L’Insurance Institute for Highway Safety (IIHS), cet organisme nord-américain indépendant qui évalue la sécurité automobile, a concocté une nouvelle série de tests pour un type de véhicules qui, jusqu’à présent, passait sous son radar : les camions dits « de travail ».
Du coup, les fourgons de livraison, les camions-caisses et les camionnettes Heavy Duty ont, pour la première fois de l’histoire de l’IIHS, été jetés en pâture dans des tests de collisions frontales avec d’autres véhicules, mais aussi avec les usagers les plus vulnérables du réseau routier : les motos et les piétons.

Les essais ont été menés en juin dernier avec des véhicules dits de classe 3, c’est-à-dire dont le poids nominal brut (PNBV) varie entre 4 536 et 6 350 kg (10 001 à 14 000 livres). Les résultats viennent tout juste d’être publiés — et ça regarde très mal.
Dans l’ensemble, la douzaine de véhicules commerciaux mise à l’épreuve a été nettement moins performante lorsqu’est venu le temps d’identifier une situation dangereuse que les véhicules de tourisme.
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De fait, si l’une de vos priorités, à bord de votre véhicule nécessairement plus gros et plus lourd que la moyenne, est la sécurité, de la vôtre comme de celle des autres, vous n’avez à peu près aucun choix qui s’offre à vous sur le marché actuel, démontre l’IIHS :

Selon les évaluations de l’IIHS, seuls deux véhicules s’en tirent plutôt bien — le Mercedes-Benz Sprinter 2500 et le Chevrolet BrightDrop 400 —, mais encore ne le font-ils pas sur tous les plans.
D’abord, le Mercedes-Benz Sprinter 2500 est l’unique modèle à s’afficher avec la meilleure note (Good) pour la sécurité « véhicule-à-véhicule », c’est-à-dire sa capacité à freiner automatiquement en situation d’urgence avec efficacité. En ce qui a trait à la sécurité des piétons, cependant, il n’obtient qu’une note « acceptable ».
De son côté, le Chevrolet BrightDrop 400 inverse les résultats : il obtient une note « acceptable » dans les tests d’évitement des collisions, mais il réussit à obtenir la plus haute note (Good) quant à la protection des piétons. Rappelons que General Motors ne fabrique plus ce fourgon électrique.

Sinon, tous les autres modèles étudiés livrent des résultats mitigés, voire médiocres, la plupart obtenant la pire note (Poor) pour leur sécurité envers les autres véhicules.
Les pires? Les jumeaux Chevrolet Express 2500 et GMC Savana 2500, qui allient cette déficience à des résultats très médiocres quant à la sécurité pour les piétons, notamment parce qu’ils ne sont pas équipés du freinage automatique d’urgence, pas même en option.
« Ces résultats constituent un signal d’alarme pour les constructeurs de véhicules commerciaux, a déclaré David Harkey, président de l’IIHS. La prévention des collisions frontales est particulièrement importante pour ces fourgons et camionnettes, plus grands et plus lourds, en raison du danger qu’ils représentent pour les autres usagers de la route. »
Nous ajouterions que, contrairement aux véhicules de tourisme, ces camions de travail se retrouvent plus souvent qu’à leur tour sur la route et qu’ils auraient donc tout avantage à démontrer une sécurité exemplaire…

Un danger pour les motos — et encore plus pour les enfants
Lors des tests d’alerte à la collision frontale et de freinage d’urgence menés par l’IIHS à différentes vitesses, la plupart des systèmes des camions évalués n’ont pas su assurer la sécurité des autres, en particulier des motos et des enfants.
En effet, lors des essais avec une moto, plusieurs dispositifs n’ont émis aucun avertissement ou l’ont fait trop tardivement, voire n’ont même pas ralenti, rapporte l’IIHS.
Et lors des simulations d’accidents avec des piétons, de jour comme de nuit, l’organisme a découvert que certains véhicules, notamment les Ford F-350 et Ram 3500, ont eu plus de difficulté à détecter et à éviter un enfant en plein jour qu’à éviter un adulte à la nuit tombée.
« Ce problème pourrait être lié à la petite taille du mannequin représentant un enfant et à la hauteur de l’avant des véhicules, explique l’IIHS. En effet, les capteurs de détection sont situés près du rétroviseur ; le mannequin représentant un enfant pouvait être détecté à distance, mais il disparaissait ensuite au fur et à mesure que le véhicule s’approchait. »
La bonne nouvelle de l’IIHS
La bonne nouvelle, c’est que l’IIHS se penche maintenant sur ce type de véhicules — et que les acheteurs sont désormais éclairés quant aux modèles les plus sûrs. On peut donc s’attendre à ce que les constructeurs améliorent rapidement leurs systèmes.
Mais ils auront fort à faire : l’IIHS, qui promet de continuer à évaluer les véhicules de classe 3, entend ajouter des évaluations pour l’éclairage des phares et le freinage d’urgence automatique arrière. Il dit aussi vouloir « ultérieurement » s’attaquer aux camions de classes 4 à 6.
L’IIHS rapporte qu’en moyenne, plus de 6 000 personnes sont tuées par année aux États-Unis dans des accidents impliquant des véhicules commerciaux, soit 16 % de tous les décès sur les routes américaines.
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