Élections provinciales : les Madelinots veulent entendre parler d’environnement

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Un débat courtois, mais pimenté aux Îles-de-la-Madeleine   https://www.ilesdelamadeleine.com/2026/09/25/un-debat-courtois-mais-pimente-aux-iles-de-la-madeleine/

Un débat courtois, mais pimenté aux Îles-de-la-Madeleine

Quatre des six candidats des Îles-de-la-Madeleine ont pris part...

Alors que les îles de la Madeleine sont aux premières loges des changements climatiques, plusieurs intervenants de l’archipel déplorent le peu de place qu’occupe l’environnement dans la campagne électorale au Québec.

On dirait qu’il y a toujours quelque chose de plus prioritaire que l’environnement, déplore le maire des Îles-de-la-Madeleine, Antonin Valiquette.

Ce dernier estime qu’il est préoccupant que les enjeux environnementaux aient surtout été abordés de façon indirecte par les chefs de parti, avec une vision plus budgétaire qu’écologiste.

Il souligne, par exemple, que le financement des programmes environnementaux a surtout été abordé à travers la question des taxes sur l’essence. Certains partis proposent de réduire ces taxes, bien qu’elles servent à financer des projets en environnement.

Des machineries sur un talus de pierre au pied des falaises érodées.

C’est important de maintenir le financement dans les mesures environnementales et les programmes d’adaptation aux changements climatiques, croit le maire.

Selon Antonin Valiquette, le manque de vision à long terme dans le dossier pourrait coûter cher au Québec.

Quand on regarde les coûts l’adaptation aux changements climatiques et les événements extrêmes, on est bien placé aux îles de la Madeleine, après deux ouragans en 2019 et en 2022, pour savoir à quel point ça peut coûter cher.

Une citation de Antonin Valiquette, maire des Îles-de-la-Madeleine

M. Valiquette invite les partis qui aspirent à être élus à toujours garder en tête la notion de développement durable dans l’ensemble de leurs orientations.

Des falaises de grès rouge sont érodées par la mer.

À long terme, c’est ce qui va être le plus payant pour notre population à l’échelle du Québec, croit l’élu madelinot.

À elle seule, la Municipalité des Îles exige un soutien financier de Québec de 140 millions de dollars pour s’adapter aux changements climatiques. Pas moins de 88 % des côtes madeliniennes présentent des signes d’érosion.

Un manque de courage ?

La codirectrice générale du Centre d’expertise et de recherche sur les milieux insulaires et maritimes (CERMIM), Mayka Thibodeau, dénonce aussi l’absence des enjeux environnementaux dans la campagne électorale nationale, alors qu’elle sent l’inquiétude chez les Madelinots.

Les gens ici savent que les enjeux de changement climatique, d’eau potable et d’énergie sont ultraprésents. Avez les impacts grandissants, c’est plutôt inquiétant.

Une citation de Mayka Thibodeau, codirectrice générale du CERMIM

Mme Thibodeau est d’avis que les chefs de parti évitent volontairement le sujet.

La codirectrice générale du CERMIM, Mayka Thibodeau, dans les locaux de l'organisme.La codirectrice générale du CERMIM, Mayka Thibodeau, estime que parler d’environnement devrait être un réflexe en campagne électorale. Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Ça prend du courage aujourd’hui pour parler d’environnement, de nommer les enjeux, mais on n’est pas obligé d’être défaitiste, souligne la codirectrice du CERMIM. Les partis pourraient dire qu’ils vont s’occuper du dossier de l’environnement avec attention. C’est quelque chose que j’aimerais entendre.

Une absence de vision déplorée

Hélène Chevrier, une citoyenne de Havre-aux-Maisons très engagée dans les dossiers environnementaux de l’archipel, déplore aussi le manque de vision des politiciens sur la question. Selon elle, seul Québec solidaire propose un discours moins centré sur l’économie.

En ce moment les partis, les candidats qui nous sont présentés ne reflètent pas une vision d’avenir intéressante.

Une citation de Hélène Chevrier, citoyenne de Havre-aux-Maisons

On passe à côté d’un enjeu essentiel, les changements climatiques nous obligent à changer nos modes de vie pour arrêter d’aller au-delà de la capacité de la nature, croit-elle.

Francois Turbide et Hélène Chevrier devant des panneaux solaires.Les citoyens François Turbide et Hélène Chevrier ont doté leur résidence de panneaux solaires pour réduire leur dépendance à l’énergie produite par la centrale thermique au mazout de l’archipel. Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Son conjoint, François Turbide, déplore une forme de déni de la classe politique face aux changements climatiques, car elle continue de promouvoir un mode de vie basé sur la consommation.

Le discours électoral actuel laisse entendre que les impacts vont arriver plus tard, dénonce-t-il. On vit encore comme s’il n’y avait pas de problèmes à l’horizon, c’est ça que je trouve qui est terrible par rapport aux générations futures.

Un débat à saveur environnementale en préparation

De son côté, la directrice d’Attention Frag’Îles, le conseil régional de l’environnement Îles-de-la-Madeleine, n’a pas souhaité commenter le dossier à ce moment-ci.

Mélanie Bourgeois précise néanmoins que le Rassemblement des acteurs en environnement des Îles (RAEI), qui est coordonné par Attention Frag’Îles, tente d’organiser un débat électoral sur l’environnement avec les candidats madelinots d’ici la fin de la campagne afin de remettre la question à l’avant-plan.

Le RAEI demeure dans l’attente de la confirmation de la présence des candidats pour fixer la date de l’événement.

L’organisme travaille parallèlement à compiler les enjeux environnementaux du territoire.

LA UNE : Les enjeux d’érosion côtière sont omniprésents dans l’archipel madelinot, de même que ceux liés à la gestion des déchets et à l’eau potable. Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

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