écloserie du RPPCI et les homards destinés à la commercialisation qui se trouvent dans les viviers de la Coopérative des pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine.

Un microscope avec un ordinateur portable montrant une larve de homard.La création d’un centre technologique à même des locaux existants, où des viviers commerciaux et une écloserie sont déjà en place, permettrait de limiter les investissements nécessaires. Photo : Gracieuseté de Jean-François Laplante/RPPCI

 

Des volets éducatifs, scientifiques et commerciaux font aussi partie du projet qui viendrait créer un carrefour mettant le homard en vedette en tant que ressource clé du développement régional.

Le but serait d’asseoir une expertise sur le homard. Ça pourrait être un beau centre qui permettrait d’améliorer la formation des jeunes, les collaborations, les liens avec l’industrie et de mettre en valeur tout ce qui touche à la pêche au homard.

Une citation de Jean-François Laplante, coordonnateur des projets scientifiques du RPPCI

Le RPPCI compte déposer un projet au ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie pour financer l’étude de faisabilité du projet.

Celle-ci permettrait de chiffrer les investissements nécessaires et les revenus potentiels liés à la création d’un tel carrefour dans les locaux actuels de la coopérative.