19 carcasses de bélugas ont été retrouvées sur les berges du Saint-Laurent en 2025. Un nombre qui n’a rien d’anormal, mais l’absence de dystocie étonne les scientifiques.
Une dystocie est le décès d’une femelle mammifère lors de la mise bas.
Dans les 40 dernières années, le nombre de carcasses retrouvées oscille entre 15 et 18 annuellement. Parmi ces décès, les dystocies inquiétaient les scientifiques, avoue Robert Michaud, le président et directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).
C’est surtout un prélèvement sur le futur de la population
, détaille-t-il, puisque souvent le jeune béluga ne survit pas au décès de la mère.
Selon Robert Michaud, l’absence de dystocie en 2025 est une bonne nouvelle, mais il est encore trop tôt pour se réjouir d’un changement pérenne.
Il faudrait encore attendre sept à huit ans avant de parler d’une tendance, avoue-t-il. Il y a une règle non écrite dans les phénomènes avec de petits nombres, c’est difficile à prédire
, ajoute Robert Michaud.
Il précise que deux hypothèses expliqueraient les dystocies : la présence de contaminants ou la mauvaise condition physique des femelles bélugas.
« C’est comme si on avait un bilan de santé du St-Laurent »
Robert Michaud rappelle qu’il y a forcément plus que 19 bélugas qui sont morts cette année.
« Pour les retrouver [les carcasses], ça prend un réseau d’observateurs assez impressionnant », explique-t-il, soulignant la contribution de citoyens, de riverains et de navigateurs.
Les carcasses sont transportées à Saint-Hyacinthe où elles sont analysées pour notamment récolter de précieuses informations sur les causes du décès.
La population de bélugas demeure stable, oscillant autour de 1850 individus dans l’estuaire du Saint-Laurent.
LA UNE : Les bélugas retrouvés sur les côtes permettent aux scientifiques d’en apprendre plus sur les causes de leur décès. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Claude Côté










