Québec resserre les règles pour les camionneurs de l’Ontario

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Le gouvernement du Québec annonce aujourd’hui un resserrement des règles visant les camionneurs de l’Ontario qui souhaitent échanger leur permis de conduire de classe 1 contre un permis québécois. Désormais, les conducteurs comptant moins de 24 mois d’expérience devront réussir un examen pratique de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Ceux qui échoueront à deux reprises cet examen devront ensuite suivre une formation obligatoire avant de pouvoir obtenir leur permis québécois. Ces nouvelles mesures entrent en vigueur immédiatement et visent à renforcer la sécurité routière à la suite d’une hausse des accidents impliquant des véhicules lourds.

Une reconnaissance automatique des permis

Jusqu’à présent, un titulaire d’un permis de classe 1 délivré en Ontario peut obtenir un permis équivalent au Québec grâce aux ententes de réciprocité entre les provinces, sans devoir réussir d’examen ou d’évaluation pratique. Selon la SAAQ, environ 375 conducteurs ontariens demandent chaque année un échange de permis de classe 1 au Québec.

Des mesures annoncées à la suite de plusieurs préoccupations

Le gouvernement affirme que ces changements s’inscrivent dans une série de mesures destinées à améliorer la sécurité sur le réseau routier après plusieurs accidents impliquant des véhicules lourds. Le coroner en chef a d’ailleurs ordonné une enquête publique sur la sécurité dans l’industrie du camionnage, notamment à la suite de deux accidents mortels survenus en 2025 à Boucherville et à Ange-Gardien.

L’annonce a également été bien accueillie par l’industrie, qui dénonce depuis longtemps un autre phénomène connexe : les « chauffeurs inc. ». Ce modèle consiste à considérer certains camionneurs comme des travailleurs autonomes incorporés plutôt que comme des employés. Apparue en Ontario avant de s’étendre au Québec, cette pratique permettrait à certains employeurs de réduire leurs coûts de 20 à 30 %. Ils y parviendraient notamment en ayant recours à des conducteurs qui ne respecteraient pas toujours les exigences réglementaires, comme la détention d’un permis valide et d’une assurance adéquate. Au-delà de son impact économique sur l’industrie, plusieurs intervenants estiment que cette situation contribue également à la hausse du nombre d’accidents impliquant des véhicules lourds.

Objectif : harmoniser les compétences des nouveaux conducteurs

La nouvelle exigence d’examen pratique s’ajoute à l’obligation, entrée en vigueur en décembre dernier, de suivre une formation obligatoire de 125 heures pour obtenir un permis de conduire de classe 1 au Québec.

Avec ces mesures, le gouvernement souhaite s’assurer que les nouveaux titulaires d’un permis québécois de classe 1 possèdent les compétences pratiques exigées au Québec, peu importe la province où leur permis a été délivré. Les nouvelles règles ne concernent pas les conducteurs comptant au moins 24 mois d’expérience, qui continueront de bénéficier des modalités habituelles d’échange de permis.

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