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Publié le 19 février 2017 | par Radio-Canada

Le keirin, le nouveau démon colombien d’Hugo Barrette


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CALI (COLOMBIE) – Les vieux démons d’Hugo Barrette ont été remplacés par de nouveaux au vélodrome de Cali, que le pistard canadien foule pour la première fois cette semaine depuis qu’il a subi un terrible accident sur la même piste en octobre 2015.

Auteur du meilleur tour la veille lors du sprint par équipe, Hugo Barrette a été éliminé dès le repêchage du keirin, samedi, à la Coupe du monde de cyclisme sur piste de Cali, en Colombie.

En grande forme à l’entraînement dans les sprints courts, le pistard des Îles-de-la-Madeleine a pris le 3e rang de sa vague de qualification dans cette épreuve où une moto lance un peloton de six coureurs à 50 km/h avant de les laisser s’expliquer pendant quelques tours. Les deux premiers passaient directement aux rondes éliminatoires.

« Je suis vraiment déçu, a simplement lâché Hugo Barrette sur son vélo d’entraînement après l’épreuve. Pas de ma performance, mais que le keirin ait changé. C’était une discipline dans laquelle je performais, mais c’est une discipline que je vais tout simplement effacer de mon curriculum maintenant. Je me dirige vers le sprint par équipe, et le sprint individuel. Et ça va être ça. »

Le format du keirin, seule épreuve dans laquelle le Madelinot s’était qualifié pour Rio, a été modifié après les derniers Jeux olympiques. D’une épreuve constituée de deux tours lancés et demi (625 m), le keirin est passé à plus de trois tours lancés (780 m). Pour Hugo Barrette, qui participait en compétition pour la première fois au nouveau keirin, les 155 mètres de plus font toute la différence.

Hugo Barrette mène le peloton derrière la moto du keirin à la Coupe du monde de Cali

Hugo Barrette mène le peloton derrière la moto du keirin à la Coupe du monde de Cali Photo : Radio-Canada/Olivier Paradis-Lemieux

« Ma grosse force c’est mon accélération, quand on arrive au dernier tour, ça fait tellement longtemps qu’on roule que je n’ai plus rien dans les jambes, a poursuivi le pistard de 25 ans après son élimination. J’avais des gros doutes que je puisse performer dans ce format-là, c’est un peu demandé à quelqu’un qui fait du 100 mètres sprint de faire du 400 mètres. »

Au repêchage, devant pendant la majorité de l’épreuve, Hugo Barrette a tout simplement manqué de gaz dans le réservoir dans le dernier 150 mètres. En tête jusqu’au dernier virage, le pistard n’a jamais pu répondre à l’accélération du Japonais Tomoyuki Kawabata. Il a même relâché son effort avant de passer la ligne, encore une fois, en 3e position.

« Je ne pense pas que le nouveau format soit mauvais pour Hugo, a commenté l’entraîneur national des sprints Erin Hartwell. Je pense qu’on doit tous s’habituer au changement. Ce que j’ai vu pour la majorité des courses, c’est que les coureurs se demandaient quoi faire. Nous sommes arrivés avec un plan qui n’avait pas été testé dans une course à laquelle nous n’avons jamais pris part. »

Hugo Barrette et son entraîneur Erin Hartwell discutent stratégie en regardant la reprise de la qualification du keirin.

Hugo Barrette et son entraîneur Erin Hartwell discutent stratégie en regardant la reprise de la qualification du keirin. Photo : Radio-Canada/Olivier Paradis-Lemieux

Les démons de l’accident presque vaincus

Un an et trois mois après que son protégé ait frôlé la mort en traversant à haute vitesse la barrière du premier virage de la piste du Vélodrome Alcides Nieto Patiño, Erin Hartwell est simplement heureux qu’Hugo Barrette soit capable de courser au plus haut niveau sur cette même piste.

« Je suis juste content de le voir dans une course avec d’autres cyclistes ici à Cali. C’est un autre de ces démons à mettre derrière lui après ce que nous avons vu se produire l’an dernier. Je pense que c’est bien de le voir courir avec ardeur sur cette piste. »

Le premier démon avait été vaincu dès son arrivée au vélodrome mardi quand le pistard québécois s’était lancé à haute vitesse pour la première fois dans le virage qui l’avait violemment expulsé à l’entraînement. Un exercice qu’Hugo Barrette avait passé haut la main tout en restant conservateur dans son approche. « Je suis allé à 95 % », nous avait expliqué le pistard, visiblement heureux et soulagé d’avoir réalisé un premier tour rapide sur cette piste.

Dimanche, il répétera l’exercice, risqué dans un vélodrome aux virages aussi serrés que celui de Cali, mais en compétition cette fois, lors des qualifications du sprint individuel. Cette fois, il devrait y aller à 100 %.

Hugo Barrette espère simplement que la nuit aidera son organisme à purger tout l’acide lactique que ses cuisses ont emmagasiné au keirin.

« Ma grande déception en ce moment, c’est d’avoir fait le keirin, a conclu Hugo Barrette. Parce qu’hier, j’ai prouvé que j’étais le plus rapide, avec les temps les plus rapides [sur son 250 mètres lors du sprint par équipe]. Sur une courte distance, je suis le plus rapide. Mais là avec aujourd’hui ça me rentre dans les jambes, je ne sais pas comment je vais réagir. »

Son entraîneur demeure confiant pour la suite de la Coupe du monde de Cali : « Je pense qu’il fera mieux dimanche lors du sprint individuel. Il avait des excellentes jambes vendredi. Parfois, tu te réveilles le lendemain et tu n’es pas en aussi bonne forme. Le 200 mètres lancé de dimanche nous dira où il en est après trois jours de course. Nous constaterons le résultat et nous construirons là-dessus pour la Coupe du monde de Los Angeles [le week-end]. »

Reste ce dernier démon à vaincre en un seul tour de piste chronométré pour que Cali soit enfin derrière lui. Et si les jambes sont bonnes et bien reposées, Hugo Barrette pourrait aspirer à sa première victoire en Coupe du monde à l’endroit même où sa carrière a bien failli prendre fin.

Hugo Barrette lors de son premier 100 m lancé à l'entraînement sur la piste du vélodrome de Cali depuis l'accident d'octobre 2015

Hugo Barrette lors de son premier 100 m lancé à l’entraînement sur la piste du vélodrome de Cali depuis l’accident d’octobre 2015 Photo : Radio-Canada/Olivier Paradis-Lemieux


POUR EN SAVOIR PLUS

 

Un texte d’Olivier Paradis-Lemieux

LA UNE : Le pistard canadien Hugo Barrette mène le peloton avant le dernier tour du repêchage du keirin de la Coupe du monde de Cali, en Colombie Photo : Radio-Canada/Olivier Paradis-Lemieux

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