Les systèmes d’aide à la conduite font-ils plus de mal que de bien?

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« Des études ont-elles été réalisées afin de déterminer si les systèmes de sécurité dans les véhicules modernes ne nuisent pas davantage qu’ils n’aident, en obligeant le conducteur à quitter constamment la route des yeux pour identifier la nature de l’avertissement et en multipliant les fausses alertes, au point de banaliser les avertissements réellement importants? » — Alain

Réponse

Vous soulevez un point très intéressant, et ces questions interpellent clairement les chercheurs puisque, au fil des années, plusieurs études ont effectivement été réalisées dans le monde sur les systèmes d’aide à la conduite et leurs effets, tant positifs que négatifs, sur la sécurité routière.

https://rpmweb.ca/medias/Image_cerf_sur_route_2026-08-11-202535_jdig.png

Des technologies qui ont fait leurs preuves

Selon les données publiées en juillet 2025 par l’Insurance Institute for Highway Safety (IIHS) et le Highway Loss Data Institute (HLDI), certains systèmes d’aide à la conduite contribuent réellement à réduire les collisions. Par exemple, le freinage automatique d’urgence serait associé à une réduction de 50 % des collisions arrière, et les systèmes de surveillance des angles morts diminueraient de 14 % les collisions lors des changements de voie. L’avertisseur de sortie de voie serait quant à lui associé à une réduction de 11 % de certains types de collisions.

Des systèmes qui présentent aussi des lacunes

À l’inverse, une autre étude publiée en 2025 par des chercheurs de l’université de Toronto, réalisée auprès de 48 participants sur des simulateurs, a effectivement observé que certains conducteurs détournaient leur attention de la route après certains avertissements des systèmes d’aide à la conduite, surtout ceux comportant des informations visuelles.

Il faut aussi considérer la fréquence et la pertinence de ces avertissements. Lorsqu’ils se multiplient ou se déclenchent inutilement, ceux-ci risquent de devenir irritants et de perdre leur efficacité. Le conducteur peut alors prendre l’habitude de les ignorer, au risque de ne plus accorder suffisamment d’importance à un avertissement réellement justifié. Ce phénomène, appelé l’effet du garçon qui criait au loup (cry wolf), est d’ailleurs bien documenté dans la recherche sur les systèmes d’avertissement.

La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), aux États-Unis, s’est également penchée sur la façon dont les avertissements sonores et visuels influencent les réactions des conducteurs. Les recommandations issues de ces recherches soulignent l’importance de concevoir des alertes qui dirigent l’attention du conducteur vers le danger plutôt que vers l’instrumentation du véhicule. Plus facile à dire qu’à faire!

https://rpmweb.ca/medias/Nissan_evitement_collision-6.jpg

Des technologies en constante évolution

Il faut toutefois garder en tête que ces technologies évoluent à une vitesse impressionnante. Les systèmes présents dans les véhicules neufs d’aujourd’hui ne sont pas nécessairement comparables à ceux évalués il y a cinq ou six ans. Certaines études peuvent donc rapidement devenir désuètes, ce qui complique l’évaluation globale de ces technologies.

D’un côté, elles peuvent clairement remplir leur mandat et prévenir des collisions dans certaines situations, alors que, de l’autre, leurs lacunes peuvent compromettre leur efficacité, voire nuire carrément à la sécurité routière.

À mon avis, le véritable enjeu n’est pas tant la présence de ces technologies dans nos véhicules que la façon dont elles sont utilisées. Je crois que le conducteur conserve la plus grande part de responsabilité en matière de sécurité routière et qu’il doit continuer à faire les efforts nécessaires pour être attentif à son environnement. Il est également de sa responsabilité de se familiariser avec les fonctions ainsi que les différents avertissements de son véhicule. Ces aides devraient avant tout servir de filet de sécurité supplémentaire, et non devenir des outils auxquels on se fie aveuglément.

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