L’histoire entre Honda et Nissan n’est visiblement pas terminée. Après l’échec de leur ambitieux projet de fusion au début de 2025, les deux constructeurs japonais seraient sur le point de dévoiler une nouvelle entente de collaboration.
Prenant la parole lors de la rencontre annuelle des investisseurs de Honda à la fin du mois de juin, le président Toshihiro Mibe a laissé entendre que les discussions sur une entente de partenariat seraient avancées, avec « certains aspects près d’une annonce ».
Cette fois, il ne serait cependant pas question de fusionner les opérations ou de créer un nouveau géant automobile. L’approche retenue semble beaucoup plus pragmatique et réaliste.

Partager les coûts
L’abandon du projet de fusion avait révélé certaines divergences importantes entre les deux organisations. Les questions de gouvernance et de contrôle avaient rapidement compliqué les négociations.
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Or, les discussions actuelles semblent reposer sur une logique différente. Cette collaboration permettrait à Honda et Nissan de partager certains coûts de recherche et développement ainsi que de réaliser des économies d’échelle, sans perdre leur indépendance. C’est une solution qui offre davantage de flexibilité qu’une fusion complète, tout en procurant plusieurs des avantages recherchés.
Dans un contexte où les constructeurs doivent investir des milliards de dollars dans l’électrification, les logiciels, l’intelligence artificielle et les nouvelles architectures électroniques, il devient de plus en plus difficile pour un manufacturier de tout développer seul. En parallèle, la très agressive concurrence chinoise continue aussi de gagner du terrain un peu partout dans le monde.

Un premier projet
Selon les informations rapportées par Nikkei Asia, le premier projet issu du partenariat serait la création d’un module de contrôle électronique (l’ordinateur central du véhicule) commun à Honda, Nissan et Mitsubishi, qui serait utilisé pour leurs futures gammes de véhicules hybrides et entièrement électriques attendues d’ici la fin de la décennie.
Renault pourrait également jouer un rôle dans les discussions. Le constructeur français conserve une participation avec droit de vote de 15 % au sein de Nissan, une part qui donne une influence notable par rapport aux décisions importantes du groupe.

Deux constructeurs qui se cherchent
Ces négociations surviennent alors que Nissan poursuit une importante restructuration de ses activités. Le constructeur japonais prévoit notamment la fermeture de plusieurs usines, la rationalisation de certaines installations de conception et une réduction importante de ses effectifs. Son plan de redressement prévoit également une baisse marquée de sa capacité de production mondiale.
De son côté, Honda traverse aussi une période de transition. Après avoir enregistré des résultats financiers décevants, l’entreprise a abandonné plusieurs projets de sa stratégie d’électrification et son objectif d’être un constructeur de véhicules exclusivement électriques d’ici 2040. Le géant nippon entend désormais miser davantage sur une nouvelle génération de véhicules hybrides afin de répondre à la demande du marché.
Dans le contexte actuel, cette stratégie de partenariat a probablement davantage de chances de réussir qu’une fusion spectaculaire entre les deux géants. Et si l’entente se concrétise, il y a fort à parier qu’elle sera loin d’être la dernière du genre dans une industrie qui fait face à des défis colossaux.
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