Projet éolien de Grosse-Île : les promoteurs gardent le cap malgré l’opposition

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Bien qu’un récent sondage témoigne d’une opposition au projet de parc éolien de Grosse-Île, les promoteurs et la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine souhaitent aller de l’avant avec la construction de quatre éoliennes.

La Municipalité de Grosse-Île a récemment dévoilé les résultats d’un sondage communautaire mené auprès des résidents et des propriétaires fonciers de son territoire.

Sur 140 répondants, 98 affirment s’opposer au projet de parc éolien, soit 70 %.

Près de 13 % des personnes ayant répondu au sondage affirment être favorables au projet et 4 % sont indécis. Pas moins de 13 % des réponses ont été jugées inadmissibles en raison de doublons, d’inadmissibilité des répondants ou d’informations manquantes.

La Municipalité de Grosse-Île précise que la population admissible au sondage dépassait les 500 personnes; le taux de participation est donc estimé à 25 %.

Une modélisation montrant la présence d'éolienne à Grosse-ÎleLes promoteurs ont simulé la présence d’éoliennes sur les sept positions initialement étudiées, près de la mine de sel à Grosse-Île. Deux positions ont depuis été retirées des analyses. Photo : Gracieuseté du Parc éolien de Grosse-Île

 

Ce coup de sonde fait suite à une des recommandations du rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) déposé en juin. Le document donnait un appui au projet, à certaines conditions.

Le BAPE a relevé que le projet suscite de l’opposition au sein de la municipalité d’accueil du projet. Son rapport suggérait à la Municipalité de Grosse-Île de consulter rapidement sa population afin de documenter sa position et ses préoccupations.

Dans son communiqué faisant état des résultats du sondage, la Municipalité de Grosse-Île souligne que l’exercice était de nature consultative et ne constituait ni un référendum ni un vote juridiquement contraignant.

Le maire de Grosse-Île, Gordon Burke, n’a pas donné suite aux demandes de Radio-Canada.

Le parc éolien de Grosse-Île, en bref :

    • 4 éoliennes de 150 mètres de hauteur

    • Puissance contractuelle de 16,8 mégawatts

    • Le terrain d’implantation appartient à Mines Seleine

    • Durée d’exploitation prévue de 30 ans

    • Coût estimé à 80 M$ (avant la révision de coûts recommandée par le BAPE)

    • Mise en service prévue en 2028, à la suite de retards sur l’échéancier initial

Les promoteurs et la Communauté maritime des Îles gardent le cap

Ce coup de sonde ne modifie pas la volonté des promoteurs, soit l’Alliance de l’énergie de l’Est et Nutrinor-Gilbert Énergies renouvelables, d’aller de l’avant avec le projet éolien.

On trouve que le taux de participation au sondage limite la portée des résultats et ne confirme pas nécessairement un fort niveau d’opposition au projet, fait valoir le vice-président de l’Alliance de l’énergie de l’Est, Simon Deschênes.

L’acceptabilité sociale ne rime pas avec l’unanimité, nous savions qu’il y avait des opposants. Le dialogue est toujours maintenu avec la communauté de Grosse-Île. On ne minimise pas les efforts.

Une citation de Simon Deschênes, vice-président de l’Alliance de l’Est
Simon Deschênes, maire de Sainte-Anne-des-Monts.Le vice-président de l’Alliance de l’énergie de l’Est, Simon Deschênes, indique que les promoteurs souhaitent maintenir le dialogue avec la population de Grosse-Île. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

 

Dans la foulée des audiences du BAPE, les promoteurs ont annoncé en juin la mise en place d’un groupe de travail spécifique au projet de Grosse-Île en plus de l’inclusion de citoyens de Grosse-Île et des Îles-de-la-Madeleine au Comité de liaison des parcs éoliens de la Dune-du-Nord et de Grosse-Île.

Simon Deschênes annonce que des rencontres citoyennes se tiendront les 16 et 17 septembre à Grosse-Île. La composition du nouveau groupe de travail sera annoncée à ce moment, à la suite d’un appel de candidatures lancé en juin.

Jean Hubert et Antonin Valiquette lors de l'audiences publiques du BAPE le 11 mars.Le président de la Communauté maritime des Îles, Antonin Valiquette, a défendu la pertinence du projet éolien à Grosse-Île lors des audiences publiques du BAPE. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

 

La position de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine, la MRC qui inclut les municipalités de Grosse-Île et des Îles-de-la-Madeleine, demeure également la même.

On constate que des gens ne sont pas favorables à ce projet, mais quand on met tous les éléments dans la balance, la position de la Communauté maritime des Îles demeure d’aller de l’avant avec le projet, même s’il ne fait pas l’unanimité, affirme le président de la Communauté maritime, Antonin Valiquette.

Les bénéfices seront plus grands que les inconvénients pour la communauté maritime des Îles.

Une citation de Antonin Valiquette, présidents de la Communauté maritime des Îles

M. Valiquette souligne que le projet permettra l’économie de 11 millions de litres de mazout par année et évitera l’émission annuelle de 34 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES), durant 30 ans.

Le territoire des îles de la Madeleine est exigu et il n’y a pas d’autre endroit plus favorable qu’un terrain déjà industriel où se trouve déjà la mine de sel, ajoute-t-il

La ministre de l’Environnement aura le dernier mot

C’est la ministre québécoise de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), Pascale Déry, qui décidera si le projet éolien de Grosse-Île ira de l’avant ou non.

Questionné par Radio-Canada sur la possibilité que la décision soit rendue avec le déclenchement de la campagne électorale, le directeur des communications du cabinet du MELCCFP a offert une réponse laconique.

Le dossier chemine, la décision sera rendue publique au terme du processus, a-t-il écrit par courriel.

LA UNE : Le parc éolien de Grosse-Île est contesté par certains citoyens qui craignent les impacts visuels, environnementaux et sonores du projet. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

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