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Publié le 18 octobre 2019 | par Journal de Québec

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Un Madelinot à toute épreuve


Un article original de

Auteur 21


L’attaquant Christophe Chiasson n’a jamais eu peur de foncer. Sept ans après s’être exilé à Mont-Joli pour la poursuite de son rêve, le joueur natif des Îles-de-la-Madeleine a été récompensé pour ses efforts en se taillant un poste dans l’alignement de l’Océanic de Rimouski en début de saison.

L’attaquant Christophe Chiasson n’a jamais eu peur de foncer. Sept ans après s’être exilé à Mont-Joli pour la poursuite de son rêve, le joueur natif des Îles-de-la-Madeleine a été récompensé pour ses efforts en se taillant un poste dans l’alignement de l’Océanic de Rimouski en début de saison.

Comme plusieurs hockeyeurs provenant de l’archipel ayant fait carrière dans la LHJMQ, dont l’ancien capitaine de l’Océanic, Alexis Loiseau, Chiasson n’a eu d’autre choix que de quitter le nid familial plus tôt que la plupart des hockeyeurs de la province pour atteindre son but. Il est l’un des quatre joueurs des Îles, avec Yan Aucoin (Bathurst), Étienne Arseneau (Baie-Comeau) et William Cummings (Shawinigan), à sillonner les patinoires du hockey junior cette saison.

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PHOTO COURTOISIE

À 12 ans, alors que les adolescents se préparent à vivre leur entrée à l’école secondaire, le Madelinot faisait plutôt ses boîtes en compagnie de son père Michel pour déménager dans un endroit qui lui était inconnu. Fini Cap-aux-Meules, bienvenue à Mont-Joli, municipalité située à la jonction du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Il irait désormais étudier à l’école Le Mistral et jouerait pour l’équipe pee-wee AA du coin.

« Quand il a été choisi le mardi, à sa deuxième année pee-wee, il a fallu se virer sur un dix cents. On savait qu’on allait lui ouvrir les portes. En deux jours, on a trouvé un appartement et des meubles. Je devais retourner aux Îles le samedi pour leur rapporter le minimum de stock pour vivre pendant l’automne. Pour nous, c’était un choix familial», confie sa mère, Martine Bourque, en entrevue téléphonique.

Nouveau départ

Même s’il devait quitter ses amis d’enfance et dire adieu à son patelin, le jeune Christophe n’avait d’yeux que pour la saison de hockey qu’il s’apprêtait à traverser.

« Oui, ma famille et mes amis étaient aux Îles, mais en même temps, c’est ce que je voulais. Ç’a quand même été facile. C’était le meilleur endroit pour me développer. De plus, mon père était là », raconte le principal intéressé, un brin timide, au bout du fil.

Une mère déchirée

Capitaine de bateau pour la Garde côtière, Martine Bourque a souvent été appelée à se déplacer en raison de son emploi. Son horaire atypique en rotation toutes les deux semaines lui permettait de visiter fiston et conjoint, technicien à l’Institut de recherche Maurice-Lamontagne, lorsqu’elle était en congé.

À sa deuxième année bantam, le hockeyeur de 6 pi 1 po s’est retrouvé à Rivière-du-Loup. Un autre déracinement pour ses 14 ans, et cette fois, il vivrait en pension.

« C’est toujours difficile de ne pas avoir notre garçon à côté de nous. Mes parents voulaient que je suive mes rêves, alors on a voulu faire pareil. Encore aujourd’hui, ce n’est jamais facile. On a été choyés, on a eu des gens [en familles de pension] qui ont pu nous épauler à distance pour que notre enfant puisse devenir aussi une bonne personne, pas simplement un bon joueur de hockey », souligne la maman, fière.

La famille ne pouvait donc demander mieux que Rimouski pour les premiers coups de patin de Christophe. L’ancien des Albatros du Collège Notre-Dame peut compter sur le soutien en personne de ses deux parents de manière bimensuelle – si le club joue au Colisée Financière Sun Life.

Choix de 13e ronde en 2018 de l’Océanic, Chiasson s’imaginait depuis des lustres porter le chandail bleu marine. Il a été blanchi de la feuille de pointage à ses six premiers matchs.

« Vu que je jouais dans la région, c’était l’équipe avec laquelle je voulais aller. Avec Loiseau, qui était le capitaine, l’Océanic est quand même connu aux Îles. Je connais quand même bien Alexis. On se parle des fois et il m’a félicité pour ce qu’il m’arrivait », a confié le patineur de 17 ans, qui retourne aux Îles principalement en été.

Acharné

Pour sa mère, le puissant désir de réussir de son fils a été déterminant dans son parcours.

«C’est un milieu difficile, et plus ça avance, plus l’entonnoir rétrécit, mais il aime ça et il est prêt à tout pour atteindre les objectifs qu’il se fixe. »

PAR : ROBY ST-GELAIS
LA UNE : Christophe Chiasson PHOTO COURTOISIE

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