Il m’est arrivé à quelques reprises d’aborder des sujets concernant la sécurité routière et de dénoncer certains comportements dangereux au volant. Toutefois, au-delà de l’attitude des conducteurs, l’état du véhicule constitue lui aussi un facteur de sécurité important et peut, dans certains cas, représenter un danger sur la route. Aujourd’hui, je m’attarde aux pneus usés.
Des pneus finis encore sur nos routes
J’ai récemment visité un détaillant de pneus indépendant pour faire effectuer une réparation. Pendant que le mécanicien s’affairait à la tâche, je me promenais à l’extérieur lorsque j’ai remarqué une pile de pneus usagés. Poussé par la curiosité, je suis allé y jeter un coup d’œil. J’ai alors été stupéfait de constater l’état d’usure très avancé de certains d’entre eux, qui représentaient assurément un danger sur la route.
Certains pneus ne comportaient pratiquement plus aucune rainure sur leur bande de roulement. Dans certains cas, une partie importante de la ceinture d’acier était même visible. En observant cet amoncellement de pneus destinés au recyclage, une question m’est venue à l’esprit : ces pneus-là se trouvaient-ils réellement sur des véhicules qui circulaient sur nos routes?
L’atelier mécanique en question m’a malheureusement confirmé que oui. Dans la majorité des cas, les véhicules étaient arrivés sur place chaussés de ces pneus. Quelques semaines plus tard, j’ai d’ailleurs remarqué, dans un stationnement, un véhicule chaussé de pneus d’hiver qui ne présentaient pratiquement plus aucune rainure sur la moitié de leur bande de roulement, et ce, en plein été.

Les dangers sur la route
Les gens ne le réalisent pas toujours, mais des pneus aussi usés que ceux que j’ai observés représentent un véritable danger sur la route. Tout d’abord, un pneu présentant des signes d’usure suffisamment avancés pour que sa ceinture d’acier soit visible présente un risque accru de défaillance, ce qui peut entraîner une perte de contrôle et provoquer un accident.
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L’autre danger est l’aquaplanage. Un pneu très usé évacue beaucoup moins efficacement l’eau et augmente le risque d’aquaplanage. Ce risque dépend également de la vitesse du véhicule et de la quantité d’eau présente sur la chaussée. On rappelle qu’une perte d’adhérence peut rapidement entraîner une perte de contrôle et provoquer un accident.
Garder son véhicule à l’œil
Plusieurs hypothèses me viennent à l’esprit pour expliquer pourquoi certaines personnes attendent aussi longtemps avant de remplacer leurs pneus. La négligence peut évidemment jouer un rôle. Certaines personnes se contentent de faire le strict minimum en ce qui concerne l’entretien et les vérifications mécaniques de leur véhicule.
Cela dit, la négligence n’est certainement pas la seule explication. Le coût élevé des pneus et le budget limité de certains automobilistes, la méconnaissance, l’absence d’inspections régulières ou encore une usure située du côté intérieur et difficilement visible peuvent également expliquer certaines situations.

Sans dire d’effectuer une inspection chaque matin, il demeure important de vérifier ou de faire vérifier l’état de son véhicule quelques fois par année. Au-delà du niveau d’essence d’un véhicule thermique ou de la recharge d’un véhicule électrique, une automobile comporte de nombreux composants qui doivent être inspectés, notamment les pneus.
Une pression inadéquate, une défaillance de certains composants de suspension ou un mauvais alignement peuvent entraîner une usure irrégulière des pneus. Sans une vérification attentive, on peut rapidement se retrouver avec un pneu dont la bande de roulement est encore acceptable à un endroit, mais complètement usée à un autre.
L’usure doit donc être vérifiée sur toute la largeur du pneu, particulièrement du côté intérieur, ainsi qu’à plusieurs endroits autour de la bande de roulement. L’utilisation d’un profondimètre permet également d’obtenir une mesure précise. Ces vérifications peuvent être effectuées lors des changements saisonniers et des permutations de pneus. Des vibrations, une direction qui tire d’un côté, une usure visiblement irrégulière ou encore une perte d’air régulière devraient aussi inciter le propriétaire à faire inspecter son véhicule.

Les pneus d’hiver en été, c’est non
Je le sais, des pneus, ça coûte cher. Certaines personnes choisissent donc de « finir » leurs pneus d’hiver pendant l’été, mais ce n’est pas une bonne idée, selon moi.
Tout d’abord, plusieurs des pneus complètement usés que j’ai observés étaient justement des pneus d’hiver trop détériorés pour terminer une autre saison. Il faut savoir que les pneus d’hiver possèdent une gomme plus souple qui s’usera beaucoup plus rapidement sous l’effet de la chaleur. Cette gomme offre également moins de stabilité et peut allonger les distances de freinage en été.
Rouler avec des pneus d’hiver en été n’est pas interdit au Québec, mais cette pratique est fortement déconseillée. Sur une chaussée chaude et mouillée, leur distance de freinage peut être jusqu’à 26 % plus longue que celle de pneus conçus pour une utilisation estivale. Il ne s’agit donc pas d’un choix optimal ni sécuritaire.

Attention aux pneus usagés sur Marketplace
Tant qu’à parler de pneus, je souhaite également mettre les gens en garde contre certaines fausses économies réalisées sur la plateforme Marketplace, que nous connaissons tous très bien.
Bien entendu, certaines personnes sont honnêtes et vendent à prix raisonnable des pneus encore en très bon état à la suite d’un changement de véhicule, par exemple. Cependant, cette plateforme ne regroupe pas uniquement de bonnes aubaines. On y trouve également des pneus qui représentent à la fois une mauvaise affaire et un danger évident.
Un peu plus tôt cette année, je magasinais un ensemble de roues d’origine d’occasion pour l’un de mes véhicules. J’ai repéré des annonces dans lesquelles des gens demandaient plus d’une centaine de dollars pour un ensemble de quatre pneus d’été présentés comme « bons pour un dernier été ». Pourtant, à voir les photos, il était évident que ces pneus étaient plutôt bons pour le recyclage que pour une autre prétendue saison.
Avant d’acheter des pneus usagés, il est important de vérifier la date de fabrication inscrite dans le code DOT, la présence de fissures, de bosses ou de réparations, ainsi que l’usure uniforme des quatre pneus. Il faut également mesurer la profondeur réelle des rainures et vérifier les dimensions ainsi que la présence de dommages sur les flancs ou à l’intérieur du pneu.

Au Québec, un pneu devient non conforme lorsqu’un témoin d’usure touche la chaussée ou lorsque la profondeur d’une rainure principale est inférieure à 1,6 millimètre, soit 2/32 de pouce. Un pneu est également non conforme lorsque sa toile de renforcement ou sa ceinture d’acier est exposée. De plus, les capacités d’évacuation de l’eau diminuent bien avant que le pneu atteigne cette limite. Acheter un pneu dont les rainures n’ont plus que 3/32 de pouce de profondeur, même s’il est encore considéré comme légal, n’est donc clairement pas recommandé.
Mon message à ceux qui tentent de vendre de tels pneus est le suivant : arrêtez de vouloir profiter des gens qui ne s’y connaissent pas suffisamment pour réaliser quelques centaines de dollars aux dépens d’acheteurs moins informés.
Pour la sécurité de tous
En autres mots, les pneus sont le seul point de contact du véhicule avec la route. Ne jouez donc pas avec votre sécurité ni avec celle des autres : assurez-vous que vos pneus sont toujours dans un état permettant de rouler en toute sécurité.
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