L’enveloppe est constituée de plus de 300 millions $ en investissements stratégiques qui seront distribués à de futurs projets en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador.
Le Fonds des pêches de l’Atlantique qui existait depuis 2017 est venu à échéance le 31 mars 2026. En neuf ans, il a octroyé 370 millions $ à 1331 projets dans les quatre provinces.
Des entreprises de l’Atlantique, comme des usines ou des pêcheurs, ont ainsi pu recevoir du financement pour des projets d’infrastructures, de recherche scientifique et de développement de technologies innovantes.

La nouvelle mouture du fonds de pêche recevra des propositions de projets dans ces trois domaines – innovation, infrastructure, partenariats scientifiques – et en ajoute un nouveau : la diversification du marché.
Pour être admissibles, les projets de cette dernière catégorie devront appuyer les activités de développement des marchés, comme la publicité axée sur l’exportation, l’analyse du marché et l’image de marque de l’industrie, afin de rendre le secteur du poisson et des fruits de mer plus résilient face aux perturbations qui touchent le commerce mondial
, détaille Pêches et Océans Canada dans un communiqué, jeudi.
Marchés différents, goûts différents
C’est une nécessité dans la conjoncture actuelle
, affirme Gilles Thériault, consultant dans l’industrie des pêches.
Le fonds de 2017-2026 a fait une différence
, à son avis. Beaucoup de gens de l’industrie, même avant l’annonce de la fin du programme, sont intervenus pour essayer de convaincre les gouvernements provinciaux et fédéral de l’importance de continuer ce programme
, a-t-il déclaré jeudi dans une entrevue au Téléjournal Acadie.
L’industrie, en particulier la lucrative pêche au homard et celle au crabe des neiges, dépend fort du marché américain, où ces produits sont très exportés.

Même si les fruits de mer ont été écartés des tarifs douaniers, la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada a mis en lumière la nécessité d’optimiser les autres marchés d’exportation et d’en développer des nouveaux.
Les tarifs et les disputes commerciales sont de grandes inquiétudes. Ils ébranlent la confiance envers les marchés et planifier l’avenir est devenu plus difficile pour les entreprises
, a déclaré la ministre fédérale des Pêches, Joanne Thompson, lors de l’annonce du renouvellement du fonds, jeudi à Dieppe, au Nouveau-Brunswick.
Je l’ai entendu haut et fort sur les quais et dans les usines à travers le Canada atlantique
, affirme la ministre.
Selon moi, on ne peut pas continuer simplement à vendre nos produits sous le format qu’on l’a fait, toujours, aux États-Unis […] Les habitudes alimentaires sont différentes, les présentations alimentaires sont différentes
, souligne Gilles Thériault.
Les gens pensent qu’on va simplement aller en Asie ou aller en Europe et tout à coup se mettre à vendre du crabe des neiges ou du homard comme ça, mais ce n’est pas aussi simple
, explique le consultant.
On a besoin d’abord et avant tout d’aller dans les divers pays, que ce soit en Europe, en Asie, en Amérique latine ou ailleurs, et bien comprendre les habitudes, les besoins des consommateurs.
Le produit est excellent, mais tout le monde ne va pas le consommer de la même manière. On n’a pas l’habitude, par exemple, ailleurs, d’ouvrir un homard comme on le fait ici
, indique-t-il.
À cela s’ajoutent certaines obligations auxquels les entreprises d’ici doivent se plier, par exemple, les normes réglementaires ou d’emballage des produits qui varient selon les pays.

À Dieppe, la ministre fédérale des Pêches était accompagnée de ses homologues des quatre provinces, lors de l’annonce du renouvellement du fonds.
On parle souvent de notre force régionale, d’abattre les frontières. Je suis si fier de faire partie d’initiatives comme celle-ci, qui aident à soutenir nos forces régionales
, a déclaré Ernie Hudson, le ministre des Pêches, du Développement rural et du Tourisme de l’Île-du-Prince-Édouard.
Kent Smith, ministre néo-écossais des Pêches et de l’Aquaculture, affirme que l’Alliance des fruits de mer de la Nouvelle-Écosse (Nova Scotia Seafood Alliance) a déjà une vingtaine de projets prêts à être soumis, pour diversifier les activités de l’industrie dans cette province.

Le ministre des Pêches et de l’Aquaculture de Terre-Neuve-et-Labrador, Loyola O’Driscoll, a indiqué que l’industrie génère une activité économique de 2 milliards $ par an dans la province, et assure 16 000 emplois dans environ 400 collectivités. Élargir l’accès aux marchés mondiaux est la clé du succès, à long terme
, a-t-il soutenu.
Au cours des cinq prochaines années, l’enveloppe totale qui forme le fonds des pêches sera répartie entre le gouvernement du Canada, qui fournira 60 % du financement, et les provinces de l’Atlantique, qui fourniront 40 %. C’est légèrement différent du partage des coûts du fonds de 2017, lorsqu’Ottawa assumait 70 %.
Le consultant Gilles Thériault est heureux que le fonds soit relancé pour plusieurs années, ce qui en fait une avenue stable pour développer des projets. Dans deux, trois ou quatre ans, on pourrait avoir des débouchés intéressants
, avance-t-il.
LA UNE : L’industrie, en particulier la lucrative pêche au homard et celle au crabe des neiges, dépend fortement du marché américain, où ces produits sont très exportés. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross









